‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 8 sur 195 · LIVRE VINGT-QUATRIKME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-QUATRIKME

passage à Montelimart. Je fis en sorte que ce ministre allât se justifier à ce prince des imputations dont il se plaignait.

Les Rôchellois donnèrent, à la fin de cette année, un autre sujet de mécontentement à Henri ^ en écrivant encore au roi d'Angleterre à Tinsu de sa majesté et de moi pour lui demander la liberté d'un ministre écossais , nommé Maluin , qui avait été mis à la tour de Londres pour avoir tenu; des discours et publié des écrits offensans contre sa majesté britannique et son conseil. Les Rôchellois n'avaient rien à alléguercontre un fait que le ministre Primerose, celui-là même qui avait été porr teur de leur, dépêche, attesta à sa majesté, qui lui permit, en considération de cet aveu , de retourner exescer le miiïistère à Bordeaux; et ce qui les rendait encore plus coupables , c'est qu'ils prétendaient donner retraite au prisonnier dans leur ville , et même s'en servir en qualité de ministre. Il y avait dans tout ce procédé une affec-s tation d'indépendance que rien ne pouvait excu-r ser. Le roi d'Angleterre né s'était pas fait priep pour accorder à une ville qu'il affectionnait une aussi petite grâce que l'était l'élargissement d'un étranger dont il délivrait son royaume ; je ne voudrais pas même assurer que le conseil dç Londres n'eût un secret contc»itement de faire un pareil présent au roi de France; mais ce prince, outre

l'intérêt de son autorité blessée , avait les mêmes raisons de ne point recevoir Maluin dans ses états que le roi Jacques avait de le chasser des siens. Henri m'envoya BuUion , et m'écrivit sur cette affaire plusieurs dépêches ^ soit lui-même, soit par Yilleroi. Je fus encore chargé par ce prince d'en demander Texplication à la ville de la Rochelle , de la lui reprocher , et de lui en faire demander pardon à sa majesté , qui témoigna être tout'^à"*fait contente des démarches que je fis en cette occasion.

Parmi plusieurs torts effectifs , il se trouvait quelquefois qu'on en imputait à cette ville de bien gratuits* Il prit envie aux jésuites d'envoyer un de^ leurs pour faire les {bnctions de prédicateur dans la Rochelle. La Varenne ^ Je P. Cotton et quelques autres, jetèrent les yeux pour ce sujet sur le P« Séguiran , et , afin de ne pas courir le risque d'un refus de sa majesté , ils s'adressèrent aux deux secrétaires d'état Beaulieu et Fresne, qui délivrèrent à ce père , de leur chef et sans en parler à sa majesté , des lettres qui le mettaient en droit de s'y faire recevoir. Le jésuite s'étant pré^ sente aux portes de la ville , on lui demanda qui il était, ce Je suis , répondit-il hardiment , Séguiran , « dé la compagnie de Jésus , qui viens pour pré^ « cher en cette ville , en vertu des lettres du roi. tt Retiree-VDtfê , lui dit la sentinelle assez peu resw

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