LIVRE VINGT-CINQUIÈME
rable. Maurice en fit grand bruit , et s'en servit pour animer ses partisans. Les conférences lan* guirent souvent; mais elles ne furent point interrompues. Là guerre était devenue de toute im* possibilité , et par conséquent, un accord était de toute nécessité. Ce qu'on voyait seulement de dair, c'«st que, de quelque sincérité que les parties parussent faire profession , elles songeaient à se garder dc^. interprétations à leur sens pour, en fî^ire un motif de recommencer la guerre , d'abord qu'elles pourraient le faire avec quelqu.e apparence de succès.. Si donc la France perdait une occasion favorable d'humilier sa rivale, (éll0 pouvait s'attendre à la voir se présenter encore beaucoup plus belle, pourvu que jusque 1^ elle sût ménager ses ;forces. « Je suis toujpurs dans ]fi « même opinion ( ainsi m'écrivait sa majesté ) ^ « ijue Dieu veut en cette affaire faire un CQup de « $a main , à quoi les homnies n'ont point pensé, ^ « et au contraire de tous leurà desseins. Je l'ai vu ff ainsi arriver depuis trente ans , et toujours à «mcm avantage; puisse -t -il encore en être de a même, et que mes fautes et mes ingratitudes ne a l'en empêchent point! je l'en supplie de tout, « mon cœwr. » .
lies habiles politiques fisdsaient une seconde reodarque , encore plus importante que la préçédebte; c'est ^^ue: la puissance espaghole était pat-*^-
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venue à son premier degré de décadence. Si Ton en jugeait ainsi , ce n'était point à cause des égards qu'on voyait que le roi d'Espagne et les archiducs avaient pour tous les agens de sa majesté, et particulièrement pour Jeannin ; les restrictions qu'elle se ménageait contre les Flamands montraient qu'elle avait toujours la même arrogance et la même ambition , et elle ignorait peut-être ellemême où ne voulait pas avouer sa maladie. Mais , lorsqu'on voit qu'un état ne montre ni force ni conduite , qu'il manque à la fortune et à l'occasion , dès lors la chose n'en est plus aux termes de la simple conjecture.
Il n'en fallait point encore d'autre preuve que ce qui se passa sur les frontières de la Navarre et du Béam. Les Espagnols y ayant renouvelé d'anciennes querelles sur les limites des deux royaumes , Henri , bien résolu à ne rien relâcher, m'écrivit d'en conférer avec le chancelier, et d'en faire parler à l'ambassadeur espagnol par quelqu'un du conseil, plutôt pour se justifier des suites que ce démêlé pouvait avoir que comptant le terminer par cette voie. Sa majesté écrivit encore dans le même esprit à La Force , dépositaire de son autorité sur toute cette frontière, de soutenir ses droits par tous les moyens les plus prompts et les plus efficaces; et comme il ne pouvait attendre de grands secours des habitans du