‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 6 sur 195 · LIVRE VINGT-QUATRIÈME. ^ l'y · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-QUATRIÈME. ^ l'y

députés particuliers , prit le parti qu'il prenait ordinairement dans ces- sortes d'occasions , je veux

dire de me faire notifier ses intentions à l'assem-

blée comme de moî--même , et par un pur motif d'affection pour mes confrères, se réservant à prendre lé ton d'autorité , si l'on ne réussissait pas par cette voie. Mon frère vint en conférer avec moi, le 27 avril, de la part de sa majesté; et comme je m'attendais toujours que le roi viendrait lui-ménîe incessamment à Paris , je retins les députés deux ou trois jours sans leur donner une réponse que je n'aurais pas été fâché de concerter avec ce prince. Il m'écri>'it de Fontainebleau , le 5 mai , lorsqu'il eut changé d'avis sur son voyage , et il me parut inquiet' de savoir ce^ que j'avais fait avec les députés. «* Je ne sais , me « disait-il, ce qu'ils peuvent vous avoir dit sur « ce que je vous ai mandé par votre frère. M. de « La Noue, auquel je parlai hier matin en pré- « sence de M. de Villeroi , m'en a avoué la plus a grande partie, et m'a dit n'avoir vu de sa vie « tant de fous dans une compagnie ; ^itre autres , « il m'a nommé Rivet. Il ne faut point douter que « les députés n'aient, avant de vous voir, conféré « avec M. Duplessis, qui les aura instruits de ce « qu'ils devaient dire. »

J'écrivis à l'assemblée la lettre que sa majesté avait exigée de moi. Je les exhortai à iie rien V. ;2

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s'arroger, sur l'article des députés généraux , de ce qui appartenait à la police ou au gouvernement , et à ne rien changer de ce qui avait été statué k cet égai*d dans une de leurs plus solennelles assemblées. Je leur faisais comprendre que la durée de la députation générale ne pouvait être moindre que de trois ans , les députés ne pouvant en moins de temps s'instruire des afÊiires et se faire connaître, et qu'on ne devait point nommer pour deux députés seulement, parce que; ce choix devant être fait dans des assemblées générales , tou^ jours précédées d'assanblées particulières, formalité qui emportait un temps considérable , s'il arrivait accident à l'un de ces deux députés , le parti s'exposait à manquer d'un agent auprès du roi ; au lieu qu'en en proposant toujours six à sa majesté , ce vide se trouverait aussitôt rempli par la nomination qu'elle pourrait faire dans le moment de quelqu'un de ces six marqués sur sa liste. Quant au pape , je leur fis sentir qu'en remuant imprudemment une question déjà jugée si inutile, et sans aucune considération pour un pape , qui , par son caractère doux et pacifique, ne méritait pas ce traitement, ils risquaient à perdre par leur faute , et pour un rien , cet état heureux et tranquille qui avait été si long-temps l'objet de tous leurs vœux. Je les rappelai là-dessus à leurs propres sentimens, et même à leurs aveux, et je

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