‹ Mémoires du Duc de Sully (volume 5)Chapitre 83 sur 195 · LIVRE VIHGT-SIXliME. ao · texte numérisé non relu

LIVRE VIHGT-SIXliME. ao

riuventâôra que j^avais donné au roi ; ils y étaient tous compris, et il n'y avait que wiOL-Ak seuls. Comme j'en avais une copie dans le sac de mes papiers , que portait l'un de mes secrétaires , je le fis approduM* , et sa majesté connut par cet écrit que je n'avais rien avancé de trop. Ce fut Sillery hii-méme qui en fit k lecture et le compte.

Le roi, élant à Gbantilly, m'écrivit le billet suivant, le mercitMii a5 mars, a Mon ami, je a moatse k cheval après dîner , pour aller coucher «à Lusarche. Je me rendrai demain de bonne

« hemre à Parts, &isant état d'aller dîner chez « vous. Je vous prie de me le &ire apprêter pour a douze personnes, et du poisson. Bonjour, mon « ami. )» Il n'y manqua pas , et je fis eii sorte que le repM fat de son goût. Après que les nappes eurent été levées, je fis apporter des cartes et des dés sm la table, sur laquelle je mis aussi une bourse de quatre mille pistoles pour sa majesté, et ime seconde d'autant , pour en prêter à oeux de la compagnie de ce prince qui, ne s'élant point attendus à jouer , n'avaient point d'argent sur eux. Cette cérémonie ne déplut pas à Henri. Il me dit : « 6rand*maitre , vmiez m'embrasser, a car je vous aune comme je dois. Je me trouve « si bien ici , ajoutait-il ^isuite, que j'y veux lenc core souper dt coucher. J'ai des raisons pour « n'aller point d'aujourd'hui au Louvre , ce que je

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« VOUS dirai au sortir du jeu. Cependant £sdtes* <c moi préparer trois carrosses pour aller me « promener après que je vous aurai un peu encc tretenu, et qu'il ne vienne personne ici tant « que j'y serai, sinon ceux que je manderai, et « à mon retour que je n'y trouve personne. » La journée s'étant ainsi passée à la satisfaction du roi , il voulut que je lui donnasse encore à dîner le lendemain. Il passa une grande partie de la matinée enfermé avec moi dans mon cabinet , où nous nous entretînmes de plusieurs choses qui devaient être tenues secrètes. Sa majesté lut aussi avec plaisir les états que je lui avais donnés , et me dit tout haut en sortant : « Vous m'avez « donné des mémoires auxquels j'ai pris grand « plaisir; mais il y a encore plusieurs particula- « rites qu'il faut que vous m'expliquiez par écrit , <c car il ne me souviendrait pas de ce que vous a m'en avez dit. »

Tout le monde s'étant rassemblé autour du roi, il parla publiquement du dessein qu'il avait de venir passer dorénavant deux ou trois jours tous les mois à l'Arsenal de la même manière. Il me commanda d'y (aire accommoder pour lui une salle , une chambre , une garde-robe et un cabinet, sans cependant rien prendre sur mon logement. Il me dit que, toutes les fois que cela arriverait , il. ne se ferait ni servir par ses ofiEiciers ,

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