‹ Mémoires du Général Baron Roch GodartChapitre 47 sur 68 · DROITS H · texte numérisé non relu

DROITS H

dk | FRATERNITÉ L’IIOMJIE I

Quartier général de Waskenheim le vingt-deux floréal l'an 3mir (11 mai 1793) de la République française une et indivisible.

« Le général de division Poncet

au Représentant du peuple Gillet. »

« Je vous envoie, Citoyen Représentant, le tableau d’embrigadement de la 198e demi-brigade d’après vos ordres pour le 10e Baton de Paris, les 6e et 8e bataillons du Pas-de-Calais.

«Je vous préviens que je fais actuellement partie de l’attaque de gauche devant Mayence. Je me suis porté hier avec huit bataillons dans le bois sur les hauteurs entre Finten1 et Budenheim. Ma cavalerie et mon artillerie légère sont placées sur les flancs de ma position, et partie de mes bataillons sont restés en seconde ligne pour garder la rive gauche du Rhin depuis Bingen jusqu’ici.

« Saluts Amitié et Fraternité « Poncet. »

: Findheim.

Au quartier-général de Coblentz le 14 prairial (2 juin)

L’an 3e de la République française une et indivisible

Marceau, général de division commandant l’aile droite de l’armée.

Au représentant du Peuple, Gillet, membre du comité de Salut Public.

« Je te fais passer, mon cher Gillet, une lettre de Poncet renfermant le travail de l’embrigadement du 6° et 8e Bon du Pas-de- Calais, 10° de Paris. Cela fera une assez bonne 1/2 Bde. Il ne lui manquera, comme à bien d’autres, que des hommes pour la ■compléter.

« Marceau. »

L'armée pendant l'hiver de 1794-1795 aux bords du Rhin.

On peut s’étonner que Godart ne parle pas aussi des souffrances de l'hiver précédent, le plus rude du siècle. L’année 1794 avait été une année de disette; la misère avait une autre cause dans ce pays foulé depuis trois ans par tant d’armées et tant de réquisitions arbitraires.

Le représentant Lacoste, devant Valenciennes, écrit à Gillet «on collègue (30 vendémiaire, 21 octobre : « La conduite d’une partie des administrateurs militaires est effrayante. Voilà la source de nos maux. Il est temps de la tarir si on veut que la République prospère. »

Certains corps furent, dès le mois de brumaire (novembre), deux ou trois jours (Kléber, Jourdan), d’autres huit jours sans distribution de pain; et ce pain si rare était un mélange infect de pois et d’avoine. On y suppléait en mangeant de l’herbe. On logeait dans des trous creusés en terre.

L’armée souffrit de la famine et du plus complet dénuement, du manque de vêtements, pendant tout cet hiver où les voitures •roulaient sur le Rhin glacé. Marceau, les représentants Talot et Joubert (21 ventôse, 1er mars), et Jourdan lui-même répétaient les griefs de l’année contre les administrateurs. La misère était la même devant Luxembourg.

Quand la division Poncet fut envoyée auprès de Coblenz et de Bingen, elle partit sans pain, le 14 germinal (3 avril), marcha en

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désordre, lentement, éparpillée en bandes qui quêtaient leur subsistance, et ne put arriver que le 20, au lieu du 14, jour marqué. Elle ne trouva pas davantage de pain en arrivant. (Lettre de Marceau, 20 germinal, 9 avril.)

Ce fut pour les soldats un adoucissement quand ils purent manger de la bouillie de blé vert. Un peu plus tard ils coupaient le seigle encore en lait, le broyaient entre deux pierres pour en ôter toutes les barbes, en formaient une pâte qu'ils faisaient cuire sous le couvercle d'une marmite qu'ils garnissaient* tout autour de braises ardentes. Mais cette nourriture était indigeste et malfaisante (Médard-Bonnard).

Ces huit mois de misère avaient fait fondre la moitié de l’armée postée devant Mayence. Enfin, au mois de mai, on commençait à manger régulièrement.

La 79e demi-brigade passe de l'armée de Sarnbr e-et- Meuse à celle de Rldn-et-Moselle.

Les deux armées du Rhin et de la Moselle formèrent l’armée du Rhin-et-Moselle s’étendant de Bingen à Huningue, et confiée à Pichegru.

La division Poncet (et par conséquent la 1 98e demi-brigade) en fit partie (arrêté du 20 prairial, 8 juin), avec toutes les troupes occupant le demi-cercle de neuf lieues devant Mayence.

Peu après survint cet ordre : « La 198e demi-brigade partira le 20 messidor (8 juillet) de l’attaque de gauche, et arrivera à Strasbourg le 27. » Elle peut n’ètre arrivée qu’en thermidor, comme le dit Codai t, n’eût-elle été retardée que par le manque de vivres. Ou bien dans son souvenir il aura confondu cet ordre avec un second arrêté prescrivant, en thermidor, que 10,000 hommesseraient encore détachés de l’armée de Sambreet-Meuse pour celle de Rhin-et-Moselle.

Un des bataillons resta cependant devant Mayence.

Le chef de brigade Godart se trouva sous les ordres du général de brigade Vachot, commandant la brigade de gauche (ou 2e subdivision) de la division de gauche (ou 2e division) du corps du Haut-Rhin commandé par Desaix et s’étendant de Strasbourg à Huningue (organisation du 15 messidor).

Les Autrichiens ayant paru se concentrer vers Brisach, la brigade de gauche de la division Férino appuya celle de droite du côté de Neuf-Brisach (23-27 fructidor, 9-13 septembre). Quinze jours après, les troupes postées à Friesenheim, sous le général Sivaud, allèrent à Schelestadt et au delà ; et, le 30 vendémiaire (21 octobre), il ne dut rester à Schelestadt, de la 1 98° demi-brigade, que le dépôt et la compagnie auxiliaire.

Mais quelques jours après s'opérèrent des mouvements d’une bien autre importance. L’armée de Sambre-et-Meuse, ayant passé le Rhin, fut battue par Clairfayt, les lignes de Mayence furent forcées; la déroute, la misère, les désordres qui suivent en pareil cas, voilà le spectacle qu’offraient nos troupes. Pichegru les rallia, mais fut vaincu sur la Pfrim (19 brumaire, 9 novembre) et recula jusqu’à Landau.

Un incident de cette bataille honore le 2e bataillon de la 198e demi-brigade :

« Le 19 brumaire, les citoyens Pelilhomme et Brunet, sergents au 2° bataillon de la 198e demi-brigade, reçoivent l’ordre de se tenir prêts pour couper un pont sur la Pfrim, pour protéger la retraite de cette demi-brigade. Les tirailleurs étant obligés de se retirer, et l’ennemi les poursuivant de près, ces deux braves sous-officiers coupent le pont avec beaucoup de peine, et quoique pris entre deux feux, ne se retirent que lorsque le pont est entièrement culbuté.

« Ordre du 10 germinal an IV

(30 mars 1790). « Général IIeguen (?). »

Éléments qui complétèrent la 198° demi-brigade devenant la 79e

lin armistice avait été conclu à la fin de décembre.

La 198e demi-brigade avait maintenant deux bataillons à Friesenheim où le général Vachot avait son quartier général, le troisième à Schelestadt , sa compagnie auxiliaire et son dépôt à la redoute de Chatenois près de celte ville, plus le dépôt de Phalsbourg.

La 2e division ou aile gauche et la lre étaient commandées par le général Dumas; puis la 2e et la 3e furent commandées

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par le général Mengaud (4 ventôse, 22 février) qui établit aussi son quartier général à Friesenheim.

Un ordre de ce dernier aide à se figurer la condition des armées à cette époque.

armée de rhin RÉPUBLIQUE LA VICTOIRE OU LA MORT

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