LIVRE TRENTIÈME. l4l
pour la guerre, dont toutes les parties intéressées étaient convenues avec lui. Les rois d'Angleterre , de Suède et de Daneidarck fournissaient, pour leur contingent, huit mille hommes d'infanterie chacun^ quinze cents de cavalerie et huit canons, le tout soudoyé et entretenu à leprs frais, du moins pendant trois ans. Cette dépense, sur le pied de dix livres par mois pour chaque fantassin, et de trente livres pour chaque cavalier, la pflfie des-officiers coipprise , et l'année composée de dix mois, revenait, pour chacun de ces états, à trois millions trois cent soixante-dix mille livres pour 4es trois ans , en y comprenant aussi la dépense dé l'artillerie , sur le pied de quinze cents livres par mois pour chaque pièce. I^es princes d'Allemagne nommés ci-dessus fournissaient vingtcinq mille hommes d'infanterie , dix mille de cavalerie et quarante canons. Ils en avaient fait eux-mêmes l'estimation à neuf ou dix millions pour les trois ans. Les Provinces-Unies, douze iscdHe hommes d'infanterie, deux mille de cavalerie et dix canons : dépense, douze millions; la Hongrie , la Bohême et autres évangéliques d'Allemagne, pareil nombre, et environ pareille déperfte; le pape dix mille hommes d'infanterie, quinze cénts^ de cavalerie et huit canons ; les Vénitiens douze mille hommes d'infanterie, deux mille de cavalerie et dix canons; le duc de Savoie
l4a MÉMOIRES DE SULLY.
dix-huit mille hommes d'infanterie, deux mille de cavalerie et douze ca|iOQS^ le roi s'était obligé de faire les frais de TarmaQaent de ces trois derniers articles. Le total de toutes ces forces étrangères , quelque manque qu'on y eût supposé , aurait tojijours été dé cent mille honunes d'infanterie m moin$^ de vingt à vingt«cinq mille hq^swiea d^ cavalerie, et d'environ cent vingt canons.
Le roi , de son côté,'fivait actuellement sur pied deux armées bien équipées; la première, qu'il devait commander en personne, de vingt mille hommes d'infanterie, Français naturels, huit mille Suisses , quatre mille lansquenets ou Wallons , cinq mille hommes de cavalerie et vingt canons; la seconde, donnée à conduire à Lesdi^ guières , du coté de» monts , de dix mille hommes d'ûifanterie , mille de cavalerie et dix canons, outre un camp volant de quatre mille hommes d'infanterie , six eents de cavalerie et dix canons v et un renfort.de deux mille hommes de 'pit|^ y pour mettre en garnison aux endroits où il straKt besoin'. Faisons le calcul de l'entretien de tc^s ces gens et provisions de guerre.
' Il y a quelques variaâoDS dans nos mémoires, tant sur
ce nombre de gens dé guerre dé la grande armée- royale, qui
tantôt est de trente, tantôt de trente-deux et de trente-six
wilW honamea d'infanterie., dç quatre, cinq, six et huit mille