II
marcher contre ce rassemblement. Sans doute, il parvint à le joindre et à en faire une grande déconfiture; peutêtre même sans son intervention cette bande aurait achevé de s'organiser/ en aurait rallié d'autres et certainement aurait tenté de barrer le passage à ma brigade qui restait en arrière; mais, quelle que soit son excuse si Ton considère le service qu'il a pu rendre, il ne devait en aucun cas se croire libre dans la question de temps, et il fit une faute en retardant de trois jours son arrivée à Solmona.
Ce ne fut pas tout. Pour comble de malheur, le général Rusca, qui devait de môme avec sa brigade se rendre à Solmona, avait été forcé d'attaquer et d'enlever à la baïonnette deux des villages qui se trouvaient sur sa route; il ne put éviter vingt-quatre heures de retard, et, grâce à cet ensemble de circonstances, le général Duhesme, au lieu de rencontrer au rendez-vous le général Lemoine avec des troupes et d'être rejoint presque en même temps par ses deux brigades, se trouva tout juste avec la trentaine de dragons formant son escorte, autant de fantassins composant sa garde, le commissaire des guerres Odier et ses aides de camp. Toutefois, comptant de moment en moment sur l'arrivée de ses brigades, il se décida à rester. La soirée du 5 janvier et la nuit se passèrent dans cette attente. Sans nouvelles et sans renforts, il aurait dû rétrograder dès la pointe du jour; il différa néanmoins, en telle sorte que, le 6 au matin, il apprit que dans la ville tout prenait un aspect sinistre. Dès lors résolu à la quitter, au moment où il allait monter à cheval, deux prêtres demandèrent à lui parler et par de prétendues révélations lui firent perdre le peu de temps qui lui restait; de fait, il s'en était à peine débarrassé que sa maison se trouva environnée par de nombreux paysans armés, qui proféraient des cris afi'reux