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tant plus puissamment , qu^ayant compris , lorsqu'il vint me prier de lui être favoràbU, qu'il ne devait pas compter sur moi dans le conseil où ces demandes devaient être portées, il vit bien qu'il avait besoin de toutes ses batteries ; mais aussi il ne douta pas du succès, lorsqu'il sut que ces deux personnes avaient mis dans son parti Conchini, qui ensuite y avait aussi fait entrer la reine.
Nous étions tous assemblés dans le grand cabi* net , où se devait tenir le conseil suf; cet affaire. La reine s'approcba de moi , et me parla en faveur de d'Alincourt. Je lui répondis franchement qu'on ne devait point compter sur rsà^^pi dans deux propositions si injustes; qu'il n'était pas raisonnable de faire perdre douze cent mille livres au roi pour en faire gagner cent mille à M. d'Alincourt, et d'ouvitr la porte à tout le monde pour faire révoquer par tout le royaume des traités pareils de rachats de domaine , de rentes et autres revenus royaux , qui montaient à près de cinquante millions ; que je m'élèverais avec la même force contre l'autre proposition , quoique je susse bien qu'on prétendait que ce n'était pas au conseil d'en connaître , et qu'on ne l'y eût portée que pour chercher à autoriser l'autre ; qu'on exposait , de gaîté de cœur , une des principales villes du royaume, jusque là bien intentionnée, à manquer à son devoir pour une chose de Êtntaisie , et d'ail-
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leurs mutile, puisquB^ par le dernier traité conclu par moi-même avec le cardinal Âldobrandin pour le duc dé Savoie , sa majesté denïeurant éki pos*session de la Bresse, et de lune et de l'autre rive du Rhône , Lyon cessait d'être ville frontière, et , n'ayiant plus de voisins à craindre, n'avait aussi plus besoin de garnison.
La reine parut se payer de ces raisons , et retourna vers Villeroi , comme pour les lui faire goûter aussi^ Il n'était pas si aisé à rebuter. Il lui en donna d'autres, tant bonnes ^u^ mauvaises , sur tout ce que j'avais dit; et, étant venu à Tarticle de la ganaisoidV il lui dit qu'il était bien vrai que les Espagnols et les Savoyards n'étaient plus aussi proches, voisins de cette ville qu'ils l'avaient été autrefois; qu'aussi ce n'était pas contre eux qu'il était important d'assurer la ville *de Lyon , puis* qu'avec cela nous étions sur le pointée les avoir pour amis et pour alliés ; que les véritables enne<mis qu'elle avait à craindre étaient les liugue<nots , plus en situation , en état , et peut-être en desiein d'attenter sur elle, qu'ils ne l'avaient jamais été ; sur quoi U désigna nommément M. de Lesdiguières.
Villeroi avait été entendu par Beringuevilie qui vint incontinent me redinc jusqu'à la moindre de ses paroles^ ïj trouvai la confirmation de ce qu'on m'avait rapporté touchant ce conseil secret
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tenu eheK le nonce UbaldinL Je vis avec indignation que tout le but de ces messieurs était de mettre les religions aux prises , et. en France , et par toute l'Europe. Je ne fus pas moins choqué de l'accusation caknnnieuse de Yilleroi contre un homme qui m'était allié. Je me levai soudain , et m'avanfant ver» la reine qui écocitait encore Y^ lerpi , je lui dis que j'avais oublié à le prévenir sur une chose dont j'étais aussi assuré que si je venais c)e l'entendre , que M. de Villeroi, peu scrupu- . leux sur tes moyens de la rendre fiisprable à son fils j ne faisait point difficulté de lai faire les plus malignes et les plus fausses insinuations contt*e tous ks protestans , sans même en excepter un , que nntle grands et bons services devaient tenir hors de tout soupçon ; qu'il s'emportait jusqu'à les traiter d'annemis plus à craindre pour la France ijfff^ f Espagne même ; que , Si sa majesté , jugeant les raisons de Villeroi et les miennes d'un égal poids , prenait le parti de regarder sur le même pied les Espagnols et les réformés , ri ne nous restait rien à faire k lui et à moi (je le regar-» dais en disant ces mots) que de nous exclure YuA et l'autre du conseil , et d'en sortir , nous tenant tous les deox par la main. C'était là pousser Yill^ roi à bout portant; mais cet homme qui, de sa vie n'a su ni parler en public , ni même opiner 4lans un conseil, ne trouva pas une seule parole
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pour me répondre : sa surprise , et le reproche de sa conscience pouvaient bien en cette occasion le rendre muet. Il ne fit que s'avancer du côté où le chancelier et le duc d'Épernon s'entretenaient ensemble , et la reine, quittant aussi sa place , alla , sans dire un seul mot , joindre Mv le comte de Soissons et le maréchal de Brissac qui parlaient en particulier. Je n'augurai rien de bon de toutes ces liaisons.
4jlHé'se fit rien ce jour-là sur l'affaire de d'Alii^courty^^?je me flattais quelquefois que la manière dont je!^ m'y étais pris l'empêcherait peut-être d'y revenir; mais il ne tarda à le faire que jusqu'à ce que, par.de nouvelles brigues, que lui et son père, le chancelier et son frère firent avec Ck>nchini auprès des conseillers, il se vit assuré de toutes les voix , même de celle de Béthune , mon frère. Celui-ci vint m^ trouver pour faire un j||||srnier effort sur mon esprit. Il me représenta que tout ce que j'allais faire serait inutile, et ne servirait qu'à m'attirer tout le monde à dos ; que j'aurais le chagrin de voir que mon exemple ne serait pas suivi de mes parens , même les plus proches. Je me contentai de lui répondre que je n'avais jamais attendu autre chose de lui ; mais que, pour moi, je demeurerais jusqu'à bout fidèle à mon devoir ; et je tins parole, dès le premier conseil qui se tint sur ce sujet. Voyant le conseiller qui en était