LIVRE VINGT-NEUVIKME. Il
ce drons dans peu le chemin de Paris ; et d'autant <c que , sur la fin de cette année et le commencece ment de la suivante, il se présentera plusieurs « af&ires qui pourront requérir votre présence , à « cause de vos charges , et de l'intelligence que « vous avez en icelles, je vous prie de vous en re- <c venir au plus tôt, faisant en sorte que vous arec riviez à Paris au même temps que nous y serons; a à quoi m'assurant que ne manquerez , je prierai « Dieu, etc. Écrit à Reims, ce 6 octobre 1610. « Votre bonne cousine, Marie. »
Je crus qu'en éludant pour le présent le voyage qu'on exigeait de moi, on en perdrait l'idée dans la suite , ce qui me fit répondre à la reine en ces termes : « Madame , mon inclination , mon devoir « et rhonneurque vous me faites de vous souve- « nir de moi , me portent également à obéir aux a commandemens de votre majesté; mais la grande « faiblesse qui m'est restée de la maladie dangecc reuse dont je ne fais que sortir , et la connaiscc sance certaine que j'ai que ma présence dans et les affaires n'est pas agréable à plusieurs per- « sonnes qui y ont plus d'autorité que moi , me « font vous supplier très-humblement de trouver « bon que je diffère d'aller à la cour jusqu'à ce que « j'aie t'épris mes forces , et que , quand j'irai, ce a ne soit que pour rendre compte à votre majesté , a devant ceux qu'il lui plaira nommer , de la ma*
a nière dont j'ai conduit les affaires de l'état, de <c la situation où je les laisse , et de la forme que « je crois nécessaire d'y observer pour les faire heu- « reusement subsister, et nullement pour conti- « nuer à m'en mêler comme j'ai fait jusqu'à présent. ce Je crois avoir si bien pourvu à tout, comme Jes a trésoriers de l'épargne et autres employés pource ront vous le certifier, que les affaires se sou- « tiendront d'elles-mêmes tout le reste de cette a année, à la fin de laquelle je ne manquerai pas, ce si ma santé me le permet, de me trouver à Paris, ce pour rendre toute obéissance aux commandece mens du roi et aux vôtres. Sur cette vérité , je ce prierai le Créateur, etc. De Montrond , ce 12 oc-ce tobre 1610. »
Ce n'était pas là le compte de la régente. Elle s'aperçut bien qu'en reculant mon retour à la cour, je me ménageais des prétextes. de n'y point revenir du tout ; et le personnage que je me proposais d'y faire n'était par propre à obliger ceux qui s'étaient séparés de son favori à rechercher son amitié , qui est tout cç qu'elle avait en vue. Le moyen dont elle se servit pour m'amener à son but , fut d'y employer mes amis * , et particuliè-
* « Bullion eut ordre de s'avancer, pour le trouver (M. de « Sully) à Paris, à son retour de sa maison, et lui faire eài- 'c tendre la bonne volonté de la reine, qui voulait avoir en loi » \me pareille conâànce qu'avait eue le feu roi. Il acpêptsa