LIVRE VIWGT-NBDVIÈME. l
briquer par son fils , qui était secrétaire d'état , toutes les pièces, auxquelles il mettait ensuite la dernière main. M. l'amiral reçut ce secours comme lui venant du ciel. Il vint apporter au parlement des lettres de dîic et pair pour la seigneurie de Damville ' , en aussi bonne forme , et bien meilleu* res sans doute qu'elles ne l'eussent été du vivant de Henri.
Je trouve une seconde lettre que m'écrivit la régente y de même date que la précédente, c'est-àdire du 1 5 juin , mais sur un sujet bien moins important ; il ne s'y agit que d'une brèche à réparer aux fortifications qu'on avait faites ci-devant aux ville et château de Vendôme, à la prière du sieur Jumeaux , qui en était gouverneur.
Il était bien difficile*, exposé comme je l'étais à me faire des querelles , que je n'en eusse pas quelqu'une avec le duc de Bouillon , qui, en toute occasion savait bien me montrer qu'il se souvenait que j'avais toujours préféré l'intérêt du roi au sien , et qui n'attendait que le premier moment favorable pour m'en témoigner son ressentiment.. Il proposa un jour dans le conseil de faire rapporter, par tous ceux qui étaient en possession des principales charges du royaume , des états de recette et dépense, pour y être examinés. Le conseil reçut cette proposition , qui , toute générale
' Charles de Montmorency, duc de Damyille.
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qu'elle était dans Fesprît de celui qui la faisait , ne regardait que moi seul; et Bouillon se chargea de me l'apprendre, en me disant, aussi en plein conseil , qu'étant un homme d'ordre , et qui n'avait cherché qu'à montrer le bon exemple aux autres, je ne manquerais pas sans doute de commencer par ce qui regardait ma charge de grandmaitre de l'artillerie. Je lui répondis d'un ton que peut-être il n'attendait pas , que , quand il plairait au roi et à la reine , je leur ferais voir tous mes états d'autant plus volontiers, que j'étais bien assuré qu'ils n'y trouveraient que des sujets de satisfaction pour eux, et de louanges pour moi, que, les princes du sang représentant aussi la personne du roi dans une minorité, je me ferais pareillement un devoir de les leur*montrer; mais que je connaissais assez l'étendue des droits de ma charge pour savoir que c'était l'avilir que de la rendre responsable à tout autre tribunal. « Il me semble « pourtant, Monsieur, reprit-il , que le connéta- « ble et les maréchaux de France, étant particu- « lièrement établis sur les armes, peuvent prendre a connaissance de toutes les charges qui les côncer- « nent, et la vôtre est une des principales de cette « espèce. Je vois 'bien. Monsieur, répliquai-je , a sans cacher le dépit que je ressentais de ce pro- « cédé , que de longue main vous m'avez préparé a cette collation^ et que vous cherchez à vous