LIVRE VIITGT-WEUVïiME. l'j
phes les plus sanglantes entre les personnes du plus haut rang; il fallait être continuellement en mouvement pour les prévenir. Le public fut instruit des sujets qui animèrent les uns contre les autres les princes du sang, le connétable , legrandécuyer, le ducd'Épemon et beaucoup d'autres, au milieu desquels Conchini se trouvait toujours mêlé le plus avant \ Quelquefois l'équilibre entre ces illustres rivaux jetait entre les mains des gens de néant les faveurs sur lesquelles on ne pouvait s'accorder. La confusion , la mauvaise foi , l'injustice , tous les maux qui suivent le mépris de l'a subordination inondèrent la cour et le conseil , et vengèrent plus d'une fois la mémoire de Henri de ceux qui lui insultaient par les mêmes voies qu'ils avaient choisies pour se venger eux-mêmes.
Pour les princes de l'Europe , aucun d'eux ne manqua à s'acquitter par ses 'ambassadeurs de ce qu'ils devaient à ce grand roi ; mais il n'était pas difficile de distinguer parmi eux ceux dont le cœur mettait beaucoup plus de sincérité dans les complimens de conjouissance pour l'avènement du nouveau roi au trône que dans les complimens de condoléance pour la perte de celui auquel il succédait. U se trouva des Français assez indignes de
' Voyez le détail de ces intrigues et de ces brouilleries de cour dans Siri, ibid. tom. i, pag. 827, et dans les mêmes historiens.