LIVRE TREVXfiWI. l^'J
à répandre, quels obstacles Henri auràît-il pu trouver de |a part d^ime puissance qu'on savait être éjpuisée d'ai^;^t, et l'on* peut ajouter de soldats ? personne n'ignorant que les meilleurs et plus nombreux soldats dont TEspagiie ait coutume de se servir se tirent de la Sicile, de Naples et de b Lombardie, ou bien sont Allemands, Suisses et Wallons.
Tont concofirant donc à \m heure^ix succès, et avec la précaution d'avoir placé de boas magasins dans Us endroit^ de passage, le roi était à la veille de se mettre en marche en corps d'armée , droit à Mézières, d'où, prenant sa route par CUiidiamp, Orchimont, Bauraing, Offais , Long^ pré , etc., après avoir £ût élever cinq £drts dans tous ces quartiers , et y avoir placé ses deux milit bommes de garnison avec les munitiops néces* saires, il aurait joint, du coté de Duren et de StavelQ, les deux armées que faisaient avancer «. de leur coté le^ princes d*Alleniagi)e et Ijes Fro» vinces-Unies ; et, commençant par fermer fux ^* nemîs toute entrée dans les pays de Clèvjds et de Mliers , ces principautés qui étaient le prétexJte dé l'aimement, seraient d'fibord tombées entre ses
mains, et auraient été mises en séquestre, en atf tendant que l'empereur et le roi d'Espagne eussent piohtré quel parti ils ' prenaient sur les desseins ^ princes alËés.
l48 MIÉMOIRES DE SUIXT.
C'était ce moment qu'pn avait choisi pour pu-* blier et répandre par toute l'Europe les déclarations en forme de manifestes qui devaient lui ouvrir les yeux sur ses véritables intérêts , et sur le vrai motif qui avait mis les armes aux mains de Henri et des princes: confédérés. Ces manifestes étaient composés avec un fort grand sk)in. L'esprit de justice , de droiture , de bonne foi , de désintéressement et de bonne politique , s^y faisaitrsentir partout. Sans y découvrir encore en entier le fond de tous les changemens qu'on voulait faire en Europe, on y faisait entendre que l'intérêt commun avait armé tous ces princes , non-seulement pour empêcher la maison d'Autriche de ae mettre en possession des états de Clèves, mais encore pour la chasser des Provinces-Unies , et de tout ce qu'elle possédait injustement; que leur but était de partager toutes ces dépouilles entre les états et les princes les plus faibles; qu'il ne fallait point regarder cette entreprise comme itt sujet qui dût rallumer la guerre par toute l'Europe ; que , quoique armés , les rois de France et du Nord ne demandaient que le titre de médîar leurs dans les sujets de plainte que l'Europe faié(pft par leur bouche contre la maison d'Autriche , et ne cherchaient qu'à terminer à l'amiable tous les différends de ces princes les uns avec .les autres ; qu'ils ne préfendaient rien faire en cette occasion ^