‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 24 sur 78 · LIVRE VIITGT-WEUVlifcME · texte numérisé non relu

LIVRE VIITGT-WEUVlifcME

daient non^seuleitient à donner la plus sinistre impression de ma conduite dans- les affaires publiques, mais encore à la rendre assez suspecte pour donner du moins quelques couleurs aux poulrsuites criminelles , dont la honte et la peine étaient tout ce que mes ennemis souhaitaient de me faire essuyer '. Je pris dans cette occasion le parti qu'il me semble que tout homme sage doit prendre; c'est celui de désarmer l'envie par la voie la plus courte , en empêchant , par de fréquentes lettres , l'esprit de leurs majestés de se prévenir à lûon désavantage.

Dans la première , que j'écrivis séparément au roi et à la reine, je me plaignis des mauvais desseins qu'on formait coiitre moi. J'offris de justifier ma conduite par toutes sortes de moyens, et .même, s'il le fallait, par des services nouveaux; et, après les assurances les phi^ fortes d'obéissance , de fii^Uté et d'intiocênce , je représentai plus hartUûient à leurs majestés que , si elles en étaient aussi persuadées qu'elles m'avaient doiiné

'« Sa retraite n'est pas plus tôt faite, dit V Histoire delà mère « et du fils y ibid. p. i a8 , que plusieurs se mettent en devoir de *« poiirsuivre la victoire <5olit^e lui pour avoir ses dépouilles... « Mais enfin la reine cbafigiea d'avis , avec ^atid sujet, il'étant « pas raisonnable de maltraitei* un personnage dont les ser- « vices avaient été avantageux à la France, sans autre prête texte quje parce qu'étant utile au public, il l'avait été à liii- « même. »

sujet de le croire , je m'en apercevrais aux ordres qu'elles auraient la bonté de donner pour l'accomplissement de différentes promesses qui m'avaient été faites , soit par rapport à mes charges , soit au sujet des gratifications que lé roi m'avait accordées. Q'est que le premier artifice de mes adversaires avait été d'en différer , et ensuite de chercher à en empêcher tout-à-fait l'exécution; c'étaient autant de preuves qui déposaient trop fortement en ma faveur pour oser rien entreprendre tant qu'elles subsisteraient ; et cette même mison m'engageait à en presser l'effet.

La réponse, que me fit la reine fut telle que je pouvais la souhaiter. Elle m'y marquait que mes services passés et mes dispositions présentes étaient si connus du roi et d'elle , que rien ne serait capable de donner la plus légère atteinte à leurs, sentimens à. mon égard; qu'^ellç ne s'était pas encore aperçue que personne cherdiat à les altérer ; mais qu'en tout cas on n'y ferait que <le vains efforts. Elle m'assurait que ce n'était point par l'effet d'aucune mauvaise volonté, mais du hasard tout seul, qu'il s'était rencontré quelques petites difficultés dans l'exécution des conventions entre sa majesté et moi; mais qu'elles seraient fidèlement observées. Cette lettre est datée du 7 mars de cette £^nnée.

Je ne tardai pas à en renvoyer une beaucoup

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