‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 35 sur 78 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

de ces chefs ne l'ont pas porté , il est certain du moins que le troisième, qui est Mérovée, et encore plus Clovis, qui (iit le cinquième, en furent revêtus ' , et quelques-uns d'eux le soutinrent avec tant* de gloire, entre autres Pépin et Charles Martel , auxquels on ne peut le refuser sans injustice , que Charlemagne , leur digne héritier, parvint jusqu'à faire revivre dans la Gaule une image, imparfaite^ à la vérité, de cet empire d'Occident alors éteint , avantage auquel contribuaient naturellement une multitude infinie d'habitans très -propres à la guerre, et une grande fertilité pour tout ce qui sert aux différens besoins des hommes, joint à une extrême commodité pour le commerce, la situation de la France la

' Toute cette criti4|^ est assez justç. Long-temps avant Tannée 445, ou, seloirles PP. Peteau et Sirmond, Clodion s établit le premier en-deçà du Rhin par la prise de Cambrai, etc., et dès le règne de Valentinien II, les chefs des Francs ont porté le nom de rois. L'habitation de ce peuple au* delà du Rhin a commencé vers le milieu du troisième siècle , et s'étendait environ depuis le Texel jusqu'à Francfort. Ce soulèvement d'une partie des Gaules contre les Romains arriva en 434 , la douzième année du règne de Valentinien III. El l'opinion de Fauteur sur TétabUssement des Francs dans les Gaules, est confirmée par un savant académicien (feu l'abbé du Bos), qui a répandu toutes les lumières possibles sur ce point de critique. Histoire critique de rétablissement de la monarchie française dans les Gaules, t. i, liv. i, chap. 17 ;l liv. 1 , chap. 7 et 8.

rendant le centre des quatre principales dominations de la chrétienté, rAUemagqe, l'Italie, l'Espagne et la Grande-Bretagne , avec les Pays-Bas.

Disons un mot sur chacune des trois races qui composent la suite de nos rois. Je ne vois dans la première que Méroyée, Glovis I^*" et Glotaire II ; Charles Martel , Pépin le Bref et Charlemagne dans la seconde, qui se soient tirés du pair des rois. Ces six ôtés de trente-cinq que l'on coQipte dans ces deux races , tous les autres furent , par leurs vices ou par leur incapacité, de méchans rois, ou des ombres de rois, parmi lesquels on peut, encore distinguer Sigebert et Dagobert par quelques bonnes qualités, et Louis le Débonnaire par une grande dévotion, qui n'aboutit pourtant qu'à lui faire regretter dans un cloître la perte de sa liberté , de a|P royaume et de l'empire.

Cette race carlovingienne ayant régné obscurément et fini de même , la couronne passa dans une troisième, dont les quatre premiers rois sont, à mon sens , des modèles parfaits d'un bon et sage gouvernement. Le royaume qu'ils eurent à conduire avait beaucoup perdu de sa première splendeur, puisque, de l'immense étendue qu'il avait eue du temps de Charlemagne , il était réduit à peu près aux mêmes bornes dans lesquelles il est renfermé aujourd'hui , avec cette différence que ,

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