DEUXIÈME JOUR DE LUTTES
renoayeler nos attaques contre le faubourg. A l'instant et sans prévenir le générai Duhesme (ce que je n'ai jamais compris), le colonel Broussier, prenant le double des troupes qui, la veille, m'avaient suffi pour une opération entièrement semblable, marcha contre cette colonne et la força à la retraite; mais, ce que je m'étais gardé de faire et ce qu'il fit par bonheur pour moi, il la poursuivit dans l'espoir de la joindre avant qu'elle pût rentrer dans Naples, ce que du reste la rapidité de la retraite rendit impossible.
Il y avait une grande heure qu'il était parti, et nous l'avions entièrement perdu de vue, lorsque le canon du fort Saint-Elme se fit entendre. C'était le signal qui nous était donné pour commencer notre action ; je me trouvais sur le front de bandière de la 64* au moment où se fit entendre ce signal, et de toute ma vitesse, je rentrai près du général Duhesme qui n'était pas levé : c Mon général, lui dis-je, en ce moment le général en chef attaque; il compte sur nous, et si, faute de notre coopération, il éprouvait un échec, cet échec serait irréparable. Or une partie de la division est engagée sur une opération morcelée, qui ne peut avoir plus de résultat que la pareille opération d'hier; c'est dans Naples même qu'il faut agir; l'autre partie de la division est sous les armes et pourrait... — Mais comment voulez-vous, s'écria-t-il en m'interrompant brusquement, que je dispose de troupes que, au su de toute la division, j'ai placées sous les ordres de Broussier? — Il n'est pas de dispositions, répliquai-je, qui ne restent subordonnées aux événements. > J'osai même ajouter qu'il s'agissait de la prise de Naples, et non de considérations de cette nature; mais il revenait toujours à ce mot : c Je ne ferai pas cet affront à Broussier, l'ami du général en chef et le mien. > Je n'obtenais donc rien et j'étais au désespoir, lorsqu'une
idée concilia tout, c Mon général, lui dis-je, vous ave réservé un bataillon de la 17* pour la garde de voir quartier général ; eh bien, gardez une de ses compagnies ce qui au milieu de presque toutes vos troupes est sun boudant, donnez-moi le reste, et je me charge de reprendr le faubourg de Capoue. — Vous êtes fouî s'écria-t-il. - J'en connais les abords, répliquai-je, j'en ai ruiné le principales défenses; des carcasses de maisons san planchers ne peuvent plus être occupées et disputées ainsi je vous garantis le succès, sauf à vous à me fair soutenir, lorsque j'aurai repris la position, i A cela était incapable de manquer... 11 hésitait encore, mai revenu plusieurs fois à la charge et par mon insistance par la conviction que je lui communiquai de Tabsolu nécessité d'agir, j'obtins qu'il cédât et je le quittai con tent de moi parce que, de quelque manière que cette ha sardeuse attaque tournât, il fallait bien qu'il la souttnt
Le bataillon prit aussitôt les armes; une des compa gnies du centre remplaça les grenadiers de la garde di général Duhesme, qui allaient me suivre, et, pendan qu'en toute hâte ces ordres s'exécutaient, j'avertis le com mandant de notre compagnie d'artillerie légère que^ di moment où j'aurais dépassé l'aqueduc, il eût à commence le feu et à tirer dans la direction de l'entrée du faubourg de Capoue, jusqu'à ce qu'il jugeât que j'y dusse arriver • Mais, mon général, répliqua-t-il, sur quoi voulez-vouj que je tire ? je ne vois rien. — Sur rien et sur personne ce qui signifie que je veux deux choses : Tune, que peo dant mon trajet vos boulets passent par-dessus la tét( de mes soldats; l'autre, que les troupes de la droite etl( général en chefentendent que nous attaquons. >
Mon bataillon mis en mouvement sur quatre petites colonnes, précédées par quelques tirailleurs, je pris le commandement des deux de droite, et le chef de batail-