‹ MEMOIRES DU DUCDEROVIGOChapitre 3 sur 44 · M MÉMOIRES · texte numérisé non relu

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la Capitale et de!» acclamations de Timmense majorité des citoyens, le trône délaissé par les Bourbons, qui, dans l'armée, dans leur maison, dans les gardes nationales , dans le peuple, li'ont pu armer personne pour essayer de s'y maintenir.

49. Et cependant , replacé à la tête de la nation qui l'avait déjà choisi trois fois , qui vient de te désigner une quatrième fois par l'accueil qu'elle lui a fait dans sa marche et son arrivée rapides et triomphales ; de cette nation par laquelle et pont l'intérêt de laquelle il veut régner, que Veut Napoléon?

50. Ce que veut le peuple français : l'indépendance de la France , la paix intérieure , la paix avec tous les peuples, l'exécution du traité de Paris du 3o mai 18 14.

5i. Qu'y a-t-il donc désormais de changé dans l'état de l'Europe et dans Fespoir du repos qui lui était promis? Quelle voix s'élève pour demander ces secours qui, suivant la déclaration, ne doivent être donnés qu'autant qu'ils seront réclamés?

5îi. Il n'y a rien de changé, si les puissances alliées reviennent, comme on doit l'attendre d'elles, à des sentimens justes, modérés; si elles reconnaissent que l'existence de la France , dans tm état respectable et indépendant, aussi éloi-

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gné de conquérir que d'être coaqui$ f d» domU ^çr que d'être ^servi, esl: nécessaire à la ^« lance des grands royaupies comme à la garantie flps petits ttats,

53. Il n'y a rien de changé, si, respectant les droits d'une grande nation qui veut respecter les droits de toxites lè^ autres t qui , fiére et génér reuse j a été abaissée et ne peut jamais être avi« lie 9 on lui laisse reprendi^e un monarque et se donner une constitution let des lois api çoni^riennent à ses mœurs, à ses intérét^^^ ses habitudes , à ses besoins nouveaux.

54. H h'y a rien de changé, si, n'essayant pas di^ contraindre la France à reprendre avec une dynastie dont elle ne peut plus vouloir, lés chaînes féodales qu'elle a brisées , a se soumettre à des prestations seigne^rjl^es ou ecclésiastiques dont elle est affranchie, on ne Veut pas lui imposer des lois, s'immiscer dans ses affaires întérieuFés, lui assigner line forme de gouvernen^e^ît , lui donner des maîtres au gré des intérêts ou des passions de S9^ iv^pisîas.

55. Il n'y a rien .dje changé, si, quand JU france est occupée de préparer le nouveau pacte social qui garantira ta liberté de ses citoyens, le triomphe des idées généreuses qui dominent en Europe 1^ qui ne peuvent pkis y être étouffées, ori ne l^ fovçéd ipaà de se distraire, pour combattre y

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de ces pacifiques pensées et des moyens de prospérité intérieure auxquels le peuple et son chef veulent se consacrer dans un heureux accord.

56. Il n'y a rien de changé, si, quand la nation française ne demande qu'à rester en paix avec l'Europe entière, une injuste coalition ne la force pas de défendre, comme elle l'a fait en 1792, sa volonté , et ses droits, et son indépendance , et le souverain de son choix.

Signé y le ministre d'Etat, président de la section des finances,

Le comte Defermon :

Le ministre d'État, président de la section de l'intérieur,

Le comte Regnault de Saint-Jeaint-d'Angély;

Le président de la section de législation,

Le comte Boulât; Le président de la section de la guerre ,

• Le comte Andréosst.

Certifié conforme , Le ministre secrétaire d'État,.

Duc de Bassano.

. Cette pièce produisit son effet. La nation fut outrée de voir que de si indignes Français avaient mendié, libellé la proscription de leur ancien

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chef, et que les souverains réunis avaient salictionné cette indigne conception.

Il n'en était pas ainsi de Fouché. Il s'était tenu jusque-là dans un silence observateur, parce qu'il s'était persuadé que l'Autriche appuyait l'empereur dans son entreprise.

Il avait aidé de son mieux à décider en sa faveur l'explosion, qui souffrait des diffix^ultés dans le midi, savoir à Bordeaux, Toulouse et Marseille. La duchesse d'Angouléme était dans la première de ces villes, où elle excitait son parti. Le duc d'Angouléme se rendit à Toulouse; il laissa vers cette ville M. de Vitrolles pour organiser xles moyens de défense, et il continua son chemin sur Marseille. Il parvint à y assembler quelques troupes et à les porter sur la route de Lyon , jusqu'à Montélimart; mais tous ces efforts furent sans effet.

L'empereur avait envoyé Clausel à Bordeaux.

Ce général resta quelques jours devant cette ville, avecles magistrats de laquelle il entama des pourparlers. Le régiment d'infanterie qui occupait la place refusa de se prêtera ce qu'on exigeait de lui. Le général Decaen , qui commandait dans la ville, fut obligé d'engager la duchesse d'Angouléme à partîfr, parce qu'il ne pouvait pas lui répondre de la tranquillité de la garnison. La duchesse montra dans cette occasion le plus rare courage ;

elle employa tous les mojrem pour intéressait lés cœurs généreux. J^Ue alla aux casernes, harangua le$ Boldfitsi ceu^-ci, groupés autour de sa calèd^p protestai^t de leurs respects , se dé^n-f daient d'ui^ manqua d'égards, mais refusaient dp s'armer pour elle, Quelques-uns juraient qu'ils ne souffriraient pas qu'il lui mésarrivât; elle les interrompit i^^zj^pn, npoyplus de serment, leur dit- ». elle; 4^ ^fe^. le moment est venu. »

Elle ne put lesr dépider^i et s'embarqua sur une corvette anglaise qui était entrée dans la GU ronde.

A Toulouse , \e général de Laborde fit enlever ]VL de VitroUes, qui fut conduit à Paris.

Jy'empereur avait envoyé le général Groudiy prendrele commandementdestroapesqui étaient dai^s les environs de Lyon. Il les grossit avee les gardes natiouales des départemens voisins, et marcha contre le duc d'Angouleme.

U l'atteignit , dissipa ses troupes et le fit prisonnier. L'empereur ne voulut pas abuser de la fprtune , laissa au duc la liberté de se retirer où bon Ivii semblerait, celui-ci passa en Espagne (i).

(i)TiCS hommes ne se connaissent jamais mieux qu'après tine ^évolution , et voici une note que je transcris sur lei rapport jàe l'homme de France qui était le mieux placé pour çomu^U^ le £Mt que je n^porto. .

M* le duc de Bourbon avait été envàyé par le

roi dans ^la Vendée; il était même acconipagné

par M. le qomte de Gessac, qui avait «i bien per«

fectionné l'exécution du système de conscription

sousFetdpereur. La mission de M. le ducdeBOur^

bon était de lever une armée dans la Vendée^

mais lorsquUl apprit le véritable état des choies ^

tant à Paris que dans le midi, il prit le parti

de s'eqibaifquer pour l'Angleterre. Tout ce qui

l'avait accbnlpagné revint à Paris rendre ses de^

•voîrs à l'empereur.

D'y eut d'aboîrà ^ntre le duc d'Angouléme et le maréchal <jroudiy une sorte de capitulation par laquelle le prince pouvait se retirer en Espagne. Le maréclial tn rendît compte par le télégraphe ; l'empereur répondît par la mèmt voie qu'il aj^réuvaît.'

Peu après, une secbnde dépêche télégraphjjiue rendit compte que , pendant l'armistice qui avait précédé et 3uîyi 1^ capitulation , il était survenu un incident qui en avait fait suspecter la l>onne foi , que l'on avait eu recours aux armes , et que le duc d'Angouléme était prisonnier.

On soumît cette seconde dépêche h l'empereur, qui mv fdbnva k M. de Baesano (il Jivaiti'admim'stration télégraphique sous ses ordres) de faire transmettre au ntaréthal Grou^* chj que c'était bien. Le premier ordre était parti, M. de Bassano différa l'expédition du second jusqu'à ce que le premier eût pu arriver et reccinoir^on exécution. Effectivement quand le deuxième parvint , Grouchy fit courir après le duc d'Angouléme ; mais il venait de passer la frontière , il n'était plus temps.

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Ce fat de ce moment que toute la France put se regarder comme réunie sous les mêmes signes. Malheureusement ce ne fut pas pour long* temps.

Quoique le retour de l'empereur eût excité autant d'enthousiasme que d'admiration , on remarquait néanmoins que le triomphe des idées Inodernes sur les anciennes y avait une très grande part. L'on s'en aperçut hientôt par les cris de constitution qui se firent entendre de tous lés côtés; on voulait de l'empereur , on le préférait à tout autre souverain , maïs on n'entendait à aucune composition sur les bornes que l'on était résolu de poser à son pouvoir, et on se serait porté à toutes les extrémités , si l'on n'avait pas espéré que lui-même se restreindrait dé manière à donner une entière sécurité sur le retour des maux dont on avait encore un aussi récent souvenir. En un mot , on ne prétendait le recevoir que comme le levier qui avait déplacé la maison de Bourbon ; on voulait bien se servir de lui en cas de guerre , mais on prétendait le brider pour le reste.

Dû DUC DE ROVIGO. 99

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