‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 150 sur 259 · TOUT, EXCEPTÉ NAPLES · texte numérisé non relu

TOUT, EXCEPTÉ NAPLES

donc être les motifs de cette démarche et de TiDstance ayec laquelle on larecommençait? Et cependant, sans s'abuser sur les terribles conséquences que sa conduite pouvait avoir, le général en chef ne se borna pas à rejeter l'armistice, il refusa même d'en connaître les conditions.

Par bonheur, ce fut sur ces entrefaites, le 6 janvier, que le général Lemoine arriva à Yenafro ; c'était une première brigade de sauvée, et le général en chef se rendit près d'elle le lendemain, autant pour en passer la revue que pour avoir des nouvelles du général Duhesme; mais Lemoine, gr&ce à la manière absurde et coupable dont il avait quitté Solmona, n'apportait et ne pouvait apporter aucune nouvelle; le général en chef restait donc dans la plus complète ignorance, dans la plus vive anxiété relativement à la division qu'il attendait pour Faction décisive, et il allait peut-être modifier son plan, essayer un coup de main de l'autre côté du Volturne, pour échapper par l'audace aux dangers croissants de sa situation ; il commandait dans cette pensée des rassemblements, lorsque des envoyés du prince Pignatelli, savoir, le duc del Gasso et le prince Migliano, revinrent pour une troisième fois, ayant comme instructions d'accorder tout, excepté Naples.

C'était un de ces bonheurs qui passent toutes les prévisions, une de ces énigmes dont le mot ne pouvait encore nous être révélé. Mais, à quelque cause que cette démarche pût être attribuée, il n'y avait plus à hésiter. Notre position eût été magnifique, qu'il aurait fallu accepter gratis ce qu'on eût été heureux d'obtenir au prix du sang. Sans coup férir on sortait d'une position des plus critiques ; hésiter eût été de la démence ; refuser, un crime, et j'appuie sur ce fait parce que, sur un rapport clandestin non moins exécrable d'intention que de fait, le Directoire, sans même attendre que le rapport

ofQciel du général en chef lui eût fait connattre et le traité et ses avantages, et par-dessus tout son incontestable urgence, poussa la malveillance, la brutalité, au point de bl&mer dans les termes les plus durs ce digne général qui sauvait l'armée tout entière, et cela pour se louer plus tard de ce qu'il avait commencé non pas seulement par bl&mer, mais par condamner.

Quoi qu'il en soit, la convention arrêtée le il janvier (22 nivôse) et qui suspendait les hostilités , livrait aux Français Capoue et son camp retranché, approvisionnés pour trois mois; entre autres dispositions, elle décidait que les troupes napolitaines qui pourraient encore se trouver sur le territoire de la République romaine, en sortiraient, et que dix millions seraient payés de suite à l'armée.

La nuit à peine venue, le général Ébié entra dans Capoue pour se faire livrer l'artillerie, les arsenaux, les munitions, et un commissaire des guerres se joignit à lui pour prendre possession des magasins.

Enfin, pour compléter cette faveur du ciel, le surlendemain, 13 janvier, le général en chef reçut l'avis que le général Duhesme et sa division, moins la brigade que je commandais, arrivaient à Yenafro. Le général Lemoine avait quitté cette ville le 7 pour se porter à Alife et désarmer ce canton, comme le général Duhesme se trouva chargé de désarmer celui de Venafro.

Le 14, à dix heures du matin, Capoue fut occupée par nos troupes et couverte par six bataillons qui étaient tout ce ui nous restait de disponible sur ce point. Le quartier général de l'armée fut établi au château de Caserta, et l'armistice fut mis à l'ordre du jour de l'armée par un article finissant ainsi : c Malgré l'armistice, on se gardera avec vigilance. »

Cette heureuse coïncidence de l'armistice, de Toccu*

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