CAPITULATION DE GAETE
forts pour les premières réponses; ils ne savaient que eela de leur rdle, mais ils le savaient bien ; aussi le commandant de Gaëte déclara-t-il qu*il défendrait la place tant qu'il lui resterait un boulet et des baïonnettes. Cependant, et dès que cette sommation avait été faite, on était parvenu, en le démontant, à faire passer un obusier à travers les rues étroites du village de Mola, qui ferme la presqu'île et qui aurait du être retrancbé et défendu; à peine remonté, cet obusier fut mis en batterie, et son feu commença. Les deux tiers de ses munitions épuisées, ce qui fut bientôt fait, un second parlementaire alla signifier au gouverneur (ce qu'on ne peut consigner sans rire) qu'il n'avait plus qu'un moment pour éviter l'incendie de la ville et un assaut, à la suite duquel il serait, ainsi que sa garnison, passé au (11 de l'épée... Et ce parlementaire fut écouté, et ce gouverneur, paraissant d'ailleurs avoir aussi peur de la garnison, dont sa faiblesse provoquait la mutinerie, que des Français, se borna pour toute réponse à demander le désbonneur des honneurs de la guerre.
Cette capitulation, outre la place, les hommes et les canons, nous livrait des munitions en abondance, des magasins regorgeant de tout, des vivres pour huit mois, trois cents chevaux et enûn deux équipages de pont, objets si nécessaires à la continuation du mouvement du général Rey et dont il se servit, dès le 2 janvier, pour franchir le Garigliano, battre le corps de troupes réglées et de paysans armés qui s'opposaient à son passage et arriver, le 3, devant Capoue.
Campagne singulière. Tandis que des bicoques, qu'aicun soldat n'aurait osé défendre, résistaient jusqu'à l'extermination, les places les mieux armées ouvraient leurs portes comme au coup de baguette. Quelques avancements furent accordés sur la demande du général Rey,
et celui auquel l'armée applaudit le plus, aux titres de la vaillance comme du dévouement, fut la promotion du colonel polonais Kniazewitz au grade de général de brigade, récompense méritée dans tant de circonstances et récemment encore à Itri.
Quant au général en chef auquel rien n'échappait, à peine informé de la prise de Gaëte, il fit armer une flottille qui fit quelques prises et qui ne dut qu'à la fatalité de ne pas faire prisonniers les débris du corps de M. de Damas, qui par mer retournaient à Naples. Le corps de M. de Damas était celui que, d'après les ordres du général en chef, le général Eellermann avait achevé; puis ayant, ainsi que je l'ai dit, châtié Viterbo, se trouvant retardé par ces faits d'armes, le général Kellermann avait pris, le dernier, la direction de Capoue par la route de la Marine. C'était le moment de la stupeur produite par la manière dont les villes de guerre, les positions les plus formidables, ainsi que les corps de troupes qui les défendaient, venaient d'être en quelque sorte escamotés. Aussi le général Kellermann put-il accélérer son mouvement au point de rejoindre le général Rey peu après son passage du Garigliano, puis, au bruit du canon, s'avancer avec lui sur Capoue et rejoindre la division Macdonald.
Or ce bruit du canon, dont je viens de parler, rappelle un douloureux souvenir que je dois consigner. Poursuivant son dessein d'enlever au général Championnet l'honneur d'avoir pris Capoue, le général Macdonald laissa la brigade Girardon pour garderie camp, assurer ses derriè reset ses communications; puis il fit prendre les armes à la brigade Maurice Mathieu, au 16' de dragons et à l'escadron du i9» de chasseurs à cheval, et cela pour une de ces opérations qu'on qualifie du nom d'attaque quand elles réussissent et auxquelles on s'efi'orce de donner le nom de reconnaissance quand on échoue; de fait, il ne