‹ Memoires du general Bon de Marbot (volume 5)Chapitre 18 sur 178 · LA POLOGNE · texte numérisé non relu

LA POLOGNE

à nommer des préfets et des sous-prcfets, choisis parmi les Polonais les plus éclairés : mais leur administration fut illusoire et ne rendit aucun service à l'armée française. La cause principale de l'apathie des Polonais lithuaniens provenait de l'attachement intéressé des grands pour le gouvernement russe, qui assurait leurs droits sur les paysans dont ils craignaient l'affranchissement par les Français, car tous ces nobles polonais, qui parlaient sans cesse de liberté, tenaient les paysans dans le plus rude servage!

Quoique l'agglomération des troupes françaises sur leurs frontières eût dû faire pressentir aux Russes le commencement prochain des hostilités, ils n'en avaient pas moins été surpris par le passage du Niémen, qu'ils n'avaient défendu sur aucun point. Leur armée s'était mise en retraite sur la Dûna, sur la rive gauche de laquelle ils avaient construit, à Drissa, un immense camp retranché. De toutes parts les divers corps français suivaient les colonnes ennemies. Le prince Murât commandait la cavalerie de l'avant-garde, et chaque soir il atteignait l'arrière-garde des Russes; mais, après avoir soutenu un léger engagement, celle-ci s'éloignait à marches forcées pendant la nuit, sans qu'il fût possible de l'amener à un combat sérieux.

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