Quand il a parlé au général Excelmans
marcliant vers la colonne qui suivait de prçs^.
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Louis-StanislasrXavier; au général comte d'Erlon , qui devait le recevoir à Lille ; au général Clausel, qui allait à Bordeaux , où se trouvait la duchesse d' Angoulême ; au général Grouchy , qui marchait pour arrêter les troubles civils excités par le duc d' Angoulême, partout enfin des ordres ont été donnés par l'empereur pour que les personnes fussent respectées et mises à l'abri de toute attaque*, de tout danger, de toute violence dans leur marche sur le territoire français, et au moment où elles le quitteraient.
17. Les nations et la postérité jugeront de quel côté a été, dans cette grande conjoncture, le respect pour le droit des peuples et des souverains , pour les règles de la guerre , les principes de la civilisation , les maximes des lois civiles et religieuses. Elles prononceront entré Na^ poléon et la maison de Bourbon.
18. Si , après avoir examiné la prétendue déclaration du congrès sous ce premier aspect , on la discute dans ses rapports avec les conventions diplomatiques, avec le traité de Fontainebleau , du II avril , ratifié par le gouvernement français, on trouvera que sa violation n'est imputable qu'à ceux-là mêmes qui la reprochent à Napoléon.
19. Le traité de Fontainebleau a été violé par les puissances alliées et par la maison de Bour-
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bon , en ce qui touche i'etnpereiir Napoléon et sa famille , en ce qui touche les intérêts et les droits de la nation française.
ao. I. L'impératrice Marie-Louise et son fils devaient obtenir des passe-ports et une escorte pourserendreprès de l'empereur, et loin d'exécuter cette promesse , on a séparé violemment l'épouse de l'époux, le fils du père, et cela dans les circonstances douloureuses où l'âme la plus forte a besoin de chercher de la consolation et du support au sein de sa famille et des affections domestiques.
s I . IL La sûreté de Napoléon, de la famille impériale et de leur suite était garantie ( art. . 1 4 du traité)par toutes les puissances, et des bandes d'as* sassins ont été organisées en France sous les yeux du gouvernement français et même par ses ordres, comme le prouvera bientôt la procédure solennelle contre le sieur de Maubreuil , pour attaquer et l'empereur, et ses frères , et leurs épouses. A défaut du succès qu'on espérait de cette première branche du complot , une émeute a été disposée à Orgon , sur la route de Fempereur , pouressayer d'attenter à ses jours par les mains de quelques brigands ; on a envoyé en Corse, comme gouverneur, un sicaire de Georges, le sieur Bruiart, élevé exprès au grade de maréchal-de-camp, connu en Bretagne , en Anjou , en Normandie ,
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dans la Vendée^ dans toute l'Angleterre , par le sang qu'il a répandu, afin qu'il préparât et assurât le crime; et en effet, plusieurs assassins isolés ont tenté , à l'île d'Elbe , de gagner, par le meurtre de Napoléon , le coupable et honteux claire qui leur était promis.
22. III. Les duchés de Parme et de Plaisance étaient donnés en toute propriétéàMarie-Louise j pour elle, son fils et ses descendans , et après de longs refus de les mettre en possession , on a i^onsommé l'injustice par une spoliation absolue, sous le prétexte illusoire d'un échange sants évaluation , sans proportion, sans souveraineté, saBS consentement, et les documens existant auic relations extérieures, que nous nous sommes fait représenter, prouvent que c'est sur les sollicitations , sur les instances du prince de Bénévent^ que Marie-Lquise et son fils ont été dépouillés.
a3. IV. 11 devait être donné au prince Eugène, fils adoptif de Napoléon , qui a honoré la France qui le vit naître, et conquis l'affection de l'Italie qui l'adopta, un établissement convenable hors de France , et il n'a rien obtenu.
24. V, L'empereur avait (art. g du traité) stipulé, en faveur des braves de l'armée, la conservation de leur dotation sur leMonte-Napoleone; il avait réservé sur le domaine extraordinaire et sur les fonds restant de sa liste civile, des moyens
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de récompenser ses serviteurs , de payer les sot dats qui s'attachaient à sa destinée : tout a été enlevé , réservé par les ministres des Bourbons. Un agent des militaires français, M. Bresson, est allé inutilement à Vienne , réclamer pour eux la plus sacrée des propriétés, le prix de leur courage et de leur sang.
a5. VI. La conservation des biens meubles et immeubles de la famille de Tenîpereur est stipulée par le même traité (art. 6), et elle a été dépouillée des uns et des autres, savoir, à main armée , en France , par des brigands commission^» nés ; en Italie , par la violence des chefs utilitaires; dans les deux pays, par des séquestres et des saisies solennellement ordonnées/
a6. Vn. L'empereur Napoléon devait reèevoir deux millions , et sa famille deux cent cinquante mille francs par an , selon la répartition établie art. 6 du traité, et le gouvernement français a constamment refusé d'acquitter cet engagement; et Napoléon se serait vu bientôt réduit à licencier sa garde fidèle, faute de moyens pour assurer sa paie, s'il n'eût trouvé, dans les reconnaissans souvenirs des banquiers et négocians de Gênes et d'Italie, l'honorable ressource d'un prêt de douze millions qui lui fut offert.
27. VIII. Enfin, ce n'était pas sans motif qu'on voulait, par tous les moyens, éloigner de Napo-
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léon ces compagnons de sa gloire , modèles de dévouement et de constance, garans inébranlables de sa sûreté et de sa vie. L'île d'Elbe lui était assurée en toute propriété (art. 3 du traité), et la résolution de l'en dépouiller, désirée parles Bourbons, sollicitée par leurs agens, avait été prise au congrès.
28. Et, si la providence n'y eût pourvu dans sa justice , l'Europe aurait vu attenter à la perr sonne, à la liberté de Napoléon, relégué désormais à la merci de ses ennemis , loin de sa &mille et séparé de ses serviteurs , ou à Sainte- Lucie ouà Sainte-Hélène, qu'on lui assignaitpour prison.
129. £t quand les puissances alliées, cédant aux vœux imprudens, aux instances cruellesde la maison de Bourbon , ont condescendu à la violation du contrat solennel sur la foi duquel Napoléon avait dégagé la nation française de ses sermens ; quand lui-même et tous les membres
de sa famille se sont vus menacés, atteints dans leurs personnes, dans leurs propriétés, dans leurs affections, dans tous les droits stipulés en leur faveur comme princes , dans ceux même assurés par les lois aux simples citoyens, que devait
faire Napoléon ?
3o. Devait-il , après avoir enduré tarit d'offenses, supporté tant d'injustices, consentir à la viovm. ■'*'. ; a
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làtioti Complète des engagèmcns pris avec lui , «t) de î*éiignatit persoiineîlement au sort qu on lui pi*épâWlt, abandonner encore son épouse, sôtk fils y ^a famille , âes serviteurs fidèles à leur «f)^î*ètise destinée ?
31» Une telle résolution semble au-dessus des forces humaines, et pourtant Napoléon aurait pu la prendre ) si la paix, le bonheur de la France f eût été le prix de èe nouveau sacrifice. îl se serait encore dévoué pouf lé peuple français, duquel > ainsi qu'il veut le déclarer à rEui*6pe, îl «e.fiiit gloire de tout tenir, auquel il vefUt tout rapporter^ à qui seul il veut répondre de ses actions et dévouer sa vie.
. 3ak C'est pour la France seule et pour lui éviter les hialheurs d'une guerre intestine, qu'il ab* djq[ùa Ib couronné en i8t4- Il rendit au peuplé fr)ihl;ais lés droite qu'il tenait de Jut, il le laissa libre de se choisir un nouveau monarque, et dé fonder sa liberté et sort' bonheur sur des ifastîtutiorts protectrices de l'une et de l'autre. - ; .33. Il espérait pour la nation la conservalîoti de tout ce qu'il avait acquis par vingt^ôq ah*« nées de combats et de gloire , l'exercice de sa souveraineté dans le choix d'une djmastie et danà la stipulation des conditions auxquelles elle se^ rait appelée à régner.
34* U attendait du nouveau gouvernenkënt le
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l^spect pour la gloire des années , les droits des braves, la garantie de tous les intérêts nouyeaux ; de ces intérêts nés et maintenus depuis un quart de siècle , résultant de toutes les lois politiques et civiles, observées, révérées depuis ce temps, parce qu'elles sont identifiées avec les mœurs , les habitudes , les besoins de la nation.
35. Loin de là, toute idée de la souveraineté du peuple a été écartée.
36. I* prindpe sur lequel a reposé toute la législation politique et civile depuis la révolution a été écarté également.
37. La France a été traitée par les Bourbons eomme un pays révolté , reconquis par les armes de ses anciens maîtres, et asservie de nouveau à une domination féodale.
38. Ijouis- Stanislas -Xavier a méconnu le traité qui seul avait rendu le trône de France Vacant, et l'abdication qui seule lui permettait d'y inonter.
39. Il a prétendu avoir régné dix-neuf ansj insultant ainsi et les gouvernemens établis depuis ce temps, et le peuple qui les a consacrés par ses suffrages, et l'armée qui les a défendus^ et jusqu'aux souverains qui les ont reconnus dans leurs nombreux traités.
4b- Une charte rédigée par le sénat, tout imparfisûte qu'elle lût , a été mise en oubli.
4i. On a imposé à la France une loi prétendue constitutionnelle, aussi facile à éluder qu'à révoquer, et dans la forme des simples ordonnances royales, sans consulter la nation , sans entendre même ces corps devenus illégaux, fantômes de représentation nationale.
l\*i. Et comme les Bourbons ont ordonné sans droits et promis sans garantie, ils ont éludé sans bonne foi et exécuté sans fidélité.
43. La violation de cette prétendue charte n'ja été restreinte que par la timidité du gouvernement; rétendue des abus d'autorité n'a été bornée que par sa faiblesse.
44* La dislocation de l'armée , la dispersion de ses officiers, l'exil de plusieurs, l'avilissement des soldats , la suppression de leurs dotations , la privation de leur solde ou de leur retraite, la réduction des traitemens des légionnaires, le dépouillement de leurs honneurs, la prééminence des décorations de la monarchie féodale , le mépris des citoyens, désignés de nouveau sous le nom de tiers-état, le dépouillement préparé et déjà commencé des acquéreurs de biens nationaux , l'avilissement actuel de la valeur de ceux qu'on était obligé de vendre , le retour de la féodalité dans ses titres, ses privilèges, ses droits utiles, le rétablissement des principes ultramontîdns , l'abolition des libertés dç l'église
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gallicane, ranéantisseinent du concordat, le rétablissement des dîmes, l'intolérance renaissante d'un culte exclusif, la domination d'une poignée de nobles sur un peuple accoutumé à Tégalité , voilà ce que les Bourbons ont fait et voulaient faire- pour la France.
45. Cest dans de telles circonstances que Napoléon a quitté l'île d'Elbe. Tels sont les motifs de la détermination qu'il a prise , et non la considération de ses intérêts personnels, si faible près de lui, comparée aux intérêts de la nation à laquelle il a consacré son existence.
46. Il n'a pas apporté la guerre au sein de la France , il y a au contraire éteint la guerre que lés propriétaires de biens nationaux, formant les quatre cinquièmes des propriétaires français, auraient été forcés de faire à leurs spoliateurs; la guerre que les citoyens opprimés, abaissés, humiliés par les nobles, auraient été forcés de déclarer à leurs oppresseurs ; la guerre que les protestans, les juifs, les hommes des cultes divers auraient été fdrcés de soutenir contre leurs persécuteurs.
47. Il est verni délivrer la France, et c'est aussi ' comme libérateur qu'il a été reçu.
48. Il est arrivé presque seul, il a parcouru deux cent vingt lieues sans obstacle , sans combats, et a repris' sana résistance, au ipiUeu d?