‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 65 sur 195 · LIVRE VINGT-CIWQUIKME. l5l · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CIWQUIKME. l5l

déjà remarqué que cette manière de vivre n'était gênante que pour sa personne , et pour celles d'un petit nombre de ses principaux ministres.

Sa swté ne fut troublée cette année par aucune maladie dangereuse. Il m'écrivait le a juin , de Fontainebleau : « J'ai eu un accès de fièvre , qui « m'a duré trente heures , mais ce n'est que du te rhuine : j'espère , avec l'aide de Dieu , que ce ne K sera rien : je vais avoir plus de soin que je n'ai « eu jusqu'ici de me conserver , de quoi vous pou- < Ye^vous assurer , et qtie je vous aime bien. » Mais pourtant le travail de la chasse continua comme auparavant. Il me mandait de Saint-Germain qu'il Tenait de prendre un cerf ^ ce qui n'avait duré qu'une bettre^ qu'ensuite il s'était mis en son lit une heure , et de là il était allé se promener aux grottes et voir ses ouvriers. A ce rhume , pendant lequel Henri trempait huit ou dix mouchoirs par jour, se joignît une fluxion dans les oreilles et la gorge, qui l'incommoda beaucoup ; et , comme il voulait après cela commencer à se purger à Monceaux, pour prendre ensuite les eaux deSpa^ il lui prit un dévoiement qui lui fit souffrir de violentes (louleurs pendant deux jours, et dont il lui resta une faiblesse pendant plusieurs autres : c'était la maladie non-seulement de tout ce canton , où sa nuijesté me mandait qu'elle avait avec elle le bon homme Yilleroi et plus de cent gentilshommes

de sa cour qui en étaient incommodés , mais encore de Paris et de tous les environs.

Presque tous les enfans de sa majesté furent aussi malades pendant le mois de mai. Sa tendresse paternelle le faisait entrer sur tout cela , en m'écrivant , dans des détails que ma propre disposition ne me permet pas de regarder comme indifférens. ce Je ne suis pas sans beaucoup d'inquiétude , m'éa crivait-il le i6 mai de Fontainebleau, ayant ici « tous mes enfans malades. Ma fille de Yemeuil « a la rougeole ; mais elle s'en va éteinte , avec peu « de fièvre. Mon fils le dauphin eut hier deux voce missemens; il a un peu de fièvre avec un assou- « pissement et un mal de gorge qui fait croire aux a médecins qu'il couve la rougeole. Hier au soir (c ma fille commença à avoir un peu de fièvre. Mon «c fils d'Orléans a toujours la fièvre continue, ' (C mais plus fort un jour que l'autre ; il semble « qu'elle soit double tierce (ce fut le plus et le plus (C long-temps malade de tous ) : jugez si avec tout « cela je suis en peine. Je vous donnerai tous les « jours avis de la santé de mes enfans. » Heureu^ sèment il n'en arriva aucun mal. ce II en sera , me ce disait encore ce prince , tout ce qu'il plaira à « Dieu , duquel je trouverai tout bon. » U me de^ mandait avec sa bonté ordinaire des nouvelles de mon fils qu'on lui avait dit avoir la petite vérole. Il choisit Noisy pour y faire demeurer ses enfans

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