LIVRE VIITGT-IfEUVlÈME
je le jugerais à propos, connaissant mieux que tout autre ^ ce sont ses paroles , combien je pouvais éti'o utile au service du roi dans ces deux endroits.
Mais ce qui acheva de m'assurer contre tous les revers, c'est que sa majesté, voulant marquer publiquement que tous les efforts de mes ennemis , loin de l'avoir fait changer de sentimens à mon égard , l'avaient confirmée de plus en plus dans les siens , m'accorda une augmentation de pension considérable, dont le brevet me fut expédié quelque peu moins d'un mois après la date de sa dernière lettre. Cette augmentation est de vinglquatre mille livres , en sorte que ,- tout compris , mes pensions montèrent depuis ce temps-là à quarante-huit mille quatre cents livres. Le brevet portait qu'elle avait commencé à courir du premier janvier de la présente année , quoiqu'il fut daté du 20 mai , et que sa majesté avait cru devoir me l'accorder , tant pour reconnaître les services que j'avais rendus au feu roi , qui y étaient décorés des termes de grands^ fidèles^ agréables et recommandahles ^ que pour» me donnor le moyen de les continuei^encore.
Je ne me crois pas dispensé pour cela de fournît* ici la preuve de celui des articles de la lettre précédente qui regarde ;acies biens. Un surintendant des finances, et tout particulier qui a eu en maniement les deniers du royaume , devient dès-
là comptable de toutes ses actions âu public. Je voudrais même pouvoir lui rendre compte de me$ plus secrets sentimens , parce que je me suis toujours étudié à les rendre tels , que leur connaissance non « seulement ne donnât aucune prise contre moi , ce qui est d'obligation indispensable à tous les hommes , ^is encore qu'ils pussent devenir, en quelque sorte, dignes de servir de modèle à ceux qui se trouveront après moi avoir les méines engagemens à remplir. Heureux si je voyais lieu à espérer que.pe modèle dût être un jour effacé par un autre plus parfait ! Je vais donc, suivant le plan que j ai comipencé plus haut , continuer à donner une idée si précise de l'état de mes affaires domestiques, que tout le monde pourra se faire fort, après cela, de les connaître comme moi-même. Afin même d'épargner à nies lecteurs la peine de rapprocher de trop loin la suite d'un calcul interrompu, et qu'Us puissent tout voir d'un coup d'œil , je ne ferai pas de diffi culte de reprendre tout ce que je puis avoir répandu en différens endroits de ces mémoires , et de commencer par un état juste de. tous mes biens , selon l'ordre du temps où ine sont venues les charges qui m'en ont donné ia meilleufe partie \ '' ' ,
* Le mémoire suivant est une réponse sans réplique à une calomnie répandue contre ie duc de Sully , et qu'on trouve