‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 78 sur 195 · LIVRE VINGT-CINQTTIKME. igS · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-CINQTTIKME. igS

lerie appelle le régent. Ce régent était un vieillard timide, qui, se voyant tout d'un coup en* vironné d'armes et de furieux, tomba mort au milieu d'eux , des effets sans doute d'une frayeur subite. .

Le conseil espagnol ne pouvait plus dissimuler dans une pareille conjoncture ; sa faiblesse se décela par l'inaction où on le vit pendant un assez long temps. Les Maures , qui ne s'étaient pas attendus à. être si fort ménagés, n'en levèrent la tête que plus hardiment. Ils renouvelèrent leurs instances auprès de Henri , qui ne pouvait plus les payer de la même défaite que lorsqu'il n'était que roi de Navarre ,. que son parti était trop faible et trop traversé pour faire de grands efforts en leur £aveùr. Déterminés à tout pour secouer le joug espagnol, ils le prièrent de les prendre au nombre de ses sujets, à telles conditions qu'il voudrait. Mais les mêmes considérations qui empêchaient sa majesté de prendre ouvertement le parti des Provinces-Unies , dans un intérêt qui le touchait de beaucoup plus près, lui défendaient aussi de se déclarer le libérateur d'un peuple encore plus particulièrement sujet de l'Espagne , et qu'il fallait de plus chercher dans des lieux fort éloignés , et qui demandaient un armement de mer: car le centre de la révolte était du côté de V. i3

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Valence , de Murcîe et de Grenade, sans compter plusieurs autres raisons tirées du caractère de ces peuples , et sans parler des inctdens si ordinaires dans les affaires, que l'éloignem^it cache toujours , ou déguise en partie. Tout cela fait qu'on ne saurait assur^aftt blâmer sa majesté de n'avoir pas mieux répondu aux désirs de la nation maure.

Je laisse à penser si pendant tout ce temps*là le conseil de Madrid , à qui rien de tout ce qui se projetait n'était caché , était bien tranquille. Il y avait cinq ans qu'il souffrait qu'un mal dcmt il avait pleine connaissance jetât de profondes racines , et c'en eût été beaucoup trop en toute autre circonstance. Il jugea enfin à propos de faire un effort; et le dessein de faire embarquer tout ce qu'il y avait de Maures en Espagne fut repris plus fortement qu'auparavant. On le croyait ai»si plus difficile , parce que le bruit courait que les Turcs croisaient du côté de Majorque. Pour prévenir ce coup, il fallait armer une flotte pour l'opposer à la leur. Le mois d'octobre vint sans que rien parût de côté ni d'autre, et l'année se passa encore toute entière sans aucun mouvement de la part de3 Espagnols, qui savaient que les barbares les attendaient avec dix mille hommes d'infenterie et cinq mille de cavalerie , résolus à

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