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«c yeux des citoyens de cette patrie adoptiye « toutes les actions de ma carrière militaire,Con* M .jsacrée pendant vingt-cinq ans au service ^u «juiys qui m'a vu naître, ma vie n'apu^b9pper| <x.^]i dies temps de dissensions civiles , m aux 5^ préventions haineuses des uns, ni à la jalouse «c malveillance des autres. Quand la fortune ne tf sourit plus aux entreprises dans lesquelles vous <€ (êtes engagé, de toutes parts le blâme vient vous tf assaillir; toutefois, pour qu'il fut mérité, il m faudrait avoir brigué les emplois, s'être offert « aux événemens comme doué de talens qui couh < majadeut les succès, avoir méconnu la religion «c de ses devoirs. Mais si, loin de solliciter au* ir cune fonction , on s'est plus d'une fois re^fusé à <« occuper des postes élevés (i); si , prodigue de tt son sang pour la défense de son pays, eitc, etc«, ce .on se doit de dissiper les iiuages dont une a rn^n ennemie a cherché à obscurcir une im^ ce rière sinon brillante et heureuse , du moins tf ^onprable et pure. i>
Passant à 1^ page 53 des réponses du maréchal Grpuchy au général Gourgaud , j^ lis :
tf Par quelle fatalité a-t-il oubUé, enquittapt
(f) n En 1795, j'ai refusé le commandement en chef de ' « i'année des cotes <le firest ; ayant la campagne de Leipsig^ « çekû de la cavalerie, et en 18149 celui de l'armée -ijui de- \t vait se rassembler en Piémont, » ,
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ff le champ de bataille de Waterloo, qu'il lui res* « tait une armée intacte à la tête de laquelle il « eût dû se i^ettre plutôt. que d'abandonner le& Qc débris de celle qu'avait trahie la fortune^ et que a d'aller iuirméme annoncer ses désastres? Fouace vait4l ignorer que ses troupes le considéraieni a çopame le seul chef capable de les rallier et de c( prés0ry<er la pat^rie des spoliations de l'étranger ? a et devait-il s'en ;fier uninstantdesidestiiiée&de « la France et des braves qu'avait respectés lie a sort d^is.combats >à ces .hommes. qu'il regardait a comme ayant perdu le^ énergie, et n'ayant « plus d'autre pensée que celle de mettre à cou* «vert leiirs intérêts particuliers? Quelle illut- « sion que d'espérer que sa présence dans 'Pa<* <r ris préviendrait les eÇTetSf du coup fatal porté « à l'opij^ipn et à son parti par le revers de Wa« « terloo, et de ne pas voir que la révolte des « chambres (pour me servir des expressions du «t général Gourgaud ) n'aurait pas lieu tant « qu'elle^ le sauraient à la tête d'une armée !
a U faut l'avouer, les derniers actes de sa vie ic politique, ocmime de sa carrière militaire ne «furent plus marqués par l'énergie, la pré- « voyance et l'à-propos qui avaient si k>ng^ <c temps légitimé ses l)rillantes destinées^
«Dans l'arène politique aussi bien que sur Icfs tf champs de bataiUe , les déterapiinations qui dé*
a cident du sort des empires , ou fixent la vic-^
a toire. ont leurs momens propres , qui s'échap-
« pent avec la rapidité de Téclair et ne se
ce retrouvent plus. Napoléon ne sut pas les saisir
a durant les cent jours, où semblèrent eflacés
« les traits les plus saillans du caractère de cet
«homme extraordinaire , qui étonna l'Europe
« lorsque , du sommet des Apennins s'élançant
« sur iltatie, il réunit, en la conquérant, ses dé-
a bris épars pour en constituer un puissant État,
« posant ainsi les fondemens de cette réputation
« colossale qui devait bientôt lui aplanir les
« routes du pouvoir suprême. On ne reconnut
« plus en lui pendant la campagne de i8j5 le
« grand capitaine qui, durant 1 8 1 4 inébranlable
« dans ses résolutions malgré l'étendue des dan-
« gers et le nombre de ses ennemis, multipliait
te ses faibles moyens par la rapidité et faudace
mues mouvemens les plus habiles , et qui , déve-
« loppant un génie d'une trempe supérieure ,
a avait su préserver si long-temps la capitale de
« l'invasion de l'étranger. A cette époque cepen-
a dant, il était secondé par les mêmes hommes
a qu'on accuse aujourd'hui en son nom; mais le
« même génie ne l'inspirait plus. »
J'ai peine • à concevoir qu'un maréchal de France , promu à ce grade pendant les cent jours (et à quel propos si ce n'est Montél^roart ?X
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tienne ce langage devant un aussi grand nombre de témoins de sa vie privée comme de sa carrière miUtaire.
En résumant Tune et l'autre , le lecteur jugera
M. le maréchal Grouchy , qui prétend que ce
n'est pas sa faute si Ton est venu Tarracher à sa
modeste retraite pour lui confier des cômman*
démens importans, H n'y a pourtant pas trop àt
modestie à se comparer à un nouvel Achille que
les Grecs viennent supplier de combattre denou*
veau contre les Troyens, ou à un Renaud que
Godefroy envoie arracher des bras d'Armide,
Toutefois en censurant le maréchal Grouchy, je
puis attester qu'avant qu'il publiât ce fôcheuic
écrit, il suffisait de lui montrer un casque pour
qu'il donnât l'exemple du courage.
Le maréchal Grouchy, qui ri'aôcuse que vingtcinq ans de service, était sous Louis XYI et ayant la révolution colonel en second du régiment dès dragons de Condé; indépendamment de ce aùe cet avancement était assez rapide pour un jeune homme encore imberbe, je crois qu'il est inutile d'ajouter que, comme il ne s'était passé aur cune action militaire dans les salons de Versailles, son avanèement ne pouvait pas reposer laur des Êiits d'armes bien éclatans; et s'il était basé sur des grands services , on a le droit de se de;-mander de quelle nature ils pouvaient être,
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La révolution éclata en 1789; en l'jgoet 1791^ la presque totalité des officiers de l'armée émigra ; M. de Grouchy, n'ayant pas pris ce parti , se trouva élevé au grade de maréchal-de-camp, sans avoir, pour aiiisi dire^vu une armée, du moins une armée ennemie.
.La plus grande partie des officiers^généraux ayant ausçi émigré, le n^iarquis de Grouchy se trouva presque à la .tête du tableau, sans a^oir eu d'autres soins à prendre que celui de souhaiter un bon .voyage aux autres et jde ne .pas cuivre leur exemple.
La guerre éclata en avril 179^. Je ne .sais sur quelle partie de la frontière d'alors le marquis de Grouchy commença; mais l'on ne peut avoir perdu le souvenir de 1793 et 1794* Que M. 4e Grouchy compte avec nous combien il y avait dans nos rangs d'officiers comme lui. N'est-ce f^: dans ces terribles années que nous vîines successivement périr MAL de Biron, Alexj^ndre. Bjeauhamais, Victor de Broglie, de Ou»tine et une foule d'autres personnages de cette qualité, qui,. comme M., de Grouchy^ s'étaifiot hasardés à se mêler avec dçs hommes qui leur faisaient un crime de leur naissance.
M. de Grouchy nous dit qu'à cette époque, îl refusa le commandement de l'armée des côtes de Brest ; je le crois , mais je crois que ce i^e fut
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point pâf modestie ; je pense au contraire que ce fut par prudence. JI avait l'expérience de ce vfjàï étAit arriré à ses prédécesseurs , et qui n'aurait pas n^âtlqué non plus d'arriver à MM. de Lafayette'et Duttiouriez, s'ils n'avaient pas pris te parti de passer aux ennemis.
Le marquis de Grouchy vit le piège et il Févi- :â4 mais' fl doit se rappeler ce que le comité de (alut public Jet le directoire faisaient dés marquis |ii'ils allaient chercher^ lorsque ceux-ci se laissaient prendre ou persuader. - ' *
Or 9 le marqbis i&à Grouchy n'a pas été trop maltraité; nous l'avons vu au contraire servir :sous le général Hoche dans la Vendée , je^crois même comme son chef d'état^major.
Après Quiberon, nous le voyons s'embar^Uek* comme général de division sur l'escadre qui sortit de Brest pour tenter une invasion en Ls lande. . .
Que le marquis de Grouchy nous permette de lui rappeler que, parâû tôusles généraux marquans que k révolution a formés, il n'y en avait ' guère qui puififidnt se eèmparer à Hothe pour l'exaltaticm des ^opinions. Il fallait donc , polir un miarquis surtout, une bonne dose de républicanisme, ou une grande dextérité, et particulièrement une rare flexibilité de caractère pour avoir inspiré confiance à un ancien sergent
aux gardes françaises (i)r et être même devémi
son ami.
Quels étaient les services éminens, ou les
£ûts d'armes glorieux qui avaient eu lieu sur ce
théâti^e de désolation ? N'était-ce pas le sang de
nos compatriotes qui coulait , et leurs cadavres
qui gisaient à Quiberon?
A quels si grands services le marquis dcr
Grouchy a-t-il dû de n'avoir pas été rechercher sévèrement pour avoir séjourné plusieui*s jours
dans la baie de Bantry ( en Irlande ) sans débar^
quer ? Quels faits d'armes lui valurent de ne pas passer à un conseil de guerre pour avoir rega-» gné Brest avec toute l'expédition sans fdtendrer le général Hochei qui avait été séparé de sa flotte par la tempête , et qui ne trouva plus personne lorsqu'il arriva? Mille autres à sa place auraient perdu la^téte, sous un gouvernement qui voyait des crimes partout. Si ce sont les services de M. de Grouchy qui ont sauvé la sienne à cette époque ^ de quelle nature n'étaient-ils pas !
Il paraît qu'il ne s'était pas souvenu d'avoir vu dabs l'une des salles du château de Chantilly la France sous la figure d'une femme arrachant de l'histoire du grand Condé les pages des batailles
(i) Hoche avait été sergent aux gardes franges avant la révolaton.
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de Lens, des Dunes et des lignes d'Arras. Je n'ai point connu d'offîciers-généraux français qui, sans être marquis, n'aient gémi sur les services qu'ils avaient été forcés de rendre dans la guerre de l'ouest.
Pendant que l'empereur était en Egypte , la guerre recommença en Europe. Tout le monde en France voulut servir en Italie , croyant qu'il 3i'y avait qu'à prendre la place du vainqueur <l'Arcole pour en savoir autant que lui , ou aller admirer ses lauriers pour avoir aussi de la gloire^ Xes désastres survinrent, et M. de Groucby , qui <x>mmandait une division dans l'armée d'Italie, où il s'était fait employer, fut blessé et fait prisonnier U ne fut rendu à la liberté qu'après la bataille de Marengo. Nous l'avons vu immédiatexnent après s'attacher au généi*al Murât ^ qui n'é- Xait encore que beau-frère du premier consul.
M. de Grouchy- l'a recherché et s'est appuyé ^e lui pendant tout le reste de sa carrière , et it -^ent nous débiter « qu'il n'y a jamais eu aucun ^ rapport d'affection entre lui et ces honunes m du régime impérial qui durent leur élévation « rapide à une flexibilité de caractère qui les ren<« m dait de précieux instrumens du despotisme. »
Y a-t-il eu une élévation plus rapide que celle ^e Murât, qui de maréchal-des-logis de chasseurs à cheval en 179a fut roi de Naples, re-
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^nilupar TEurope en i8o8,c*est-à-dit'een"seize iiw? Si Ton voulait rendre le rapprochement plus frappant y on pourrait dire: qui, en 1800, était Relierai de brigade, aide-de-camp du premier consul; maréchal de France et grand-duc de ëerg^nf i8o5, et i^bi de Naples en 1808. Celui-là, jé^- pense, était assez remarquable parmi ceux dmit l'élévation parait avoir excité la jalousie duftiteiTqUis dé Grouchy.
' 'l&àns vouloir réviser la carrière de M. le ma— lâchai de Grouchy , quil me soit permis d'obser Vélr que lui-m!ême , pour arriver jusqu'au grad dViù' Il a coinmencé à mesurer l'espace qu'a vttîeïit parcouru les officiers qui entouraien l'eàiperèiii^ , lï'avàit sïiremeht paà traversé au tant de dangers qu'eux.
' Qtt'a^t-îl'vti atft'ôur de Témpereur, si ce n'es deÀ> officiers qui, à partîi* de leur entrée au service, avaient vécu avec lui àur les chanlps de bataillé, Tavàieiit suivi en Italie , en Egypte , et jusqtfailx derniers jours de sa carrière politique ? Je pense que Cette sorte d'illustration valait bien éfellc <|ûe V&ù tirait de (Quelques charges de cour. Si les anciens riôbles attachent de là vanité à l'illustration qu'ils ont reçue avec l'héritage de leurs àïeilx , je ne vois pas que noils devions rott^r de celle que nos services nous aVaieni acquise, pas plus que du droit de la transmettre à
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Bosdescendans. Ily abienautaut degloireàctrela souche d'une famille anoblie par les armes qu'il 3euty enavoiràétre l'héritier de celle de sespéres.
Le marquis de Grouchy veut-il persuader ju'ily avait près de l'empereur un genre de gloire jui ne s'acquérait pas en partageant les dangers lu champ de bataille , et à laquelle on parvenait >ar des moyens indignes de l'estime publique? Ju'il s'explique, je me charge de lui répondre, ^ai servi l'empereur plus long-temps que lui , et e ne me rappelle pas de lui avoir vu employer lucun officier dans une autre ligne que celle des ievoirs militaires.
Le marquis de Grouchy paraît avoir adopté la méthode de ceux qui font succéder les injures lUX hommages qu'ils rendaient à l'empereur : il ;e relève aussi depuis qu'il est abattu , il l'appeUe lespote ; mais qui l'a prié de le servir ? L'empereur a-t-il dû employer du despotisme pour obliger M. de Grouchy à accepter des honneurs^ les dotations, et enfin l'une des premières charges tionorifiques de l'armée , celle de colonelrgénérai des chasseurs achevai?
Au retour de l'île d'Elbe, qui a appelé M. de Grouchy aux Tuileries , où il s'est présenté un des premiers? A-t-on employé des moyens coercitifs pour le faire marcher contre le duc d' Angouléme? Lui a-t-on fait violence pour accepter le bâton vni. 9
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de maréchal de France, après quil eut fait ce prince prisonnier?
Comment peut-il trouver une aussi grande difïérence qu'il le dit entre l'homme qui s'élança des Apennins (il a sans doute voulu dire les Alpes ) sur l'Italie , et celui qui , avec huit cents hommes , conquit la France sans ïnéme charger ses armes, et qui , en vingt-deux jours de marche , arriva de Fréjus à Paris ? Pourquoi M. de Grouchy , qui avait des soldats de la même espèce, n'a-t-il pas marché de même le 17 juin 181 5? Il a beau dire, l'empereur n'était pas changé ; c'est lui qui n'était plus le même.
M. de Grouchy, pour se justifier, se rattache au décret qui fut rendu par la chambre, lorsqu'il fut arrivé sous Paris, quil avait bien mérité de la patrie; mais il ne nous dit pas comment et pourquoi cet ordre lui fut donné , la chose en valait cependant la peine.
Je doute que le langage du maréchal Grouchy sur Tempereur lui obtienne l'estime de l'Amérique, où il a été accueilli. Quant à moi, qui^ comme lui, ai été jeté aux rives étrangères, j'y ai très bien reconnu , particulièrement chez le^ Anglais , que le moyen le plus sûr de perdre l'estime générale était de manquer d'égards pour la. position de l'empereur, et surtout de reconnaissance envers son bienfaiteur.
DU DUC DE ROVIGO. i3t
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