‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 53 sur 78 · LIVRE TR£irTI£M£. l · texte numérisé non relu

LIVRE TR£irTI£M£. l

Les vingt mille hommes d'infanterie , à vingtune livres par mois chaque soldat, en y confondant les appointemens des chefs et officiers, font, par mois, qu£|tre cent vingt mille livres, et, par an, cinq millions quarante mille livres; les huit mille Suisses et quatre mille lansquenets, trois millions ; les cinq mille chevaux , à soixante hyres par chaque cavalier , parce qu'on renfermedans cette somme la paie des officiers, plus considérable, surtout celle de la cornette - blanche du roi, composée dç mille hommes de la première noblesse du royaume, qui y servaient simples volontaires, font, par piois, deux cevt quarante mille livres, et, par an, deux millions huit cent quarante mîUe livres ; les vingt gros canons , six coulevrines et quatre pièces bâtardes coûtent d'entretiep , lorsqu'il n'y a plus nul achat à faire , trois mille six cents livres par ipois chaque pièce ; les trente, par conséquent, cent huit mille livres, et, par an , douze cent quarante et tant de mille livrer,; acitiats extraordinaires , et déchets sur les.

fournitures et mimitions de cette armée, cent cin-

de cavalerie, tceiUe et cinquaiite canons; et sur celle des princes alliés d'Allemagne, portée quelquefois jusqu'à quarante mille hommes d'infanterie et douze mille de cavalerie, que sur celles d'Italie et des autres puissances confédérées. Les calculs d'argent ne sont pas ndn plus toujours les mêmes, ni tout-à-fait justes.

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quante mille livres par mois , et un million huit cent mille livres par au.

Ensuite, pour dépense»^ soit ordinaires, soit extraordinaires , en espions ; pour les besoins des malades et blessés et autres nécessités imprévues , mettant tout au plus haut, pareille somme d'un million huit cent m^Ue livres , pour suppléer à ce qui peut manquer dans l'armée des princes alliés; pour paiement des pensions, et pour satisfaire aux besoins particuliers du dedans du royaume, trois cent mille livres par mois ; par an , trois millions six cent mille livres ; l'entretien de l'armée de Lesdiguières , trois millions par an ; autant celui de l'armée du pape, celle de Venise et du duc de Savpie. Ces quatre derniers articles font douze millions par an. Joignez cette somme avec les précédentés, elles montent ensemble environ à trente millions cent soixante mille livres par an.

Il ne faut plus que tripler ce total, à raison de trois ans , qu'on suppose que peut durer la guerre : on trouvera entre quatre-vingt-dix et qu|itre-villg|i> onze millions , à quoi peuvent monter à peu prè» tous les frais de la présente guerre; je dis à peu jprès, parce que je n'ai point compris dans le présent calcul le camp-volant , ni les deux mille hommes de garnison. Le premier de ces deux articles, à raison de dix-huit livres par mois chaque fantassin, et cinquante livres chaque cavalier, fait

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