‹ Mémoires du Général Baron Roch GodartChapitre 9 sur 68 · ARMÉES DU NORD ET DE SAM B R E- ET - M E U S E · texte numérisé non relu

ARMÉES DU NORD ET DE SAM B R E- ET - M E U S E

et, à trois heures du matin, une partie de nos troupes alla prendre position en avant de Rosendal, dans les jardins et promenades, afin de couvrir la place. J’étais resté pour soutenir l’arrière-garde, et, vers les onze heures du matin, nous fûmes attaqués vigoureusement. Nous battîmes en retraite jusqu’à la ville. Mon cheval fut tué sous moi ; sa chute me fit une entorse au pied gauche, qui ne m’empêcha cependant point de contiuuer mon service.

L’ennemi vint camper dans les dunes et environs. Il poussait de forts détachements dans les environs de Bergues et de Cassel, dans le dessein de nous couper la route de Lille. Celle de Saint-Omer était toujours libre. Dans les différentes sorties que nous fîmes, nous eûmes plus ou moins de succès. Je reçus un coup de sabre au genou gauche dans une de ces sorties '.

Le général eu chef Houchard fit lever le siège de Dunkerque. L’ennemi se retira si précipitamment qu’il abandonna toute son artillerie de siège, ses poudres, boulets et bombes, train de siège et équipages : il se dirigea sur Fûmes. Nous reprîmes alors la position du camp de Gywelde.

L'armée fit un mouvement sur Valenciennes et Maubeuge. Cette dernière place était étroitement bloquée. Je reçus à cette époque ordre de m'y rendre avec mon bataillon à marches forcées, pour faire partie de l’armée qui devait la débloquer. L’armée fut trois jours à se réunir. On forma chaque demi-brigade en trois bataillons’2. Je commandai celle dont mou bataillon faisait partie.

* V. F. aux notes.

2 La formation des demi-brigades par l’amalgame de deux batail-

L’armée commença son mouvement le . Le premier

jour, nous limes des sottises; le deuxième, nous primes position pour observer l’ennemi ; le troisième, notre aile droite culbuta l’aile gauche des Autrichiens ; le restant de leur armée repassant la Sambre, nous les poursuivîmes au delà. Ce même jour on communiqua avec Maubeuge où il se trouvait une garnison de 22.000 hommes qui n'ont rien lait pendant le déblocus1 . L’ennemi se maintint pendant l’hiver dans la lorêt de Mormal, et poussa ses avant-postes sur la rivière2.

De son côté, notre armée prit des quartiers d’hiver. J’occupai le village d’Eclaibe entre Avesnes et Maubeuge3.

Ainsi finit l’année 1793.

Pendant notre quartier d’biver, l’ennemi fit ses préparatiîs pour le siège de Landrecies. Au commencement d’avril, il investit cette place, et ouvrit la tranchée du côté de la lorêt de Mormal. Quelques divisions Irançaises se présentèrent pour secourir cette place ; je lus chargé moi-même de garder un pont de la Sambre que l’ennemi menaçait de passer. J’étais en même temps chargé de menacer l’ennemi de passer la Sambre, tandis que d’autres troupes devaient attaquer Landrecies ; mais rien ne réussit, en notre laveur La place lut bombardée et prise en peu de jours (le 11 floréal, 30 avril).

Ions de volontaires avec un vieux bataillon , décidée au mois de février, était cependant peu avancée. Il y eut longtemps encore des bataillons isolés, mal organisés, même en grande . partie armés de piques, surtout dans ces foules arrivant par suite de la levée en masse décrétée le 23 août, et réunies au camp de Guise.

* V. G, aux notes.

2 V. H, aux notes.

3 V. I. aux notes.

4 V. J. aux notes.

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