LIVRE TEEIÎTIÈME. l
duché continuant à rdever de l'Empire comme auparavant.
Mais aucune précaution ne parut si nécessaire , et ne fut si fortement recommandée à nos négociateurs , ijue de bien persuader tous les souverains de l'Europe du désintéressement avec leqaéL Henri était résolu d'agir en cette occasion. On trouvait moyen de l'insinuer et d'en convaincre ces princes , lorsque , dans la supposition qu'il fut besoin de recourir aux armes , nous protestions hautement qu'on pouvait compter sur les forces, sur les trésors , sur la personne même de Henri , çt si gratuitement de sa part, que, sans attendre d'en être requis , il se porterait , de son propre mouvement, à donner toutes les assurances les plus positives , qu'il ne retiendrait à son profit ni une seule ville, ni un seul pouce de terre, même comme dédommagement. Cette, modération, dont à la fin personne ne douta , fit toute l'impression . qu'elle devait faire , lorsqu'on put entrevoir qu'elle était d'autant plus généreuse, qu'il y avait de quoi flatter et con^ljliter la cupidité de tout le monde; et en attendant que cette renonciation absolue fut devenue publique et solennelle, comme elle devait l'être dans les manifestes qu'on allait faire
paraître , Henri en donna une preuve qui acheva de gagner le pape.
Personne n'ignorant que, puisqu'il s'agissait au
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moins de chasser l'Espagne de celles de ses usurpations qui étaient le plus manifestement injustes, là Navarre et le comté de RoussîUon ne pouvaient manquer' de revenir à la France , le roi offrit volontairement de les échanger pour les ^iiemi royaumes de Naples et de Sicile , et en mém« temps de faire présent de l'un et de l'autre au pape et à la république de Venise; ce qui était renoncer au droit le plus incontestable qu'il pût avoir sur les dépouilles de cette cout*onne. En remettant même cette affaire , comme il fit , à Tarbitrage du pape et dles Vénitiens , il les obligea d'autant plus sensiblement , qu'il réunissait en leur faveur tout lé profit des parties et tout l'honneur du jugement. Aussi le pape, à la preinière proposition qui lui en ftit fieiite, vint-il de lui-^méme au-devant de HenrL II fit demander d'abord si, dans là circonstance présente, on trouverait bon qu'il fît office de médiateur commun pour établir la paix en Europe, et pour convertir la guerre que sô faisaient continuellement ses princes, en* iitie guerre perpétuelle contre les infiojies, partie mi projet qu'on avait eu grand soin de lui développer. C'était déclarer suffisamment qu'il n'avait pas envie qu'il se fît rien sans lui, et qu'il était encore moins d'humeur à renoncer à l'avantage qu'on lui présentait.
Paul V s'expliqua encore plus clairement , lors-
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qu'il crut qu'il était temps de parler. Ubaldini, son nonce, dit au r6i; que sa sainteté s'engageait à levers sur di£férens pVétextes , pour l'union contre la maison d'Autriche, dix mille hoirimes d'in- &nterie,quittâ^e cents de cavalerie et huit canons, pourvu q^e sa majesté se chargeât de foqmir l'argent nécessaire à les entretenir pendant trois ans; qu'on lui donnât toutes sortes de sûretés pour la cession de Naples, et pour les autres droits d'hommage qu'on lui avait promis , et qu'on satisfît loyalement aux conditipns que, de son côté ^ il croyait devoir apporter au traité. Ces conditions, du moins les principales, étaient qu'on ne pourrsRt élire d'empereur qui ne fut catholique; que la religion romaine serait maintenue dans tous ses droits , ainsi que les ecclésiastiques dans tous leurs privilèges et libertés; que les protesk tans ne pourraient s'établir dans les pays où ils n'étaient point établis lors du traité. Le roi promit* * à Ubaldini d'observer religieusement toutes ces toliditions, et il déféra de plus au pape l'honneur â'étre l'arbi^e de toutes celles qui resteraient à régler danâ l'établissement des nouvelles républiques.
Ce n'était pas peu de chose que d'avoir Éaiit franchir ce pas au pape; son exemple ne pouvant manquer d'être d'une grande efficace pour déterminer le reste des états catholiques, surtout: Flta-
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lie. On n'avait rien négligé pour seconder les dispositions favorables où ilâT' paraissaient être, en payant exactement, aux cardinaux et aux petits princes d'Italie leurs pensions , et y ajoutant même plusieurs nouvelles gratifications. L'établissement d'une nouvelle monarchie ei\ Italie était le seul prétexte dont on eût pu se servir c[ans ces petites cours pour se dispenser d'embrasser l'union; mais cette vaine appréhension était facile à dissiper, et leurs propres avantages devaient assez les rassurer. Si cela ne sufi&sait pas, on aurait eu recours à la menace de déclarer tous les contrevenans déchus, après un certain terme, du droit de préten** dre à ces avantages ; de les priver de mémede toute prétention à l'eriipire et aux royaumes électif, et de convertir ces petites républiques en souverainetés, et les souverainetés en républiques. Il n -y . a guère d'apparence qu'aucun d'eux eût seulement .balancé sur cette option ; la punition du premîe» rebelle aurait achevé de contenir dans le deyoiii^ tous ces petits états , qui sentent d'ailleuril tpUti
leur . impuissance. Mais c'était un moyen à ployer au défaut de tous les autres, et, jusqito dans le châtiment , il fallait toujours laisser une porte ouverte à la grâce.
Voilà à quel point avaient été amenées toutes choses au moment fatal de la mort de Henri le Grand, et voici en particulier le détail des forces