V. A10. aux notes
toute la journée sans pouvoir obtenir aucun succès',
et, quoique nous nous fussions maintenus dans notre
i A la seule inspection du terrain, on avait cependant reconnu qu'on pouvait tourner les Anglais par leur gauche.
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même position, cette attaque ne nous coûta pas moins de 5,000 hommes qui furent tués ou blessés L L’ennemi put en perdre la moitié.
Le 29, nous quittâmes nos bivouacs pour tourner cette fameuse position. Nous marchâmes pendant deux jours pour descendre dans une plaine très riante et très fertile, où nous bivouaquâmes.
Le 1er octobre, nous nous approchâmes de la jolie ville de Coïmbre dont l’ennemi défendait les hauteurs que je fus chargé 2 d’attaquer avec ma brigade, tandis que nos dragons devaient attaquer par notre droite. Je parvins à forcer l'ennemi d’abandonner la position, et d’évacuer la ville. Nos dragons alors, voulant poursuivre ce succès, passèrent la rivière de Mondégo pour tourner l’ennemi qui sortait de la ville ; mais la cavalerie ennemie s 'étant réunie eu certain nombre lit repasser la rivière à nos dragons plus vite qu’ils ne l’avaient passée.
Dans cette charge de la cavalerie ennemie, elle n'était point aussi nombreuse, à beaucoup près, que l’étaient nos dragons ; mais [elle avait la supériorité quant à la force des hommes et à l’ancienneté de service. La plupart de nos dragons, dès ce temps-là, n’avaient peut-être pas eu dix leçons d’équitation, et ne savaient ni se tenir à cheval ni le guider. Je ne puis m’empêcher, à
Le VIII” corps, arrivé après les autres, était placé derrière le centre, en réserve.
' On dit 4,500, dont 380 blessés. Le 28, Wellington passa la revue de ses troupes sur le haut de l’Alcoba, à la vue des Français, et en appareil triomphal.
* Dès le matin, la brigade de Godart et la brigade de cavalerie de Sainte-Croix furent chargées de reconnaître l’arrière-garde ennemie.
3 C'était Wellington lui-même. Cet échec (omis par M. Thiers), inspire au général Godart les mêmes observations qu'au général Marbot sur notre cavalerie.
cet égard, d’ajouter que, faute d’instruction ou défaut de choix dans les hommes, nous voyons dans nos armées nos chasseurs et nos hussards ne pouvoir, pour la plupart, lancer un bon coup de sabre sans être exposés à tomber de cheval.
L’armée trouva dans Coïmbre des vivres en tout genre qui pouvaient la nourrir pendant quinze jours; mais la majeure partie en fut dilapidée
Le 2 octobre, nous nous portâmes à Condeixa Velha où l’armée anglaise avait de très grands magasins de farine, biscuits, vins, eau-de-vie, rhum, etc., etc. Nous arrivâmes à temps pour arrêter les progrès du feu qu’y avait mis l’ennemi, et pour sauver des quantités immenses de marchandises et denrées de toute espèce qui furent partagées entre toutes les divisions 1 2.
Le 4, l’année se porta sur Rédinha; le 5, à Yenda da Cruz. Le 6, elle passa à Pombal, et continua sa marche jusqu’à Alemquer3. Notre division fut de là attaquer la position de Sobral, et repoussa l’ennemi. Nous trouvâmes encore dans Sobral de grands magasins de foin et de paille, ainsi que cent mille rations d’avoine (12 octobre).
1 Par le VIIIe corps ; c’était surtout du riz. Le pillage s’étendit à toute la ville, abandonnée par ses habitants. On s’arrêta encore trois jours à Coïmbre, quoique l’ennemi en fût sorti bien en désordre.
2 La brigade Taupin fut laissée à Coïmbre. Le reste du VIIIe corps occupa les hauteurs de la rive gauche du Mondégo ; la brigade de Godart occupa Condeixa Velha. L’incendie éteint, on gaspilla encore une partie des approvisionnements. Ce jour-là même (2 octobre), Masséna écrivait à Junot pour se plaindre des désordres commis à Coïmbre, du peu de discipline du VIIIe corps, etc. Il renouvela ses plaintes le 3 ; mais le pillage et la dévastation devenaient généraux et constants.
3L’avant-garde, appartenant au VIIIe corps, venaitencore depillerdes magasins de subsistances à Santarem. C’est là seulement qu’on connut les lignes de ïorres Vedras. Ni les généraux, ni le gouvernement français n’avaient d’informations ! Quelque mot en était peut-être venu à Coïmbre.
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Le 13, ou voulut attaquer l’enuemi qui était posté à uue petite distance de la ville; ou se battit peudaut cinq heures sans obtenir de succès, parce que le général qui commandait notre corps d’armée, de la ville où il était à déjeuner, ordonnait, contremandait, et ne se décida à monter à cheval et à se porter sur les lieux que quand il n’était plus temps. Cependant la nuit suivante l'ennemi se retira
L’armée fut obligée de s’arrêter dans ses positions, et de ne point dépasser Sobral. Des conditions sans nombre s’opposaient à ce qu’elle allât plus loin.
1° Le manque de vivres, puisque l’ennemi, dans sa retraite, brûlait ses magasins, et détruisait les moulins. Il fallait donc songer à envoyer dans les campagnes chercher au loin et à tout prix toutes les denrées nécessaires à la subsistance. Il fallait en même temps faire réparer les moulins pour faire de la farine. On parvint à faire du pain, et les troupes vécurent assez bien pendant quelque temps; mais cela ne pouvait pas toujours durer.
2° La ligne des Anglais et Portugais s’étendait depuis le Tage jusqu’à l’Océan (huit lieues d’étendue), et était garnie de plus de soixante redoutes avec des batteries de toute espèce de calibre. Deux semblables lignes se trouvaient également derrière la première 2. En outre, le pays, depuis Sobral jusqu’à Lisbonne, était couvert de montagnes et de défilés.
1 F. Ali, aux notes.
3 Les premières lignes s’étendaient d’Alhandra, sur le Tage, â Torres Vedras et à l'embouchure du Zizembro. Ces fameuses lignes furent appelées de Torres Vedras, de Cintra ou d’Alemquer.
C’est seulement en octobre que la ligne avait été triplée. La première ligne était de 48 kilomètres. La seconde, à 10 kilomètres en arrière, était de 40 kilomètres.