LIVRE VINGT-NEUVIÈME. 5ç
plus longue à la régente, dont je ne me crois point dispensé de rendre compte, parce que ce qui y est énoncé sur mes dispositions intérieures est véritablement conforme à l'état où je me trouvais à la sortie du tumulte des affaires. Je commençais par y rappeler à cette princesse la profession ouverte que j'avais toujours faite d'attachement à sa personne , et les témoignages que j'en avais donnés depuis , et même avant son mariage ; sur quoi je lui particularisais certaines circonstances, où je m'étais fait reprocher par le feu roi son époux de la soutenir contre lui dans des choses où je croyais travailler égalemwtypour tous les deux; ce qui me conduisait à un éloge des bonnes qualités de la régente , sur lesquelles je fondais l'opinion où je paraissais être dans cette lettre , qu'elle n'avait aucune part aux persécutions qu'on me suscitait à la cour.
Cet article , pour lequel seul toute la lettre était faite, y était*' traité fort au long. Je m'y montrais parfaitement instruit , soit des discours désavantageux auxquels on donnait cours contre moi à la cour, soit des obstacles qu'on apportait sans cesse à terminer mes affaires particulières , soit enfin des passe-droits qu'on se proposait de me faife dans les charges dont on n'avait pu me dépouiller. Je prenais droit des bonnes intentions où je supposais qu'était toujours cette princesse à mon
6o MEMOIRES DE SULLT.
égard, sur les paroles et les assurances réitérée^ qu'elle m'en avait données; je prenais, dis-je, droit de tout cela de lui porter mes plaintes coilti'è ceux qui savaient rendre inutile la bonne volonté de leurs majestés pour moi. J'y insistais particulièrement sur le bon traitement qufe devait me prociirer ma facilité à me rendre à des arrathgemens dans lesquels j'àvaîs sacrifié taùti intérêt au bien de la paix , lorsqu'il m'eût été d'autant pluà facile de disputer le tei^raîn j que Ift conUaissaiiçe presque publique des mdtifs qui faisaient agir niesadversaires me donnait toutes sortes d'avantages sur eux. J'expbsai^ iti sottimairement lès prince paux points de ma gestion , et un€f partie des biens que mon travail et ma peine ajvaient p<t)cu* rés kiï royaume jusqu'en l'auuéé i6io, où j'âvàii vu renverser lé^ mesures qUé j'avais prises poùt tenir les choses dans leur pi^emîer état. Je laissais Ètû tempis à montrer aujéquèls de mes ennemis ou de moi le royaume aurait l^ plus gtândes obKgations;
Je ne n^ligeâis pas d'entwr^ à cette occasion, dans quelque détail au âtijet de Gè que mes étittemis répandaieiftt de plUè spéeiètix contré moi. Je montrais combien c'était un Jàiigâgé ridicule datt^ leur boUc'lie que toutes leurs déclamations corntrè les richeisses que j'avais acquises pèWdaWt ma faveur , eUx qui secrètement me tàxaieilt d'avoir été