CHAPITRE vu
Retour de l'empereur à Paris. — Dispositions de la cha^obr^ des députés. — Fouché se met en devoir de l'insurger contre l'empereur. — M. de Lafayette. — La chambre se déclare en permanence. — Je retourne près de l'empereur. — Observations que je lui présente. — M. .Benjamin Oojiatant les appuie. -* Députa^ori ^e la chambre de« députas < — Réponse de l'empereur.
TàJ suffisamment Fépondu> je:d»>ts:, aux di^ verses allégatioiis du marquis de Grouchy ; y^ passe aux conséquences de la ba4:aîlle de Wa^ terloo. '.
. L'empereur, porté parr les foyards ■■ à Philippe** Tille, laissa au maréchal Souli le soin de les rallier. U avait besoin d'aller rassurer la: capitale, de demander aux chambres les^ moyebs de réparer le désastre qu'il venait d'essiiyer, il se mit en route pour Paris. Diverses; :;]ei$rsonnes' jmft
blâmé cette détermination. Elles auraient raison, si l'empereur n'eût été qu'un simple général; mais chef du gouvernement, il avait des trames à déjouer, des intrigues à contenir. Il fallait qu'il vînt éveiller le patriotisme des chambres, qu'il provoquât, dirigeât l'élan de la nation et rappelât cette énergie, qui en 1793 nous sauva des horreurs de l'invasion. Il avait été accueilli avec ivresse à son retour ; dix jours auparavant , on lui prodiguait encore les protestations d'un dévôiiéWent sans bornes : il était naturel, il était sitnptp de venir' invoquer un enthousiasme qui semblait attaché à sa personne. ^ ;Le péril était d'ailleurs manifeste; les armées eûnetnies s!avançaient, il fallait courir aux armes ou se résigner à toutes les calamités de la défaite. Le bon sens suffisait pour voir qu'il n'y avait pas d'autre alternative;, l'empereur dut croire; que chaque- député en était convaincu , qfue piersoniie n'avait assez peu de sagacité pour croire) à la feinte modération des étrangers. Il se trompa; voici quel était l'état des choses lorsqu'il rentrandans la capitale.
Pendant les dix jours qu'avait, duré son absence, la chambre des députés avait mesuré ses iorcjes, dans différentes discussions qui avaient <>ccupé.sas,jSéance9.' ^Plusieurs de ses membr^^ avaient tout i la fois montré un talent supérieur,
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et l'intention bien prononcée d'être revêches ou clocilesy suivant qu'on voudrait influencer leurs délibéhatiotis , ou les laisser agir en liberté. * Oft voyait, à ne pouvoir s'y méprendre, que le premier événement de guerre déciderait de la direction que prendrait cette assemblée ; s'il avait été heureux , nul doute que lés jeunes députés qu'on y remarquait n'eussent proposé^ chaudement tout ce qui pouvait sauver la France. Il fut malheureux ; leur inexpérience en révolution les livra aux brouillons, qui, non contens d'avoir déchiré leur pays pendant vingt-cinq ans , s'empressèrent de saisir cette nouvelle occasion de continuer leurs expériences politiques , au risque de tomber sans défense sous la main de l'é-
tranger.
Fouché avait bien remarqué cette disposition de la chambre. Il n'avait rien négligé pour y faire nommer des vétérans de la révolution comme lui, et pour acquérir ceux des jeunes députés qui s'étaient déjà fait remarquer par la supériorité de leurs talens et la force de leur éloquence.
On pouvait croire qu'il n'emploierait l'influence qu'il cherchait à prendre sur cette assemblée que dans les intérêts de celui au service duquel il paraissait s'être ardemment attaché ; au moins l'assurait-il. J% lui parlais un jour de
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l'embarras que causerait la chambre , si l'on venait à perdre une bataille : « Je crains bien , lui <c dis-je 9 qu'elle ne soit aussi disposée à accabler a le vaincu qu'à venir au secours du vainqueur.»
«c Vous êtes dans l'erreur, me répondit-il, les « assemblées ne sont jamais dangereuses, parce «que leurs opinions politiques, ainsi que leurs a résolutions, dépendent d'une douzaine de ba« « vards au plus qu'il fautavoirletalentd'acquérir «( et de dominer. Que l'empereur me laisse faire, « et je lui réponds de l'assemblée. »
Ainsi parlait Fouché , même après le départ de l'empereur pour l'armée. Rien n'autorisait à croire qu'il disait le contraire de ce qu'il pensait, car on ignorait ses engagemens; on ne savait pas même ce qu'il a pris soin de divulguer, qu'il était dès le j5 juin en relation avec M. de Wellington. Il aurait pu remonter plus haut, mais c'est assez de honte pour ne pas insister sur les dates. Ceux qui ne connaissent pas Fouché peuvent croire que c'est un homme d'état à grandes vues , et d'un courage éprouvé en affaires politiques; ils se trompent : ses menées coupables ne tenaient point à sa prévision , elles étaient tout simplement la conséqUjence du désordre de ses idées et de la faiblesse de sa tête.
Il jugea que cette démarche n'avait aucun in-
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cpnvénient, parce que, si la bataille de Waterloo avait été gagnée, sa lettre n'aurait été qu'une légèreté, dont l'empereur aurait résolu les conséquences en triomphant des difficultés qu'elle nous aurait Êiit opposer. Si, au contraire, la bataille était perdue, il recueillait tous les bénéfices de sa perfidie. Il n'en avait pas fait d'autre depuis vingt ans, et Ton avait eu la bonne foi i'appeler cela de l'habileté. Dans le fait, la ma- :ioeuvre lui a réussi ; il s'est sauvé des révolutions mr les épaules de tout le monde, et y a fait fortune. Il n'a plus à craindre qu'un tribunal de révision qui n'aurait pas besoin de remonter bien baut pour lui enlever la tête (i).
U écrivit à M. de Wellington avec l'arrièrepensée qu'il le jouerait, si les armes de l'empereur étaient heureuses; on lui rendit la monnaie dont il avait cru payer les autres. Il fut pris au piège qu'il avait tendu.
Dès le 19 juin, on avait su à Paris le malheureux événement de Waterloo ; on voulait en douter, on attribuait la nouvelle à la malveillance, mais chaque instant voyait surgir de nouveaux détails qui confirmaient le désastre sur lequel on cherchait k se faire illusion. L'empereur arriva, le voile fut déchiré.
(i ) On voit que ceci a été écrit avant sa mort.
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Fouché saisit une circonstance si favorablcrâ Fexécution de ses projets ; il se mit de suite à— Fœuvre, il échauffa les membres influens de l'assemblée, il leur dit que, sans le fatal retour de l'île d'Elbe, les Bourbons auraient été culbutés, que tout se serait arrangé. Il parla tant de sa correspondance avec Vienne, que tout le monde crut que les puissances alliées étaient d*accord avec lui, et que ce n'était qu'à cause de l'empereur qu'elles avaient de nouveau fait la guerre; ces idées furent accueillies avec la même crédulité que l'avaient été les bruits répandus au retour de l'île d'Elbe, que l'empereur était d'intelligence avec l'Autriche.
La conséquence en était simple : il n'y avait qu'à sacrifier l'empereur pour obtenir la paix. Fouché le croyait peut-être lui-même; il était loin de se douter qu'il servait d'instrument aux ennemis. En même temps qull échauffait les esprits de l'assemblée , il faisait semer parmi elle , ainsi que parmi la garde nationale, des inquiétudes sur la dissolution de la chambre des députés, qui seule, disait-il, pouvait sauver la France. Cette opinion était juste, mais ce n'était pas en séparant la nation - de son chef que l'on pouvait doiiner plus de force à rassemblée.
Le ministre réveilla les haines qu'il aurait dû éteindre. Il alla jusqu'à dire qu'il était heureux
que l'événement de Waterloo eût mis l'empereur dans l'impossibilité de se consolider, parce que, s'il avait été une fois bien établi, il n'eût pasman* que de rechercher la conduite de chacun, dans tout ce qui avait précédé et suivi sa première déchéance. Il tenait ce langage devant ceux qui vivaient particulièrement quelques reproches à 36 faire.
Il avait depuis long-temps l'habitude d'em- Dloyer M. Tourton, qui se prétait à toutes les opi- :iîons qu'il voulait lui faire adopter. Celui-ci était zhef d'état-major de la garde nationale , et exerçait une influence journalière sur les officiers de ce corps. Il avait conséquemment les moyens de les connaître , et de faire choix de ceux qui convenaient le mieux à l'exécution de ce que projetait Fouché.
Cette impulsion fut donnée aussitôt que Ton eut appris la nouvelle de Waterloo , et à coup sûr les Anglais ne pouvaient pas être mieux servis qu'ils ne le furent par Fouché.
L'empereur avait écrit d'Avesne à son frère Joseph, qui présidait à Paris le conseil des ministres. Joseph avait réuni ceux-ci ainsi que son frère Lucien , qui était venu de Rome unir sa destinée à celle du chef de sa famille.
Il leur communiqua la lettre de l'empereur, qui ne cachait pas l'étendue du mal et recommandait
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de ne négliger aucun moyen pour disposer le&. esprits à se défendre et à faire des sacrifices pro* portionnés aux besoins que la défaite avait amenés.
Le président de la chambre des députés , Lanjlûnais , était à cette réunion ainsi que Fouché ; <^cun promit de se prêter à ce qu'exigeraient les circonstances j et le conseil se sépara.
L'empereur arriva le lendemain de très grand matin. Il m'envoya chercher presque aussitôt; je ne lui cachai rien de ce que j'avais aperçu des mauvaises dispositions dans lesquelles on avait mis tout le monde à son égard , non plus que ce que je prévoyais devoir en être la suite.
L'empereur me dit : a £h bien ! voilà des gens «qui vont encore tomber dans la même erreur <c que l'année dernière. Us ne veulent pas voir « que je ne suis que le prétexte de la guerre, et « que c'est la France qui en est l'objet. Si elle n'a <c pas été entièrement détruite au dernier traité, « c'est qu'un reste de respect humain a arrêté les <c étrangers, qui avaient encore peur de mon re- « tour. Il n'y a que des insensés qui ne veulent « pas voir cela ; lorsqu'ils m'auront abandonné , « on s'en prendra à eux de m'avoir accueilli ; il ce sera bien temps alors de se livrer aux re- « grets !»
' Il me fit plusieurs questions auxquelles Je ré-
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pondis ; il fit appeler diverses autres personnes après que je fus sorti.
La chambre des députés s'était assemblée à luiit heures du matin selon sa coutume; le bruit (le l'arrivée subite de l'empereur eut bientôt passé de bouche en bouche , et comme le retour n'avait été accompagné ni devancé par aucune communication 9 la malveillance eut le champ libre pour lui donner l'interprétation la pUis favorable à ses projets.
On fit circuler parmi les députés les propos les plus inconvenans ; on leur dit que l'empereur^ craignant qu'ils ne se déclarassent contre lui, n'était revenu aussi précipitamment que pour les dissoudre 9 que, s'ils ne prenaient pas bien vite un parti vigoureux , on les préviendrait ; on n'épargna rien pour échauÉfer les esprits, déjà Qial disposés par l'événement dont on parlait en tous sens. Cette irritation , néanmoins , ne suffisait pas; il fallait, pour sonner le tocsin, un homme ardent , irréfléchi , qui eût une sorte de puissance d'opinion , et fut hors d'état de mesurer les conséquences de ce qu'il allait faire. Fouché jeta les yeux sur Lafayette. Il avait reçu ses offres de. désorganisation à l'époque du Champde-Mai; il tenait le néophyte en réserve , il ne s'agissait que de le bien lancer. On lui détacha 4e faux apiis, on lui persuada que tout était
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prêt , que la chambre allait être dissoute , que le cortège impérial était près de se mettre en marche , qu'il n'y avait pas un instant à perdre. Il le crut, courut à la tribune , et , enlevant la chambre par une harangue énergique , il la fit déclai*er en permanence; et comme il était toujours préoccupé des terreurs qu'on lui avait données, il demanda et obtint qu'on regardât «comme traître « à la patrie quiconque tenterait de la séparer « par la force. y>
Cette résolution fut aussitôt communiquée à la chambre des pairs par un message.
J'étais à la séance lorsqu'elle y arriva; la discussion fut ouverte sur l'objet de ce message; personne ne fit la moindre objection contre une mesure aussi illégale , et la résolution de la chambre basse fut adoptée.
Il aurait fallu être aveugle pour ne pas reconnaître contre qui ces mesures étaient dirigées, et ne pas s'apercevoir que l'on prenait position pour attaquer celui auquel on avait prêté serment de fidélité huit jours auparavant , comme aussi qu'on foulait aux pieds la constitution qui lui donnait le droit de dissoudre les chambres quand il jugeait que le bien public l'exigeait.
Ainsi tous les sermens de fidélité et d'obéissance prêtés à l'un et à l'autre avaient, en dix
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jours, éprouvé le sort qu'ont eu tous ceux que ron n'a pas cessé de faire depuis 1 789.
Que pouvait faire l'empereur? Il se trouvait sûDS force, sans moyen de s'en dontier, puis- [jue les chambres venaient de se mettre en insurrection.
Il aurait fallu tenter un 18 brumaire. Or Fou- 3hé savait bien qu'il suffisait d'embarrasser la DGiarcbe du gouvernement pour donner aux évélemens qui s'approchaient lé temps d'amener e dénouement que ses intrigues préparaient.
La résolution des chambres n'abusa point les hçmmes clairvoy ans , mais il y eut un grand nombre de dupes qui crurent qu'elles allaient sauver la patrie. Ces bonnes gens ne voyaient pas tout; elles étaient surtout bien loin d'imaginer qu^ Fouché travaillait à se faire une position afin de traiter ensuite pour lui sur un meilleur terrain que celui où il se trouvait placé par suite de ses antécédens.
Je ne fus pas un des derniers à m'en apercevoir. J'avais passé une bonne partie de la journée à la chambre des pairs , et j'y avais remarqué que P^n ne cherchait plus qii'à s'établir sur un ordre dechoses nouveau, sans s'occuper de l'empereur, dont on n'avait pas fait entièrement le sacrifice, mais dont on ne voulait plus qu'avoir l'air d'être obligé de se détacher pouf'îjiintérêt général. Les
a Elle n'aura pas un bataillon de plus , et on re- « jettera sur elle toutes les conséquences des « événeraens qu'elle n'a plus les moyens de dé- « tourner. Puisque ces cerveaux exaltés se croient a sûrs de mieux faire , il faut les prendre au a mot et leur en laisser le soin. D'ailleurs , ajou- « tai-je, l'état des têtes est tel ce soir, que demain. a il doit y avoir quelque chose de nouveau. Je n& « serais pas étonné que, pour démarche prélimi — « naire, on vînt vous proposer de vous démettn tf du pouvoir. » :
Diverses personnes survinrent ; la conversation en resta là. Nous n-'étions qu'au 21 juin ai soir, et^éjà les ennemis de l'empereur avaientii:^ fait tout ce chemin !
Les chambres lui avaient fait connaître qu'elless'étaient déclarées permanentes , comme si elles avaient voulu à la fois braver ses prétendus projets de dissolution, et le préparer à ce qui allait être la suite de l'influence sous laquelle elles s'étaient rangées.
La séance du 2 1 après midi avait été vive , et la discussion si animée, que le 22 devait amener quelque événement.
J'avais été au lever de l'empereur, qui avait lieu àneufheures dumatin, Il congédia toutlemonde^ et me fit rester avec MM., dç .GRulaincourt et La Vallette. Il ço^s-^i là/encore des affaires, et
nous dit que l'on croyait se sauver en le perdant, mais que l'on verrait combien on s'abusait.
Nous fûmes tous trois d'avis qu'il devait renoncer à un pouvoir que les chambres étaient plus occupées à lui disputer qu'elles ne l'étaient h armer la nation pour la défense commune. Il nous répéta ce qu'il m'avait déjà dit la veille : « Je X ne puis rien seul ; si on me laisse succomber, ar on verra : quant à moi , mon parti est pris ; j'ai K fait faire des communications à la chambre, et ce j'attends sa réponse. »
Il lui avait transmis des détails que lui-même ^renait de recueillir. Obligé d'accourir en toute bâte afin de devancer le bruit de la défaite, il n'avait qu'une idée confuse de l'état où se trouvait l'armée. Celle-ci ignorait à son tour ce qu'était devenu son chef. Elle ne savait s'il vivait encore ou s'il avait succombé. Dans cette cruelle incertitude, Jérôme expédia un de ses aides-decamp , M. de Vatry, qu'il adressa , on ne sait trop pourquoi , à la chambre des pairs. Cet officier venait de traverser nos débris, il pouvait donner l'aperçu des ressources qui nous restaient. L'empereur le manda, et lui adressa diverses questions sur la quantité de troupes que nous pouvions encore mettre en ligne. Les réponses de l'officier étaient désespérantes ; il ne portait
pas à plus de vingt-cinq mille hommes ce qui vni. la
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était en état de faire face à Tennemi. L'éval-MJation était trop faible , mais Faide-de-camp p trustait! l'empereur le chargea de mettre sui- le papier ce qu'il avait vu. Ce déchirant rapport :tfut tu aux ministres 9 et transmis immédiatem^^nt pus chambres. Il fallait assurément que Tem^i^ereur ne se comptât pas pour grand' chose dan^ 1^ question qui se débattait , pour faire de se»:^blables communications. Il connaissait les sen^ "timens de l'assemblée , il savait les projets qu'elle formait contre son pouvoir; mais il s'agissait ^fi laFranCe, il ne craignit pas de révéler toute 1*^^tendue du mal au moment où il lui importait ^^ plus d'exagérer ses ressources pour imposer à s- ^^ ennemis.
Le a 2 juin éfait un jour où il devait y avoir l^ n conseil des ministres. C'était ordinairement ^ une heure après midi qu'il s'assemblait. L«fl chambre des députés était réunie depuis huit ati neuf heures du matin. L'on avait déjà remarqué; à l'ouverture de la séance, de fort mauvaises dispositions parmi les députés. On voyait les agens de Fouché en mouvement partout^ et excitant les membres de la chambre à déposer l'empereur.
Une nouvelle communication, que l'empereur fit à l'assemblée fut comme le signal d'un soulèvement , et je crois que Ton se serait porté à
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qaelqae excès f, si de bons esprits n'avaient pas trouvé moyen de calmer cette effervescence.
Ils proposèrent d'envoyer une députation à l'empereur, pour lui faire considérer que l'état de guerre dans lequel on était de nouveau enjgskgé intéressait moins la nation que lui-même, et que l'assemblée avait les moyens de la terminer , 3'il voulait bien se désintéresser en lui remettant la faculté d'agir, selon que les circonstances le commanderaient.
La députation chargée de ce message vint ef« fectivement remplir la commission dont elle était .chargée près de l'empereur. Elle ajouta toutefois que la chaipbrë était vivementafïectée d'étreobligée de s'imposer à elle-même une aussi doulou- . reuse séparation, mais qu'elle était ^^tns la nécessité de lui demander de se sacrifier encore unefois pour sauver, par les négociations, ce que Ton n'avait plus les moyens de défendre par les armes. L'empereur fit un bon accueil à, cette députation: il lui parla en très bons termes, et lui dit que , lorsqu'il était revenu en JFrance, c'était principalement l'affranchissement de la nation qu'il avait en vue; que, si l'assemblée avait des moyens d'atteindre ce résultat, il n'avait point l'intention de l'empêcher de les employer , mais qu'il désirait connaître en quoi ils consistaient; :que, dans tous les cas, il ré-
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pondrait au message dont ils avaient été charg* près de lui.
La députation se retira et porta à la chàmbr des députés la réponse que lui avait faite l'emp reur. Les mauvaises dispositions de cette assem blée étaient telles , que l'on s'échauffa sur le dé lai que l'empereur mettrait probablement à fair parvenir sa réponse , qu'on voulait connaitr savant de s'occuper d'autre chose. On l'attendait et on se répandait en conjectures sur ce qu'ell serait: les uns disaient , il abdiquera; les autres a contraire soutenaient qu'il dissoudrait la chambre, et ajoutaient qu'on devait lui demander une réponse prompte et catégorique , lui fixer même un délai après lequel on passerait outre. L'impatience croissait en raison de ce que la suspension de la séance se prolongeait ; il s'était formé ime quantité de petits groupes où l'on s'échauffait réciproquement. M. de Lafayette, perdant tout égard pour celui qui l'avait tiré des cachots d'plmùtZy voulait qu'on déportât l'empereur, s*il n'abdiquait pas sur-le-champ.
Les agens de la malveillance, qui, sans être membres de la chambre, y avaient accès tant que la séance restait suspendue , ne négligeaient rien pour semer l'inquiétude , et pousser à prononcer la déchéance.
Sur ces entrefaites eut lieu ime scène que l'on
; se borner à rapporter exactement; le lec- : se formera l'opinion qu'il doit prendre des ^cédens qui ont nécessairement dû la pré- 3r.
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