LIVRE VINGT-SIXIÈME. 20I
Je lui donnai , lorsqu'il revint à la fin du mois à l'Arsenal , ces quatre états , que je ne transcrirai point ici. Je me contenterai de marquer que le total du premier faisait voir que les équivalens montaient à cent cinquante et im mille soixantetreize livres : somme beaucoup moindre que ne se l'imaginaient bien des personnes qui avaient fait entendre au roi qu'elle devait faire le sou pour livre de tous les revenus royaux. Ce prince vit dans le second bien des mots barbares pour lui , quoique, malgré mon application, il m'en eût encore échappé; je le lui promis complet dans l'année. Le total du troisième était de cent sept millions quatre cent quarante-cinq mille trois cent cinquante-trois livres seize sous onze deniers: celui du quatrième , de cinquante-deux millions cent quarante-quatre mille sept cent soixante-di&-
« ment de ses finances, et voulait en commettre le soin à Ar- « naud. Il avait dit plusiein^s fois à la reine qu'il ne pouvait « plus souffrir ses mauvaises humeurs.... Son mécontentement « était formé , et sa résolution prise de le dépouiller de sa <' chaire; mais le temps en était incertain, etc. » Mais la suite même de ce livre va fournir des preuves si sensibles de Textrême confiance que Henri IV avait en Sully, qu'on jugera que cet. auteur a donné dans le panneau, qu'un autre écrivain de ce temps>là nous avertit que ce prince et son ministre ont souvent tendu aux personnes trop crédules, lorsque, pour le bien des affaires, ils affectaient entre eux tous les dehors d'une vraie mésintelligence, ce que les courtisans faisaient entendre par ce mot : Bon maître et bon valet.
aoa MÉMOIRES DE SULLT.
neuf livres douze sous six deniers. Henri se contenta pour le moment d'en voir le titre , et les donna à La Yarenne, en lui disant qu'il les lui ren* dit sitôt qu'il serait au Louvre , enfermé avec Bérin^en dans le cabinet des livres. Je hii donnai encore un inventaire de tous les états Ëûsant partie de l'état §^néral des finances , ou indiqués par cet état.
Comme Henri partit deux jours après pour GlitmtiHy, je crois qu'il ne fit pas grande atten*tion à cette longue liste d'étsts , qui fiit un petit sujet de dispute , un jour que, sa majesté s'entretenant avec le chancelier , Villeroi et moi , la conversation fut mise sur cette matière. Je dis qu'outre les états dont je pouvais laisser lé soin à mes secrétaires, en leur donnant seulement un sommaire, il y en avait plus de cent que j'étais obligé d'écrire tous de ma main au commencement de chaque année. Le roi en parut étonné , et Villeroi aussi : «c Je sais bien , Monsieur, r^rit SilWy , « avec son air bénin , qu'il y «ti a beaucoup ; mais a cent! je ne le pense pas; car j'en vois quelque <c chose. Vous avez bien fait , Monsieur , lui ré- « pondis-je^ de dire quelque chose; mais vous <c auriez encore mieux fait dé ne point parler du « tout de ce que vous ne pouvez savoir que par « moi-même. » Il ne s'agissait , pour voir qui avait raison de nous deux, que de jeter les yeux sur