‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 100 sur 259 · IG · texte numérisé non relu

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M. de Béthune, elle s'était rendue à Rome pour quelques réclamations qu'elle suivait dans l'intérêt de sa fille; je quittai Rome peu de jours après cette dernière entrevue, et, à mon grand regret, je n'ai plus trouvé personne qui ait pu me donner de ses nouvelles; ce n'est pas sans attendrissement que je paye ce dernier tribut d'hommages à ses charmes et à ses malheurs.

Dès que je m'étais senti capable de sortir, j'avais débarrassé la marquise de ma personne, et, malgré les efforts qu'elle avait bien voulu faire pour me retenir, j'étais allé me loger au palais Chigi, au coin de la rue du Peuple (le Cours) et de la place Colonna. Mon séjour devant être court, il importait donc fort peu que j'eusse mes aises, et si je consigne le fait, c'est pour donner une idée de ce qu'étaient les habitations à Rome. J'avais pris un domestique en arrivant; le prince Chigi en avait attaché quatre autres à mon service, et, bien que je fusse entouré de ce personnel , il me semblait que j'étais tout seul dans l'appartement où l'on m'avait logé, tant était vaste cet appartement. Indépendamment de plusieurs grandes pièces, qui servaient de cabinet de toilette, de salle de bain, etc., ma chambre à coucher était telle que je mesurais cent quarante pas de mon lit à la porte de mon antichambre.

Ma première visite fut naturellement pour le général Macdonald, commandant le corps d'armée. Je ne le connaissais pas; il me reçut fort bien. Je lui parlai des nouvelles que je lui avais envoyées relativement aux agissements du royaume de Naples; je lui faisais prévoir une agression sans déclaration de guerre; mais il repoussa cette idée, en plaisanta même, plus que dans sa position un général ne devait en plaisanter; en fait, il n'ébranla pas plus ma conviction que je n'ébranlai son incrédulité.

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