LIVRE TRENTIÈME. 9I
auxquels le peuple eut aussitôt recours pour se soustraire au joug dont il se voyait menacé. Jamais on nNDbtint de lui que cette sorte . d'obéissance forcée , qui £ait embrasser avec plus d'avidité
le traducteur se voit obligé de dire, malgré lui, le pour et le contre sur la même matière. Aptes tout ce qu'on a vu avancer au duc de Sully contre l'autorité populaire et Tanarchie, et en particulier contre les abus des assemblées des états-généraux, la contradiction serait trop grossière, qee tous ces endroits pussent être de la même main que celui-ci. Il y en a deux ou trois autres semblables dans tout Touvrage, que j'ai eu soin de marquer par des notes.
L'dbbé du Bos, partant du même principe que Tauteur, en a. tiré des conséquences toutes contraires, et aussi justes que celles-ci le sont peu. [Ibid,) On ne saurait mieux faire que de renvoyer à cet excellent ouvrage, dont l'objet est de réfuter Ferrear dans laquelle est tombé l'auteur de ce morceau de nos mémoires, 'c Cette erreur, dit>il, discours préliminaire, « page 5i, conduit à p€^|3er que tout ce qu'ont fait les suc- « cesseurs de Hugues Capet en faveur de l'autorité royale > « soit en affranchissant les sujets des seigneurs, soit en met- « tant des of&ciers royaux dans tous les fiefs de quelque di- « gnité , soit en ôtant aux seigneurs le droit de convoquer « leurs vassaux pour faire la guerre contre d'autres seigneurs., " soit en prenant d'autres voies permises aux souverains, ait '< été un attentat contre la première constitution de la monar- <i ehie. On regarde donc après cela comme tyrans, des Louis 1 le Gros, Philippe- Auguste, et les plus grands rois de la troi- < sième race, bien qu'ils n'aient fait aucune chose que de re-- « vendiquer les droits imprescriptibles de la couronne et les '< droits du peuple sur les usurpateurs qui s'étaient emparés « des uns et des autres , dans le neuvième siècle et dans le j» dixième. En effet, ces princes, loin de donner atteinte à l'an*
tous les moyens de désobéir. De là mille guerres cruelles. Celle qui livra la France en proie aux Anglais, celles qu'on eut avec l'Italie, la Bourgogne, l'Espagne,' ne peuvent être imputées qu'aux dispensions civiles qui les précédèrent, et dans lesquelles les plus faibles, étouffant la voix de l'honr neur et de l'intérêt de la nation, appelèrent l'étranger au secours de leur liberté : triste et honteux remède , employé constamment depuis ce temps-là, et de nos jours même, par la maison de Lorraine, dans une ligue dont la religion ne fut que le prétexte. Un second mal qui , pour paraître d'abord d'un genre différent , n'en part pas moins, selon moi, de la même source, c'est le dérèglement des mœurs , la soif des richesses , la manie d'un luxe monstrueux, causes et effets tour à tour, ou tout à la fois , de nos misères.
Voilà quelles ont été les variations de notre malheureuse politique, soit quant à la forme de gouverner, successivement assujettie à la volonté du peuple, du soldat, des grands, des états,
« cienne constitution du royaume, en recouvrant une partie « de leurs droits, n'ont fait que rétablir, autant qu'ils le pou- « vaient, l'ancien ordre. » Ce qu'il prouve ensuite démonstrativement dans tout le livre sixième de son ouvrage. Voyez aussi les mémoires de Foncemagnc, tant sur la loi salique, que sur la succession à la couronne , que^ous avons cités cidevant.