LIVRE TREKTIÈME
n'y sont que toljérées. L'Allemagne les réunit toutes trote, et méine,xlans plusieurs de ses cercles^ les regarde de même œil , ainsi que la Pologne. Je ne parle point de la Moscovie ou Grande Russie. Ces vastes pays , qui ii'ont pas moins de six cents lieues de long sur quatre cents de large, étant en grande partie encore idolâtres, et en partie schismatiques comme les Grecs et les Arméniens ; mais avec mille pratiques superstitieuses, qui ne leur laissent presque aucune conformité avec nous; outre qu'ils appartiennent à l'Asie, pour le moins autant qu'à l'Europe, on doit presque les regarder comme un pays barbare, et les mettre dans la même classe que la Turquie, quoique depuis cinq cents ans on lui donne rang parmi les puissances chrétiennes.
Chacune de ces trois religions se trouvant aujourd'hui établie en Europe , de manière quil p'y a aucune apparence qu'on pût venir à bout d'y en détruire aucune des trois, et que l'expérience a sufi&samment montré l'inutilité et les dangers de cette entreprise, il n'y a rien de xnieux à &ire que de les y laisser subsister toutes trois , et même de les fortifier; de manière cependant que cette indulgence ne puisse dans la suite ouvrir la porte à tout ce que le caprice pourrait &ire imaginer de faux dogmes , qu'on doit avoir un soin partie culîer d'étouffer dans leur naissance. Dieu i en VI. 8
1 1 4 M;éMOiRi:â' de sullt.
paraissant visiblement soutenir ce qu'il plait au< catholiques d'appeler la nouvelle religion, nous eriséigne cette conduite qui n'est pas moins conforme aux préceptes de la sainte Écriture , que eonfirmée par ses exeniplès; et d'ailleurs la difficulté inMt^montable de fairç. recevoir l'autorité dii pape dans les lieux où elle n'est plus reconnue, réqd ce point de toute nécessité. Plusieurs cardinaux, également éclairés et zélés, et même quelques papes, tels que Clément VIII et Paul V, en sont éôn venus.
M àïi[yagit donc plus que de bien affermir ceux de ces peuples qui ont feit choix d'une religion , <)ans le principe où ils sont , qu'il n'y a rien dd si pernicieux en toute manière que le libertinage dans la croyance ; À,^ |3rour ceux qui en ont etn* brassé pliÀiieUi^, <^ (fui les pratiquent toutes, d'y mafntenir Tordre qu'ils ont jugé suffisant contiJQ les abua ordinaires d'une tolérance qui apparem«* ment leur est utile par d'autres endroits. Ainsi , l'Italie s'étaîlt tenue attachée à la religion romaine, et étant d^ailleurs le séjour des papes, je conviens que cette religion doit y être conservée dans toute sa pureté ; et ce n'est point une tyrannie que d'obliger les cia^wels du pays à s'accommoder à cette loi , ou à en sortir^ s'ils croient ne devoir pas le suivre. Onpeulif dire la même chose à peu près de l'Ëspagria Dana les états tels que k Fiance, où