Milan
Le 2e bataillon y arriva le 15, et un ordre de Berthier, le chef d’état-major général, régla que ce qui arriverait de troupes de la 79° partirait le lendemain de son arrivée pour Vérone.
LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES
Le 3° bataillon arriva le 16. Passés en revue le 17, ils présentèrent 1,239 hommes. C’étaient les derniers arrivants de la colonne de Rhin-et-Moselle.
Les deux colonnes avaient montré aux Milanais 24,044 hommes. Bonaparte avait donc été bien prompt, selon son habitude et son système, à se plaindre que les 30,000 annoncés ne fussent que. 17,000 (30 pluviôse).
1797 (AJ, p. 54.)
C’est sur un ordre adressé directement de l’État-major que la
*79e demi-brigade partit de Bassano, le 13 germinal (2 avril).
Le troisième jour de marche, Godart adressa la réclamation
suivante :
« Conegliano, 15 germinal (4 avril).
« Au citoyen Bertbier, général de division,
chef de l'État-major général de l’armée d’Italië.
« Citoyen général ,
« J’ai l’honneur de vous inviter à vouloir bien faire en sorte de faire rejoindre le premier bataillon de la demi-brigade que je commande. Le général en chef Kellermann me promit, en partant de Chambéry, qu’il l’enverrait à l’armée aussitôt après les Élections d’Avignon pour lesquelles il l’avait détaché. Je vous prie donc, citoyen général, d’en écrire au général Kellermann, et de faire à ce sujet ce que vous jugerez convenable.
« Je vous prie également de faire venir ma compagnie auxiliaire, forte d’environ huit cents hommes, et où il se trouve beaucoup d’officiers; plusieurs entr’autres qui sont demeurés à Besançon pour son organisation, vu le grand nombre de prisonniers de guerre qui, n’étant pas échangés alors, avaient été obligés d’y rester, et n’avaient pas assez d’officiers pour les commander.
« Salut et respect.
« Le chef de la 79e demi-brigade de bataille. -
1797 (AK, p. 54.)
La 79e entre Léoben et Gratz (avril 1797).
Il s’agit de l’armistice et des préliminaires de Léoben (29 germinal, 18 avril).
BARON GODART
Quant au séjour à Léoben, l'ordre du 18 germinal dit que la 79e demi-brigade y est arrivée ce jour-là, et doit en repartir seulement le lendemain pour être à Brück le 29, et à Fromleiten le 30. Là elle ferait partie de la division Sérurier. Elle forma, avec la 6°, la brigade du général Charton.
Un ordre du 30 à Sérurier lui arriva, le jour même, à dix heures du soir, lui prescrivant de revenir à Gratz. La 0e et la 79u y arrivèrent dès le matin du Ie1' floréal (20 avril). La division fut échelonnée de Bruck à Gratz.
Pendant ce temps, Baraguay-d'Hilliers s’informait de tous côtés de ce qu’était devenue la 79e demi-brigade. (Lettre à Berthier, 4 Boréal. )
1797 (AL, p. 58.)
La 79° demi-brigade de Gratz à Venise (avril-mai).
La division Sérurier quitta Gratz le 7 Boréal, séjourna le 9 à Marbourg, arriva à Laybach le 13, en partit le 14, arriva à Pordenone le 18, et partit d’Udine le 20 (9 mai) pour Sacile. Elle dut être rassemblée et exercée aux manœuvres, et objet d’une attention spéciale pour la discipline et l'organisation du corps. Ces recommandations visaient particulièrement la brigade Charton et la 6° demi-brigade.
Le 27 Boréal (IG mai), Sérurier reçut l’ordre du départ de la 79e pour Venise. Elle coucha ce jour-là à Conegliano, le 28 à Trévise, et fut, le 29, incorporée à Mestre dans la division de Baraguay-d’Hilliers. Elle passa à Venise le 2 prairial.
L’effectif de ses deux bataillons était de 1,333 hommes. Le dépôt venait d’arriver à Chambéry (floréal). Berthier autorisa Kellermann à garder ce dépôt, avec la compagnie auxiliaire. Ils étaient partagés entre la garnison de Lyon (414 hommes) et. des postes sur la limite du département de l’Ain. Us furent ensuite répartis à Chambéry, Annecy et Montélimart.
1798 (AM, p. G8.)
Toute la 79e demi-brigade dans l'armée d’Italie. Première tentative pour secourir Corfou [octobre l~98-janvier 1799).
Gouvernement et généraux en chef se préoccupaient beau-
LETTRES, PIÈCES OFFICIELLES, NOTES
coup de secours pour Gorfou. C’est dans cette vue que Suchet, chef d’Etat-major de l’armée d'Italie, avait enjoint à Kellermann, devenu commandant de la 7edivision militaire (Grenoble), d’expédier immédiatement sur Milan le détachement disséminé de Montélimart à Annecy (l01' vendémiaire, 22 septembre 1798); et, quelques jours après, au commandant de la 8e division (Marseille), d’expédier le 1er bataillon par Nice à Ancône.
Le bataillon arriva à Ancône fort de 675 hommes, au commencement de brumaire, mais refusa de s'embarquer avant que sa solde fût réglée. Il s’était produit une mutinerie des grenadiers de la 79° à Corfou, pour le même motif, au mois de floréal précédent.
Le détachement, passé à Milan (le 3 brumaire, 24 octobre), où il laissa son dépôt, s’arrêta à Brescia pour y être organisé en nouveau 3e bataillon de la 79e.
Le l01' bataillon, après avoir été employé contre des soulèvements dans le pays d’Urbin, passa à Corfou avec le général Chabot.
Puis le nouveau 3e bataillon arriva à Ancône avec un effectil de 840 hommes, le 12 prairial (31 mai).
Mais la mer, occupée par les escadres russe et turque, était rarement libre, et les troupes réunies étaient, en attendant, employées et usées contre les insurrections. Ainsi 563 hommes de la 79° se trouvent à Fano, encore dans le pays d’Urbin. Aussi Godart appelle petit dépôt ce qui en reste à. Ancône.
Enfin Joubert, général en chef de l'armée d'Italie, annonça au Directoire (23 brumaire. 13 novembre) que le départ était prochain.
Il ne s’agissait pas du départ d’un seul bâtiment. Outre la canonnière ou aviso, ou demi-galère, dont parle Godart, le Léonidas, il y en avait un autre, le Lonato, et un convoi formé de trois anciens vaisseaux de Venise. Les deux canonnières partirent d’abord; le convoi suivit, le 8 frimaire (28 novembre), portant la 35e demi-brigade et d’autres troupes.
La traversée fut entravée par les vents contraires et les tempêtes. Le Léonidas perdit de vue le Lonato, puis le retrouva auprès de Cur/.ola, le 14 frimaire. C’est dans l’intervalle que le Léonidas avait abordé à Zara. De Curzola, Belair se lit ramener à Ancône. Mais Clément et Godart, sur le Lonato , voulurent
poursuivre l’entreprise, et ne rentrèrent à Ancône qu’à la fin de nivôse. (Voir le rapport très circonstancié de Musnier, chef de l’État-major de l’armée d'Italie, 11 pluviôse, 30 janvier.)
1798 (AN, p. 69.)
Déchirements en Italie. Les insurgés de la marche d'Ancône ( janvier 1798 - janvier 1799).
L’Italie, soumise à l’ascendant de la France à la fin de 1797, était maintenant en plein bouleversement.
11 y avait toujours eu des résistances. La proclamation delà République Romaine généralisa l'insurrection, dominant surtout dans les campagnes. Puis deux armées napolitaines i'rancbirent, l’une, sous l’Autrichien Mack, la frontière romaine, l’autre le Tronto (4 frimaire , 24 novembre), presqu’au moment de l’embarquement de Belair, Clément et Godart.
Championnet, disposant de 18,000 hommes sur une étendue de quarante lieues, accourt à Ancône dont l’éphémère république disparaît dans l'état de siège (10 frimaire); il revient, disperse les présomptueux Napolitains dans une série de combats (14-19), et rentre à Rome. De l'autre côté, Pescara est occupée (3 nivôse, 23 décembre).
Mais l'insurrection refoulée persistait ou renaissait sur nos lianes et derrière nous.
Voici des dépêches de Championnet concernant celle de la Marche d’Ancône :
« 23 nivôse (12 janvier).
«... les insurgés d’Ascoli ont soutenu un combat opiniâtre où nous avons perdu du monde. Les nôtres ont fusillé 200 des leurs... »
«17 pluviôse (5 février).
«Je vous préviens, citoyen ministre, que, dans le cours de cemois plusieurs insurrections ont éclaté dans le département
du Métaure (République Romaine). La communc.de S1 .
était en pleine insurrection. A l’approche des troupes elle est rentrée dans l’ordre, ainsi que les communes environnantes. Il n’en est pas de même de la ville d’Ascoli dont deux mille
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brigands se sont emparés : ils se sont aussi emparés de deux pièces de canon. Les 1er et 2° ^bataillons de la 55e demi-brigade qui étaient à Ancône ont reçu ordre de se porter sur cette ville et de la réduire. J’ai écrit au Consulat Romain d’envoyer dans ce département des hommes qui connaissent le caractère des habitants, pour prêcher le bon ordre qui a été troublé en partie par les vexations des administrateurs de ce département que je viens de faire destituer, et qui seront forcés, ainsi que leurs complices, de rembourser les sommes qu'ils ont illégalement levées sur les habitants. »
« 8 ventôse (26 février).
« ... Les communes du département du Métaure qui étaient insurgées commencent à rentrer dans l’ordre : la force en a réduit plusieurs ; la persuasion et la douceur ont ramené les autres. »
C’était le contre-coup de ce qui se passait du côté de Rome et de Naples. Naples, après une résistance furieuse, avait été pris, le 4 pluviôse, et la République Parthénopéenne proclamée.
1798 (AO, p. 69.)
Le vaisseau le Généreux et la 79e demi-brigade pendant la défense de Corfou ( juillet 1798 -février 1799).
Le Joysle était commandant du Généreux , avec le titre de chef de division.
Le Généreux et le brick Rivoli échappèrent seuls au désastre d’Aboukir. En s’en éloignant, de Joysle captura, après une lutte sanglante, le Leander, de 74 canons, dans les eaux de Candie. Il laissa son vaisseau à Corfou, revint en France, repartit presque aussitôt et arriva de Venise à Corfou, à la fin de messidor (juillet).
La garnison, diminuée du contingent enlevé par Baraguayd’Hilliers, était, en fructidor, de 3,207 hommes, dont un peu plus de 1,000 étaient éparpillés dans les autres îles et à la côte; quant à la 79e, son plus haut effectif, dans tout l'an VII, fut de 2,222. La pénurie était bien grande depuis longtemps.
La première attaque vint du fameux Ali -pacha, qui avait
semblé d'abord notre ami. Prevesa, défendu par moins de oOO hommes de la 6e et de la 79e demi-brigades, vit paraître 10,000 hommes. Des pourparlers tirent prendre par trahison l’adjudant-général Rose et Steil, lieutenant de la 79e. Au bout de dix jours, il fallut se rendre (du 24 vendémiaire au 3 brumaire, 15-24 octobre).
Le IG brumaire (G novembre), une escadre russo-turque parut devant Gorfou. La ville avait 2,000 défenseurs, dont près de 1,500 fournis par la 79e, commandée par Tréboutte, et à laquelle revient le principal honneur de la défense. Les demandes de secours arrivèrent pressantes et multipliées à Ancône.
Après deux mois de tentatives de sortie, le Généreux prit enfin la mer avec le brick le Castor. Ils arrivèrent à Ancône, avec la déclaration que Corfou pouvait tenir encore deux mois (17- 23 pluviôse, 5-11 février).
1799 (AP, p. 70.)
Seconde tentative pour secourir Corfou ( mars-avril 1799).
« Ancône, 12 germinal, an 7.
« Le chef de l’État-Major de la division d’Ancône et pays réunis en état de siège.
« Citoyen général,
« Le général de division Belair étant parti, hier 11, par ordre du général en chef de l’armée de Naples, pour se rendre à Rome, il m’a chargé, citoyen général, de vous instruire du départ du vaisseau le Généreux qui a mis à la voile avec son convoi, aujourd’hui 12 du courant, une heure après midi, pour se rendre à sa destination.
« Salut et respect,
« J. Belair,
« Aide du camp. »
C’est le 1er bataillon de la 8° demi-brigade d’infanterie légère qui s’embarqua sur le Généreux.
Cette demi-brigade, formée le 24 ventôse an IV (14 mars 1794) à l’armée du Nord, était passée à celle de Sambre-et-Meuse, en
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l’an V, à celle du Rhin en l’an VI, puisa celle d’Italie en l’an VII.
On chargea les bâtiments dès le 17 ventôse (7 mars), prêts à partir le lendemain si le payeur de l'armée pouvait fournir de l’argent.
Paris, secrétaire du Gouvernement des îles du Levant, arrivé un peu après le Généreux, mais impatient de tant de lenteurs, repartit le 2 germinal (22 mars) pour Gorfou sur un trabacolo.
Le 19 germinal (8 avril), le Généreux rencontra Paris qui avait couru des risques aux abords de Corfou et d'Aulone, et louché à Bari occupé par des troupes françaises; il y avait appris la capitulation de Corfou.
Après une résistance de quatre mois, huit sorties et la perte de plus de 800 hommes, le général Chabot avait capitulé le 13 ventôse (3 mars) : la garnison ne servirait pas de dix-huit mois contre les coalisés, et serait rapatriée à Ancône ou Toulon. Quant aux prisonniers faits à Prevesa, Céphalonie, Zante, etc., iis subirent une dure captivité en Turquie jusqu’en 1802.
A bord du Généreux, on avait voulu aborder à Brindes, pour y recueillir de nouveaux renseignements, croyant y trouver les Français.
On parut à la vue du fort ou Château de mer, le 20 germinal. 1799 (AQ, p. 70.)
Déchirements du royaume de Naples et en particulier de la Fouille ( mars-avril 1799).
La République parthénopéenne n’avait été acceptée que de la classe moyenne, bien peu nombreuse dans la basse Italie. La résistance éclata surtout dans la Pouille, malgré le républicanisme des villes. Elle fut activée par des incidents singuliers.
Sept Corses, fuyant la Révolution, partirent de nuit de Tarente pour Brindes, disant sur leur passage que parmi eux était le (ils du roi. Cela se répète, on accourt; acclamés, ils entrent en triomphe à Brindes. Des proclamations du fils du roi annoncent qu’en partant pour la Sicile, il laisse l’autorité aux deux Corses Boccaciampe et Cezare.
En même temps, le moine Ruffo débarque en Calabre. Partout se produit une recrudescence du mouvement signalée par les plus affreuses atrocités : le parti français et républicain est
assiégé à Bari et Conversano. Ruffo, maître de la Calabre entière, donne la main aux insurgés de la Pouille et des environs de Salerne.
Le général français Duhesme a son quartier général dans la patriotique ville de Foggia. Parmi ses lieutenants, le général Broussier, à l’avant-garde, a la principale part, avec le jeune et ardent Hector de Ruvo, aux sanglants succès de San-Severo (8 ventôse, 26 février), Andria (1er germinal, 21 mars), Trani (11 germinal, 31 mars). Il fait fusiller Cezare, tandis que Boccaciampe tient à Brindes.
Mais les inhumanités dans la victoire, les contributions excessives, raniment les insurrections.
1799 (AR, p. 73.)
Dépêches de Macdonald sur la prise de Brindes parGoclarl (13 avril).