ECHEC DE MACDONALD
s'agissait de rien moins que d'enlever le camp retranché devant Capooe et, solvant que les chances seraient favorables, le pont do Yolturne.
L'infanterie partit de son camp le 3 janvier à la pointe du jour, et marcha en masse jusqu'à portée de canon des ouvrages de Tennemi ; arrivée là, elle forma trois colonnes d^attaque de deux bataillons chacune, celle du centre s'avançant avec trois pièces d'artillerie légère et par la grande route, sous les ordres du général Maurice Mathieu. L'attaque fut vive; les ouvrages du camp retranché furent successivement enlevés par des charges et des escalades si irrésistibles que les troupes qui les défendaient, frappées d'épouvante, se rejetèrent en désordre dans Capoue. Une seule redoute tenait encore, la redoute Saint-Antoine; elle était soutenue par quelques bataillons et par le feu de deux des bastions de la place; mais elle était si rudement pressée par la 30* et les grenadiers de la 97* que le général Mack, craignant qu'elle ne finît par être prise, et que, péle-mèle avec les siennes, nos troupes n'entrassent dans Capoue, envoya en toute hâte le prince Pignatelli pour demander ane suspension d'armes au général Macdonald, qui, à l'exemple des gouverneurs napolitains, débutant à merveille, répondit qu'il ne parlementait qu'à coups de canon. C'était fâcheux déjà que le général Macdonald se fût trouvé présent sur ce point, le seul où, de la campagne, il combattit de sa personne parce qu'il combattait pour son compte ; mais ce qui fut plus fâcheux encore, c'est que l'ambassadeur de la République Cisalpine, retournant à Milan, passât précisément en cet instant à Capoue. Or le général Mack, toujours plus menacé et plus inquiet, profita de ce dernier incident pour charger un second parlementaire d'obtenir que le feu fût suspendu seulement pendant le temps nécessaire au passage de cet
ambassadeur... On est confondu d'avoir à dire que, dans une situation où tout dépendait de l'utile et vigoureux emploi d'un moment, un pareil moyen pût avoir du succès, et cependant la condescendance fut telle, que non seulement le général Macdonald se rendit à semblable considération, mais qu'il ne fixa pas un temps pour ce passage^ et que même il ne stipula pas qu'aucune troupe ne bougerait pendant l'interruption. Aussi le général Mack, secondé par ses généraux, se hâta-t-il de tout mettre en usage pour remonter le moral de ses soldats. Ordres, prières, menaces, coups de canne, rien ne fut épargné pour ramener les bataillons napolitains à leurs postes. Plusieurs repartirent de la ville; quelques-uns, trop ébranlés, furent remplacés par de nouveaux; de nouvelles batteries furent établies ; des barricades fermèrent le pont; un gros corps de cavalerie longea le Volturneet déborda notre droite dans le but de prendre la 30* à revers, du moment où le feu recommencerait. Et seulement lorsque toutes ces dispositions furent achevées, la voiture de l'ambassadeur parut enfin et dépassa le terrain occupé par nos troupes. Le temps que l'on avait eu pour évaluer les conséquences de cette incompréhensible faute, ce que Ton avait vu des mouvements de l'ennemi, aurait dû suffire pour faire comprendre qu'il n'y avait plus rien à tenter; mais, pour couronner l'œuvre, à Tinstant l'attaque redevint générale et si acharnée que, malgré tout ce que l'ennemi avait préparé, la redoute Saint-Antoine fut enlevée à la baïonnette et les troupes qui la défendaient passées au fil de Tépée ou rejetées dans la ville; toutefois le feu des batteries de la place et des batteries nouvellement établies rendit cette redoute intenable, de même que les obstacles dont on avait couvert le pont démontrèrent l'impossibilité de le franchir. Dans cette seconde et déplorable tentative, nous perdîmes