‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 147 sur 259 · ATTAQUE OU REC05^*AISSA^CE · texte numérisé non relu

ATTAQUE OU REC05^*AISSA^CE

beaaeoop de monde, et, pour comble de malheur, le général Maurice Mathieu eut le bras droit cassé d'un coup de biscaîen, en même temps que son aide de camp Trinquallyé et un grand nombre d'ofCciers de sa colonne furent plus ou moins grièvement blessés. Il ne restait qu'à se retirer ; chaque bataillon rentra sous les ordres de son chef de brigade; les troupes reprirent, et fort tristement, les positions qu'elles avaient quittées le matin; c'était la seule défaite que l'armée du général Championnet avait et devait avoir à déplorer.

Forcé de rendre compte de cette affaire au général en chef, le général Macdonald put, au scandale de tous, ne parler que d'une reconnaissance (i) • qui lui avait fait

(!) Ga mot de recoQoaissance est exactement celui que le maréchal Macdonald emploie dans ses Souvenirs, pour dt'SijL'oer le mou. rement qall a commandé contre Capoue; mais, bar la conduite générale et les détails de l'opération . le marchai se trouve en opposition manifeste avec Panl Thlébault. Désu^oux de laisser an leetenr la liberté de son jogement. voalact cependant lui fournir, une fois pour tontes. Foccasion de se rendre compte des discordances» Doos transcrîTons a son intention le passage des Soutenin : « J'ordonnai •, dit le maréchal Macdonald, • une reconnaissance; la général Maurice Mathieu la commandait, et je le suivis ponr Fappnytf . Tons les postes napolitains plièrent et s*eQfuirent de la vitesse de leurs chevanx. Ds doonèrent Talarme au camp et à la ville, d'où leurs défenseurs commencèrent à se retirer, lorsque le fénérai Mack iwiagina d'envoyer un parlementaire pour offrir 4e €mpituUr\; par une vieille routine, les troupes de ravant-garde s'arréUrent, eonduitirent l'officier au général Mathieu, et celui-ci me ttnvofa. J'étais par malheur assez éloigné, faisant appujfer «» détmdûmeni de nos troupes qui éprouvait quelque résistance à un pastagê dss VoUume; ma colère fui grande ; j'ordonnai de continuer taUaqme. Je Tonlajs, j'aurais pn, sans cette circonstance, forcer le camp retranché, passer le pont du Voltnme et enlever Capouo : mais las Napolitains aTaient eu le temps de se reconnaître, de se lemattre derrière les retranchements et les remparts. J'avais de- Tsneé le renfort que je conduisais, et j'arrivai pour voir le général Mathien recevant un coup de mitraille qui lui cassa un bras: en même temps je reçus du général en chef V ordre de reprendre mes postHons et de cesser le feu, lorsque f avais encore l'espoir d'emporter le cmmp retranché. » Xous avons fait composer en italique les

connattre tous les moyens de défense de Tennemi » ; après quoi il ajouta : « ...Le général Maurice Mathieu, accoutumé à vaincre à la tête de sa brigade, a eu le bras droit fracassé d'un coup de mitraille; je vous demande pour lui le grade de général de division. > Ce grade, le général Maurice Mathieu le méritait avant sa blessure, et l'armée entière le réclamait pour lui. Il l'obtint peu de temps après; il ne pouvait pas ne pas l'obtenir. Ce qu'il put regretter, ce fut de le recevoir non par le fait d'une des victoires si nombreuses qu'il avait remportées, non de la justice du général Championnet qui aurait dû s'honorer en consacrant une élévation de grade si bien méritée, mais par l'entremise de celui à qui Tarmée devait son premier revers, à qui elle allait devoir bientôt son dernier désastre et sa dissolution. Quoi qu'il en soit, par suite de sa blessure, le général Mathieu allait quitter l'armée, qui perdait un de ses généraux de brigade qu'elle aimait le plus, un de ceux qui avaient le plus illustré leur nom. Or, à propos de ce nom, je crois utile de faire disparaître une incertitude qu'un changement inopportun a fait nattre. Le général Maurice Mathieu est aujourd'hui (1836) connu ou plutôt inconnu sous le nom de la Redorte, depuis qu'il a souffert que son majorât de comte soit établi sous ce vocable, qui ne rappelle qu'une terre, c'est-à-dire, de tous les titres pouvant honorer un homme, le moins méritoire et le plus insignifiant; mais, avant la Révolution et d'après Jouy, son ami de jeunesse, il s'appelait Mathieu de Saint-Maurice; la Terreur l'ayant forcé d'enlever à son nom le

passages les plus saillants par leur contradictioa avec le récit de Paul Thiébault, niais nous ne voulons pas clore cette loogne note sans relever l'aveu que fait le maréchal d'avoir voulu prendre Cupouti. Sur ce poiut, le maréchal justiûe l'accusation portée contre lui. (Éd.)

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