‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 57 sur 78 · LIVRE TRENTIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME. l

ncm-sealement que du consentement nnaniine de toutes ces puissances, mais encore de tous les peuples, qu'on invitait à faire leurs représentations aux rois alliés/ Telle aurait été aussi la substance des lettres circulaires , que Henri et les princes ses associés eussent envoyées en même temps dans tous les endroits soumis à leur puissance, afin que, les peuples instruits joignant ' leurs suffrages , il se fut fait un cri général contre la maison d'Autriche de toutes les parties de la chrétienté.

Comme on était résolu' d'éviter avec la dernière précaution de donner de l'ombratge à qui que ce fut , et que Henri voulait convaincre de plus en. plus ses confédérés qu'il n'était occupé que de leurs véritables intérêts, il aurait joint à tous ^oes écrits d'autres lettres écrites dans les différentes cours, et en particulier aux électeurs de Cologne et de Trêves , aux évéques de Munster , ^ deliége et de Paderborn , au duc et à la duchesse de Lorraine. On aurait observé cette conduite avec les ennemis mêmes , dans les lettres qu'on ébrirait à l'archiduc et à l'infante, sa femme, à l^Smpereur lui-même , et à tous les princes autrichiens , en cherchant à les engager par les motifs les plus forts et les plus pressans à prendre le seul parti raisonnable. Partout où l'on aurait

apparences n'étaient point trompeuses, l'Espagne , abandonnée de tout le monde, aurait subi malgré elle la loi de ses vainqueurs.

Mqfis il faut supposer que toutes les branches de la maison d'Autriche se seraient réunie^ en celte occasion , et qu'elles auraient fait pour leur intérêt commun tous les efforts dont elles étaient capables. En ce cas , Henri et les princes confédérés déclarant en forme la guerre à leurs ennemis, et défendant tout commerce aux Espagnols, nommément dans les Pays-Bas ; après avoir , comme nous l'avons dit , uni toutes leurs forces , donné audience aux princes d'Allemagne , promis d'assister les peuples de Bohême et de Hongrie, qui seraient venus implorer leur assistance, enfin s'être assurés du pays de Clèves; ces princes, dis-je, auraient fait avancer leurs trois armées du côté de Baie et de Strasbourg pour appuyer les Suisses, qui se seraient déclarés pour l'union, après en avoir , pour la forme , demandé la permission à l'empereur. Les Provinces-Unies, dont on s'éloignait , étaient censées suffisamment défendues par le camp-volant que Henri en aurait fait approcher; par les armées d'Angleterre et du Nord auxquelles on eu laissait la garde; par l'atteintion qtâon aurait eue de s'emparer tout d'abord de Charlemont, Maëstricht, Namur et autres passages , du côté de la Meuse; par les forces navales de ces provinces,

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