‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 73 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l8l · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQUIÈME. l8l

contre ses propres intérêts , les conseils les plus pacifiques'. C'est le seul parti que Henri crut avoir à prendre au point où les choses étaient amenées. A l'égard du prince d'Orange , s'il n'était pas le seul ennemi de la paix, du moins en était-il le plus déclaré. Voici les raisons et les prétextes que lui et ses partisans apportaient pour la faire échouer : que , quelque envie que l'Espagne montrât avoir de la paix ou d'une longue trêve, jamais elle n'y donnerait les mains, avec la condition de renoncer formellement et expressément à toute souveraineté sur les Provinces-Unies ; que cependant sans cette clause , il n'y avait aucune assurance à prendre pour ces provinces sur les traités, puisqu'aut rement les Espagnols demeuraient toujours en droit de s'assurer des havres et des places fortes , des gens de guerre et des matelots, d'attirer à eux tout le commerce, et de s'ouvrir une seconde fois le chemin à la tyrannie ; qu'on trouverait moyen pendant ce temps-là d'endormir les gens de bien , et de faire agir les brouillons et les âmes vénales; que le parti catholique,

* ensuite en souriant, que l'œuvre n*est pas encore achevée? ' Mon intention n'est pas de laisser cette chapelle en l'état ' qu'elle est. Il y a peu de gentilshommes en mon royaume

qui n'en aient en leurs maisons ; je n'ai pas envie que la » mienne en soit dégarnie. »

' Vittorio Siri, ibid.

l8a MEMOIRES I>£ SULLY.

dans ces provinces , déjà assez porté d'inclination pour la domination espagnole, lèverait la tetè, se déclarerait et entraînerait le reste pu la plus grande partie du pays , en sorte qUe , le temp3 de la trêve venant à finir , TKspagne ferait cette fois la guerre à coup sûr V ; que la paix , si \e traité portait ce nom , n'avait rien de plus sûr que la trêve , puisque le roi d'Espagne saurait bien la rompre quand il trouverait l'occasion propre à faire son coup. La princesse d'Orange jugea à propos de pi'écrire à peu près dans ce même sens , excepté que , quoiqu'elle me marquât que les gens de guerre, des villes et même des provipces entières, étaient dans les sentimens de «on beau-fils, ^t entièrement attachés à toute la maison de Nassau , elle ne pouvait . me dissimuler que le parti contraire était pour le moins aussi fort.

Le prince Maurjce, avec de pareils sentimens, n'eut garde de ne pas chercher à s'apppyer du roi. Il lui envoya Lambert le fils au mois d'octobre , avec une lettre pour sa majesté , et toute sorte de créance sur ce qu'il lui dirait dç bouche en son nom. Lambert exalta fort les desseins de son maître; il voulut mêmefaii;e croire que les choses

étaient au point que le marquis de Spinola, le

' En effet, TEspagne recommença la guerre contre les Flamands plus vivement que jamais, en Tannée 1621 , qui est i« . terme de la trêve. ...

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