‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 54 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIÈME. I

net , OÙ elle attendait son juge et sa partie , dé« coiffée et presque déshabillée.

J'avais déjà commencé les informations , lorsque Henri arriva , au bout de quelques momens , avec Montbazon. Le secret me ferme la bouche sur tout le reste, car le roi voulut que personne n'assistât à Féclaircissement'. On ne laissa pas de nous entendre parler fort haut, contester, et la marquise pleurer. Le roi sortit de son appartement dans un autre, d'où il chassa encore .tout le monde, et il me mena à la fenêtre la plus éloignée , pour faire, sans que sa maîtresse y fut présente, une révision encore plus exacte des papiers de ce procès ; ce qui ne se fit pas encore assez tranquillement pour qu'on n'entendît pas du dehors discourir avec beaucoup de chaleur; moi, retourner dans le' cabinet et revenir vers le roi. La fin de cette scène fut que le roi s'en retourna très-bien

' Voici ce que je trouve dans les mémoires de Bassompierre, 1 1, p. 91» , sur cette intrigue. « Peu de jours après fut la brouil- « lerie de madame de Verneuil avec le roi, causée sur ce que « madame de Yillars donna au roi des lettres qu'elle avait « écrites au prince de Joinville, et il les lui avait données. « L'affaire se raccommoda, sur ce que le duc d'Aiguillon « amena au roi ui^ clerc de Bigot , qui confessa avoir contre- « fait ces lettres; et le prince de Joinville fut banni. » Au reste, l'époque de cette intrigue, que nos mémoires placent dans cette année, est de l'année i6o3, au retour de Henri IV de son voyage de Metz.

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remis avec sa maîtresse. Quelque rôle qu'ait joué Joinviile, il fut bien heureux d'avoir affairé à Henri ', et d'autant plus , qu'il entra incontinent après dans une autre intrigue , toute semblable à ceUe-ci , au sujet de madame de Moret' , dont je ne pris aucune connaissance.

* Les Mémoires pour servir à V histoire de France vont nous en rendre compte. « Le prince de Joinville, s étant adressé à « une comtesse favorite du roi, laquelle était de celles que <( Tertullien appelait de son temps puhlicarum Ubidinum « victimœ, et qui, pour couvrir son fait, alléguait une pro- « messe de mariage qu'elle avait du prince, encourt la dis- « grâce du roi, qui lui commande de se relever, ou de n répouser. Il fait d*abord mine de vouloir Fépouser, pour or continuer ce qu'il avait commencé ; mais enfin il déclare. que « son intention n'a jamais été telle, et dit tout haut que, la « personne du roi exceptée, il û'y a gentilhomme ou autre, « de quelque qualité qu'il soit, auquel, lui tenant ce langage , <i il ne saute à deux pieds sur les épaules. Ce que le comte de (( Lude ayant entendu, dit que ce trait-là était celui d'un bour- « reau. Madame de Guise, tout éplorée, vint se jeter aux pieds « du roi, et comme si elle était désespérée, supplia sa majesté « de la tuer; à laquelle le roi répondit : Je n'ai jamais tué de « femmes , et je ne sais comme il faut faire pour les tuer. « Ceux, dit-il, qu'on tenait à la cour pour les plus accorts, « disaient que c'était le roi qui avait fait faire à la comtesse ce « qu'elle avait fait. »

« J'avertis, dit Bassompierre dans ses mémoires, 1. 1, p. 2o5 , « le prince de Joinville et madame de Moret, du dessein que « le roi avait de les surprendre ensemble.... On ne les surprit « pas ensemble; mais le roî en découvrit assez pour chasser « M. de Chevreuse (c'est le nom que portait le prince de « Joinville) de la cour, et en eût fait autant d'elle, si elle n'eût

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