‹ Mémoires du Général Bon de MarbotChapitre 184 sur 203 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Je suis blessé à Miranda de Corvo. — Affaire de Foz de Arunce. — Nouveaux projets de Masséna. — Résistance et destitution de Ney.

Le lendemain 44 mars, Masséna, après avoir repoussé une assez vive attaque entreprise contre son arrièregarde, remit le gros de ses troupes dans une forte position en avant de Miranda de Corvo, afin de donnera l'artillerie et aux équipages le temps de traverser le défilé placé en arrière de ce bourg. Lord Wellington, apercevant l'armée française ainsi arrêtée, fit avancer de fortes masses. Tout annonçait donc un engagement sérieux, lorsque Masséna, voulant donner des instructions à ses lieutenants, les fit convoquer auprès de lui. Trois s'y rendirent promptement. Le maréchal Ney seul se faisant attendre, le généralissime prescrivit au commandant Pelet et à moi d'aller l'inviter à venir au plus tôt. Cette mission, qui paraissait très facile à remplir, faillit cependant me coûter la vie!...

L'armée française était rangée en plusieurs lignes sur un terrain en forme d'amphithéâtre, descendant en pente douce vers un fort ruisseau qui séparait deux larges collines, dont les sommets très praticables, bien que garnis de quelques bouquets de bois, servaient de chemins vicinaux conduisant à Miranda. Au moment où Pelet et moi partions au galop, pour exécuter l'ordre du généralissime, les tirailleurs anglais paraissaient au loin,

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