‹ Mémoires du Général Baron Roch GodartChapitre 46 sur 68 · SAMBRE-ET-MEUSE · texte numérisé non relu

SAMBRE-ET-MEUSE

6e bataillon du Pas-de-Calais.

Divison du général Marceau

Punission qu'a subit le capitaine Desplanques pour cause d'indiscipline et d'insubordination.

(( Le dix-neuf juin 1793, vieux stil au arrêt simple dans sa chambre pour s’être pris de propos avec le cherurgien-major.

« Le 21 juin, au arrêts forcé pour dix jours pour n’avoir point gardé les arrêts simple.

« Le 9 juillet au arrêts forcé pour 8 jours, pour ne s’être pas trouvé à son poste lors de la visite du g”1 Richardot, le 3 juillet, à la redoute de Moire.

« Le 17 août au arrêts forcé pour avoir voulu forcé le cantinié du bln a lui donner à boire après la retraite insubordination et ivresse, et avoir mênacé et insulté le garde de propos et de geste.

LETTRES, TIÈCES OFFICIELLES, NOTES 245

« Envoyé le 18 dudit mois à la prison de Bergue pour y resté jusqu’à nouvel ordre.

« Le 26 brumaire an 2, au arrêt simple pour ne point avoir arrêté le compte de sa compagnie avec le quartier- maitre.

« Le 2 frimaire au arrêts force pour ne point avoir produit des feuilles de revue de subsist., qui devait se passé le 2, et avoir forcé les arrêts simples. »

« Copie d’un arrêté du conseil de discipline contre ledit capitaine :

« L’an 2° de la République française

« Le 12 frimaire (2 décembre 1793) du conseil de discipline du « 0° Btn du Pas-de-Calais légalement convoqué pour examiner « une plainte porté par le commandant Godart dudit Bln contre « le capitaine Desplanques aussi du dit bon; laquelle plainte « avait été renvoyée par l’officier de police et de sûreté, Bigot, « trouvant que le délit dénommé n'était pas dans le code Pénal ;

« On arrêté que les pièces et dénonciation serait renvoyé par- « devant le Représentant du peuple à l’armée du Nord pour « faire droit à qui il appartiendra.

« Fait et arrêté au conseil de discipline du sixième B,n du Pas- « de Calais, sur la hauteur de S' Remy Malbàty ce 12 frimaire « 2e année républicaine

« Leclairq, cap Wadeblay cap1. Labouré cap‘ Radenez lieut. »

« Le 10 vendémiaire an 3e au arrêt forcé pour quinze jours pour avoir forcé les arrêts simple de 4 jours et s’être promené avec ses 4 hommes et le caporal dans la ville de Namur.

« Le 21 vendémiaire an 3e s’être enivré et manque 30 heures à l’appelle et dans cette espace son tour de service est venu il fut mis au arrêts forcé et passé au conseil de discipline dont voici l’arrêté.

< Lan 3e de la Rep° française une et indivis, le conseil de dis- « cipline du 6e B,n du Pas de Calais soussigné assemble a effets « de délibéré sur la plainte porte par le citoyen Godart chef du « dit Bla contre le citoyen Desplanque capitaine de la 1er comp « tendant que ledit Desplanques 1 d'obéir aux autres 2 du dit « Godart son supérieur se trouvant dans un état d'ivresse, et qui

1 La lacune existe dans le texte.

s Autres pour ordres.

« ne s'était pas trouvé à son poste le 21 vendémiaire présent « moi', — considérant que nous ne pouvons pas porter un ju- « gement en ce cas la matière excedant notre compétance avons

renvoyé par devant qui il appartiendra au Bivoac devant « Maestrick, le 23 vendémiere l’an 3e de la Rep1 était signe

« Wadeblay cap1 Radenez lieut Raison lieut Duquesne lieut Fournier lieut Soupeaux cap' Dupré cap' Debuiresegre grefier 1 »

« Le représentant du peuple Gillet, auprès de qui il avait été renvoyé pour être jugé, l’a renvoyé par admistice2 pour la prise de Maestrick ; et depuis ce temps voici la conduite qu’il a tenu à l’ordinaire. Je ne puis en rien faire et voici la dernière de ces fautes d’après le rapport qui me fut fait le 18 nivôse à Saint- Sébastien.

« Le 17 nivôse an 3e, nous trouva chez le curé de Saint-Sé- « bastien logement du citoyen Leclaircq cap1 des grenadiers, le « capitaine Desplanques s’est transporte dans ladit maison après ■< avoir bu quelque vert de vin après quelque propos avec son « souslieutenant lui a sote dessus par plusieurs fois et ce étant « ivre. Moi Leclaircq capt ayant voulu les empecher et n’ayent “ pu envenir à bout je me suis retire avec le citoyen Gillet qui « avait aussi voulu mettre le bon ordre, il s’est trouvé à la fin « plusieurs meubles de cassés. A S'-Sébastien, ce 18 nivôse la « 3e Rép... Etait signé : Leclaircq cap1 Gillot volob »

« Je soussigné chef du G° Bln du Pas de Calais d’après les considérations des différantes^ à la charge du dit Desplanques et 4 résolu de le destitue de son grade et le mettre à la queue de la comp. et ce en présencè des capitaines Desain et Wadeblay d’après l’arrété du Représentant du peuple près l’armée du Nord Sambre et Meuse en datte du 22 floréal an 2e de la République. »

A Miselheim, ce 21 nivôse 3° année Rép

« Godart

Chef »

1 Secrétaire-greffier.

* Amnistie.

3 La lacune existe dans le texte.

* Et pour ai.

LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES 247

« Nous soussigné et approuvant et avont été présent de la susdite destitution.

« Wattkblee

Capt »

« Dessai.nt

Capt »

« En conséquence de la convocation faite par le chef du balu nous membre composants le conseil de discipline nous nous sommes assemblé cejour d’buy 24 nivôse an 3e rép. dix heures du matin a Miselhem dans la chambre du dit chef du batn et après avoir examinée les actes d’indiscipline et insubordination commis par le dit nommé Desplanques, avont reconnu qu'il y avait lieu a destitution de son grade en conséquence nous approuvons la destitution prononcée a son égard par le chef du dit corps, le 21 nivôse dernier.

« Fait en conseil de discipline le jour et an si dessus.

« Dupré capit. « Leciion « Watteblée

Capitaine » Cap. »

« Soupeaux « Dessaint « Duqüénk

Cap. » Cap. » Lt. «

« Godart Présid. »

« Nous, membres du conseil d’administration du dit bln vus que le nommé Desplanque a été destitué de son grade de capitaine avont résolu et arrêté qu'il sera pourvu insessamment à son remplacement. Fait en conseil d’administration ce 24 nivôse à Miselhem an 3e rép... (13 janvier I79o.)

« Delion

« Duhaupas

« Destrées

Serg. »

Lieut. »

S. Major. »

« Dié..

. « Guillot

« Leciion

Lt. »

« Godart

Présid. »

Capitaine »

(Ce Desplanques, lors de l’organisation du 6e bataillon du Pasde-Calais, avait été élu lieutenant, en octobre 1792.)

Eléments qui composcrcjit la 198° demi-brigade, devenue ensuite le 79e régiment.

Godai t fut nommé chef de brigade le 1 floréal an 111(3 avril 1795). Le vaste travail de l’embrigadement par amalgame des forces militaires n'était pas achevé au bout de près de deux ans.

La 198° demi-grade bis fut bientôt appelée 198e tout simplement, celle qui devait être la 198e n’ayant pas été organisée.

Le 8° bataillon du Pas-de-Calais avait été formé le 2 no vembre 1792, et le 10e bataillon de Paris, dès le 4 septembre 1792. Ils furent, comme le 6e bataillon du Pas-de-Calais, envoyés dès le début à l’armée du Nord. Le 10° bataillon de Paris s’était distingué près de Dinant, le 20 novembre; puis à la tranchée de Namur, à792; au combat de Tongres, 6 mars ; et, quand vinrent les revers, à Tirlemont (18 mars 1793); à la montagne de Fer (22 mars); aux combats livrés devant Valenciennes, au bois de Bonne-Espérance, où il enleva deux canons (8 mai), à Lincelles (18 mai).

Les trois bataillons étaient à Dunkerque. Le 6e et le 8e du Pasde-Calais participèrent à l’affaire de Fûmes (31 mai-ler juin). Le 8e, et le 10° de Paris prirent part aux trois sorties de Dunkerque, et ce dernier y lit des pertes considérables (août, septembre).

Tous trois furent expédiés sur la Sambre pour dégager Maubeuge. Le 6e du Pas-de-Calais et surtout le 10e de Paris prirent une part active à la bataille de Wattignies (15-16 octobre).

Mais le 10° (comme le 11e), de Paris, se signala malheureusement par les plus violents désordres. Envoyé à la citadelle d’Amiens, et désarmé comme indigne de servir la patrie (frimaire, décembre), il expia ses fautes par sa conduite dans les combats livrés pour la délivrance de Landrecies. II prit d’assaut Catillon et deux redoutes (8 floréal, 27 avril), se distingua au combat de Frisches.

D’un autre côté, le 8° du Pas-de-Calais débusqua l’ennemi du bois de Franchimont auprès deThuin (floréal). Ensuite les trois bataillons prirent part à toutes les affaires de prairial. Le 8e du Pas-de-Calais et le 10e de Paris combattirent sous le feu de

LETTRES, riÈCES OFFICIELLES, NOTES

Charleroi. Puis le dernier, à Fleums, enleva deux canons (6 messidor, 24 juin). 11 fit partie du corps qui rejoignit l'armée du Nord à Bruxelles.

Tous trois se retrouvèrent au siège de Maëslricht; le 10e de Paris entre la Meuse et le fort Saint-Pierre, les deux du Pas-de- Calais devant le fort de Wick.

11 est à remarquer que, par dérogation du principe de l'amalgame, la 198° demi-brigade fut formée uniquement de bataillons de volontaires.

Page 1