‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 34 sur 78 · LIVRE TRENTIÈMI · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈMI

Huns. Mais s'il est vrai que dès-lors cette ville n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été ; s'il faut la regarder comme déchue de l'empire du monde, lorsque sa faiblesse et les abus de son gouvernement Élisaient regarder cet événement non plus simplement comme inévitable, mais comme trèsproche , et déjà arrivé en partie , l'époque de s^ chute pourrait être marquée long- temps avant le règne de Valentinien III , auquel c'est faire grâce que de le nommer le dernier empereur d'Occident ' ; plusieurs des empereurs auxquels il succéda, n'ayant été, à parler juste, que des tyrans qui déchiraient cet empire entre eux , et en laissaient aller les lambeaux aux barbares , à qui leurs conquêtes y donnaient le même droit.

Rome vit pourtant encore briller [)ar intervalles quelques luq|rs de rétablissement. La plus sensible fut le règne du grand Constantin, dont les victoires redonnèrent un seul chef à tout ce corps : mais il fit lui-même, sans y penser, pour la destruction d'un ouvrage qui lui avait tant coûté, beaucoup plus que n'avait pu'faii'e toute la mauvaise conduite de ses prédécesseurs , lorsqu'il

' Il serait injuste de refuser le nom à' empereur d'Occident à Vaientinien III, à Honorius, etc. Il ne faut pas prendre à la rigueur les expressions dont se sert ici notre auteur, mais seulement dans le sens d'un empire affaibli, et qui touche au moment de sa chute.

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imagina de transporter tous les droits de Rome à sa nouvelle Constantinople; et il acheva de rendre cette erreur sans remède en partageant également son empire centre ses trois enfans. Théodose, <jui heureusement , ou par un effet de sa grande valeur, se retrouva dans la même circonstance que Constantin, n'aurait peut-être pas fait la même faute ; mais l'exemple avait pris force. D'un seul empire la nécessité l'obligea d'en faire deux. Arcadius eut l'Orient, et Honorius l'Occident, et depuis ce temps-là il n'y eut plus ni espérance , ni occasion de les réunir.

Dans l'ordre des choses naturelles , la destruc-^ tion de l'une servant à la production d'une ou de plusieurs autres , à mesure que les parties de l'empire d'Occident les plus éloignées s'en détachaient, il s'y élevait des royj|||[imes , qui pourtant ne portèrent pas tout d'abord ce nom. Le plus ancien de tous, sans contredit, puisqu'on peut •"^ faire concourir sa naissance avec la huitième an-

- née de l'empire d'Honorius , est celui qui fut fondé dans les Gaules par les Français , apsi nommés de la Franconie , d'où les Gaulois des environs de la Moselle les appelèrent, pour leur aider à se délivrer de l'oppression des armées romaines. La coutume de ces Francs ou Français, étant de donner le nom de roi à celui qu'ils choisissaient pour leur commander, si le premier et le s^Qnd

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