LIVRE VIirGT-WEUVlÈME
commandeur' et de Dollé; c'est à quoi je le fis songer. Du Maurier n'était guère bien connu que de Villeroi ; avec cette protection, que je lui assurai lui suffire, en la cultivant uniquement , et fivec la science qu'il avait des affaires étrangères , jointe au tsdent de bien parler et d'écrire encore mieux ^ je lui fis voir qu'il obtiendrait facilcM^it de la reine et du favori quelque emploi honorable. Gé que j'ajoutai de plus à Murât , qui était particulièrement responsable de sa Conduite à ce ^ëèréfaire d'état, fut de lui recommander iBlés intérêts à la cour , mais sobrement , et après qti'il en aurait obtenu la permission de Villeroi. La Clavellé était un esprit délié et flatteur; je lui garsititiÀ la réussite de tout ce qu'il entreprendrait auprès des ministres j et même de d'Escures , qui pouvait^ plus (Jùe personne, lui barrer son chetdin dans les foilètions de sa charge. La place de Lafont l'assujétissant particulièrement à toutes les volontés de là reine , ou plutôt de la Cotichini , il n'avait qu'Un tonseil à suivre , que je lui donnai. Celui que je donnai à Renouârd , fut de ne rechercher dfe recommandation dans sa charge , que le besoih de lui où il poUvait mettre tous ses ccmfrèrës par lès <jualités de son esprit ; je le priai de joindre à cette occupation celle de mes affaires donoestiques à Paris. J'assignai à Gillot sa place
• Noël de Sillèry, hèi-'é dû chanceliët-.
54 MÉMOIRES JDE SULLY.
auprès de mon fils, pour y tenir tout le détail de rartiUerie dans le bon ordre où je le laissais. Je donnai de mféme à tous les autres les avis que je crus convenables à leur petite fortune ; ' et je fis convenir ceux qui me parurent y apporter quelque répugnance que j'avais eu égard surtout à la nécessité , qui les contraindrait tôt ou tard d'agir comme je le leur avais prescrit : ce que j'accompagnai d'un «compliment et- d'un ordre obligeant, qui leur parurent si bien partir du cœur , qu'iljs se rendirent à mes raisons ; et aucun d'eux ne s'en est repenti. Je ne voulus pas pour cela me passer entièrement de secrétaire; mais n'étant plus besoin, pour cet office , de gens en place, à un homme qui venait de cesser d'y être lui-même, je choisis deux hommes nouveaux , dont l'un des principaux soins, dans un cabinet désoccupé de toute affaire d'état, furent les mémoires que je donne ici.
Cela fait, et ensevelissant pour jamais tout ce qu'un autre en ma place aurait pu former de désirs et d'espérances, de regrets et de ressentimens, je dis un adieu éternel à la cour, avec la même froideur , je puis le dire, qu'un homme pour lequel elle n'aurait pas été pendant si long-temps im théâtre de gloire et de bonheur '. J'avais perdu
' « Bien qa« ce coup ne le prît pas à l'imprévu, et qu'il le a vît venir de loin, il ne put toutefois composer son esprit,