‹ Mémoires du duc de SullyChapitre 8 sur 78 · VI. a · texte numérisé non relu

VI. a

l8 MÉMOIRES DE SULLY.

ce nom pour dire aux ambassadeurs du roi d'Espagne et de l'archiduc ces propres paroles : « Vos <t larmes ne doivent pas beaucoup détremper vos a mouchoirs : c'est un coup du ciel , qui a sauvé « de leur ruine le roi et la religion catholique. » Je ne dirai rien de la réception qui fut faite à tous ces :ambassadeurs.

J'étais pareillemejit trop éloigné de tout s^itiment de joie pour prendre part à la cérémonie * du sacre du roi. Cela fit que pendant que tout le monde prenait le chemin de Reims, je pris celui de Montrond , après avoir obtenu de la reine la permission de faire un voyage dans l'une de mes maisons. Je cachai soigneusement que ce fût dans l'intention de ne point revenir à Paris , du moins tant que je verrais la même disposition dans les esprits et le même désordre dans les affaires ; mais j'avais formé auparavant cette résolution , qui fut encore fortifiée par une fort grande maladie, dont je fus attaqué sitôt que je fus arrivé à Montrond, et que je ne dois attribuer qu aux situations tristes et violentes où mon cœur se trouvait depuis quatre mois. C'est là aussi que , pour faire diversion à mes déplaisirs , je composai les deux petits morceaux de poésie dont Tun a pour titre, Pa*

'Cette cérémonie est décrite fort au long dans le Mercure français, les manuscrits royaux, Pierre Matthieu, etc., année 1610. Elle fut faite le 17 octobre.

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