‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 165 sur 259 · FEU AUX POUDRES · texte numérisé non relu

FEU AUX POUDRES

retraite deviendrait nécessaire par sa position oa par mes ordres, c'est-à-dire dans les hypothèses d'un incendie ou dans celle du départ du bataillon de la 11% cas dans lequel elle serait remplacée par une autre.

Au nombre des maisons où, au delà du faubourg de Capoue, on continuait à nous faire le plus de mal, s'en trouvait une assez grande et qui, par quatre étages de feu, contribuait fortement à rendre l'avancée de la porte Capouane intenable. S'en emparer eût été meurtrier, l'occuper ensuite nous morcelait, et, profitant du remplacement de la compagnie de la il* dans mon magasin de cartouches, j'ordonnai de me rapporter le plus de cartouches possible et deux barils de poudre. La nuit approchant allait doubler l'effet sur lequel je comptais. Les barils arrivés, pendant que cinquante hommes tiraient dans les fenêtres, j'ordonnai à quatre sapeurs de se porter rapidement à cette maison, d'en enfoncer la porte à coups de hache et de frayer ainsi la route à quatre canonniers,qui défonceraient les deux barils sous l'escalier, en allumeraient les mèches, puis se sauveraient. Tout cela s'exécuta tellement à point que mes hommes n'avaient pas encore repassé la porte Capouane quand l'explosion fit sauter non seulement tous les planchers de la maison, mais tous les lazaroni qui s'y étaient entassés, et les maisons contiguës se trouvèrent ébranlées. L'effet fut décisif; de cette rue, d'où nous avions été le plus incommodés, il ne nous vint plus un seul coup de fusil ; bientôt même le feu des rues voisines, qui débouchaient sur celle-là, diminua assez pour que je pusse placer des postes avancés. L'espèce de répit que cette explosion me procura vint même d'autant plus à propos que la 64* me quitta pour renforcer encore le colonel Broussier, qui recevait enfin l'ordre d'attaquer le lendemain, à la pointe du jour, et d'enlever le pont de la

Madeleine, de prendre le fort del Carminé et de brûler le Picco-Molo, principal quartier des lazaroni.

Après tant de pertes et de si terribles exemples, le général en cbef avait espéré qu'enfin les lazaroni viendraient à jubé pendant la nuit qui allait s'écouler; mais rien ne pouvait calmer leur frénésie , et, pendant qu'une partie de nos soldats réparaient leurs forces épuisées et se préparaient à de nouveaux combats en dormant au milieu des cadavres et des décombres, l'autre partie soutenait des attaques de vive force sans cesse renouvelées. Deux des forts napolitains, le fort del Carminé et le fort Neuf, tenaient encore; le pont de la Madeleine continuait à être au pouvoir des forcenés à qui restaient encore douze à quinze pièces de bataille. Maîtres des deux tiers de la ville et des parties les moins accessibles, secondés par Tinsurrection des campagnes, les lazaroni comptaient encore sur l'inutilité de nos efforts, ils espéraient un succès et se persuadaient que notre destruction totale en serait la prochaine conséquence.

Le commencement du jour fut digne delà nuit; à peine put-on se distinguer que nos postes furent assaillis avec un redoublement de fureur. Sur la droite le «fort Neuf, que Ton parvint à aborder en comblant quelques parties du fossé ou en le rendant praticable avec des charpentes, des débris de maisons ou des meubles, fut escaladé au moyen d'échelles, découvertes pendant la nuit, et enlevé à la baïonnette par le il* de ligne; sa prise fut un coup de foudre pour les lazaroni, qui nous disputaient encore ce quartier de Naples et qui de suite furent abîmés par rartillerie du fort; pendant ce temps le général Kellermann achevait de nettoyer les approches du château, et d'enlever les dernières pièces de canon qui nous menaçaient encore de ce côté.

Sur la gauche, en ce qui me concerne, à l'exception

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