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chargé prêt à &ire son rapport , je lui demandai brusquement de quelles affaires il s'agissait. A quoi ayant répondu que c-était de certaines, propositions qu'on faisait touchant le domaine du Lyonnais , je l'interrompis en disant que je savais que M. d'Alincourt , que cette affaire regardait , avait fait de si fortes brigues dans le conseil , par ses parens et ses amis, qu'elle^ était déjà résolue, même avant que d'avoir été rapportée ; qu9;îe pr^ testais contre cette résolution , comme absôltiiaent contraire aux intérêts de sa majesté; que ^^en demandais acte au greffier , pour l'envoyer enregistrer au parlement , afin que cette pièce pût servir un jour au roi à connsutre la mauvaise, conduite de son conseil après la mort du roi son prédécesseur'.
' Tout ce récit s^aecorde avec ce qu'on dit dans V Histoire de la mère et cSrfils : « Il continua (le (kic de Sully), dit cet his- « torien, depuis le retour du sacre, l'exercice dé sa charge, « eyviron quinze jours on trois semaines, après lequel temps, « le diHerend des Suisses de Lyon, dont j'ai déjà parlé, se « renouvela sur ce que Yilleroi voulait en assurer le paiement « sur la redette générale dudit lieu. Le duc de Sully s*aigrit « tellement sur cette affaire, que, non, content de soutenir « qu'il n'était pas raisonnable de charger le roi d'une telle « dépense* les habitans de Lyon pouvant faire la garde comme « ils avaient toujours accoutumé, il se prit au chancelier, qui « favorisait Yilleroi, et lui dit qu'ils s'entendaient ensemble à « la ruine des affaires du roi. Comme cette offense était com- « raunç avec tous les ministres, ils s'accordèrent tous de rui-
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Ces derniers, mots ^ qocrique assurément des plus forts , ne firent que su^>endrè pour le moment la délibération à laquelle on se préparait ; tous baissèrent les yeux ; pas un ne répliqua. Le chan<-
« ner ce personnage , dont rhumeur ne pouvait être adoucie. » Cet écrivain rapporte ensuite les démarches qui furent faites pour lier les ministres avec le comte de Soissonis , le marquis d'Ancre, le marquis de Cœuvres et autres contre le duc de Sully, jte cite à dessein œt auteur, Tun des ennemis de Sullj, afin qu dn sente mieux la vérité de tout ce que dit ce dernier, quu eût pu se conserver en place en donnant les mains à toutes les opérations du nouveau conseil, et que sa fermeté seule à souCeair la justice , l'intérêt de l'état et fa forme de gouverner du feo roi, fut la cause de sa disgrâce. Au reste, toutes les personnes judicieuses n'ont pas porté sur cette intégrité le même jugement que l'historien dont je parle, au suffrage duquel tous les ennemis de ce ministre ont joint le leur. On voit dans le Mercure français, adjonction à l'année 1610, page 9, un discours entier sur ce sujet, qui le justifie d'une manière bien glorieuse pour lui. Voki encore ce qu'on lit dans les mémoires de Vilieroi, tome 3, page 269. « Ce changement de visage , que ledit sieur de Sully a donné « à la France nécessiteuse, la rendant opulente par son ménage A et industrie, témoigne assez sa suffisance. Ces remontrances m qnll Posait aux volontés du roi , et les résistances à tous les A grands, démontrent sa vertu; et s'étant maintenu entre tant « d'ennemis sans ployer sous la crainte et sous leurs menaces , er il a fait voir quelle est sa prudence et quel est son courage. «( Ses envieux mêmes disçnt que lui seul est plus utile au pu- « blic , et sait mieux les affaires que tous les autres ensemble ; « et pourvu qu'il veuille relâcher un peu de sa trop aigre « procédure, ce sera un digne serviteur à votre majesté. Il ne « tient point à lui, encore que Ton tâche à le reculer des af-
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cdier seul j sans se montrer étnu , dit dn râppor* teur 2 a Prenez d'autres papiers , et parles d'autres « affaires qui soient plus du goût de tout le monde; «t telle-ci trourera son temps lorsque les aigreurs « et les animosités seront adoucies , comme il arrive «ordinairement dans les choses les plus contes-* « tées ; il ne faut que prendre patience. » Le rap-» porteur obéit On agita d'autres questions ; et celle-ci ne parut dans le conseil , pour y être d^ cklée en faveur de d'Alincourf , que lorsque je m'en fus banni fnoi-^méme ; ce qui arriva si peu de temps après ^ qu'on peut dire que c'est par ce coup de vigueur que je finis ma carrière.
A toutes sortes d'égards, il ne me restait plus d'autre parti à prendre. J'avais suffisamment jus-» tifié aux yeux de toute la France que ce n'était point faute de soins et d'efforts de ma part qtie le désordre' et le renversement avaient absolument pris le dessu$ dans toutes les affaires ; elles étaient au point, que rien de tout ce que j'avais pu faire n'était capable de les rétablir; c'est de quoi per«^ sonne ne doutait. Je m'ennuyais moi*méme d*y travatller sans fruit , et de ne recueillir pour prix de mes travaux et de mes bonnes intentions que k haine des personnes que je devais regarder comme
« faires, qu'il ne disejibrement ce qu'il pense du peu de re»- « pect ^e Ton porte à la mémoire du défunt roi, et du peu «» à*éMt que 1*011 tait de ndCre jetine priade, etc. »
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les plus intéressées à me seconder. Conchini n'em-^ ployait sa faveur , les princes du sang leur autorité; le reste des personnes en place leur crédit , qu'à me les rendre odieux. Je ne voyais que des déboires à essuyer pour Tavenir. Toutes mes actions , mes paroles et mon silence même déposaient contre des personnes qui ne sentaient intérieurement que trop la justice de ces reproches. Ma charge de surintendant était devenue l'objet de la convoitise des deux princes du sang, auxquels on faisait espérer de l'obtenir dès qu'une fois je serais chassé de la cour. En y demeurant trop long -temps, je pouvais courir le risque de me voir enlever toutes les autres par un coup violent. Ce que j'avais d'amis sincères et instruits me donnait sans cesse là -dessus des avis qui devaient l'emporter sur les sollicitations de quelques parens qui se livraient aux sentimens d'une tendresse aveugle et intéressée. Je résolus donc de ne plus différer d'un seul moment à me défaire honorablement de mes charges de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille 9 qui étaient les plus convoitées , parice que par elles on disposait des revenus et des trésors du roi , et d'acheter par ce sacrifice , qui avait encore quelque chose de volontaire, la confirmation de mes autres dignités ' , dont il n'était pas au ' Voici les titres dont Sully se qualifiât. «lors : Maximilien