‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 26 sur 259 · OCCASION MANQUES · texte numérisé non relu

OCCASION MANQUES

^om de Kagel (balle). L'ennemi n'en fut pas quitte à si ^on marché, nos hommes ayant toujours pointé.

Ce fut au reste le dernier jour où La Salle et moi nous ^erroyàmes ensemble, l'adjudaftt général Eellermann ^t lui ayant quitté la division Masséna immédiatement ^près pour aller se couvrir de gloire à la bataille du Tagliamento.

Nous venions de rentrera Bassano, lorsque le général Blasséna reçut par une voie certaine, non seulement la Douvellede la prochaine arrivée du prince Charles, mais des renseignements précis sur le nombre, l'espèce et la marche des troupes qui le suivaient. Ce devait être l'objet d'une dépèche importante, qu'il fit immédiatement, et, à huit heures du soir, pour me reposer des fatigues d'une journée fort active qui avait commencé à une heure du matin, il me donna l'ordre de partir à rinstant à franc étrier, de rejoindre le général en chef dans la Romagne et de lui remettre cette dépèche.

J'ai dit plus haut quelle avait été la leçon que le général Bonaparte m'avait donnée à Milan, et comment je m'étais préoccupé d'être dorénavant en mesure de répondre à toutes les questions qu'il pourrait me poser. Je connaissais jusque dans les moindres détails les effectifs de notre division, les ressources en matériel, le mode et la nature des distributions, la position relativement à l'ennemi, etc. Touten galopant, je repassais sans cesse mes notes et surtout mes chiffres, et, si je parvenais à voir le général en chef, j'étais sûr de le satisfaire sur toutes ses interrogations, avec des détails et des corollaires qui n'auraient rien laissé a désirer. Je courus donc sans reprendre haleine jusqu'à Ferrare; mais là j'appris du commandant militaire que le général en chef avait repassé le Pô la veille, qu'il avait assuré pour quelques mois la tranquillité sur nos derrières, qu'il rapportait

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une trentaine de millions pour son armée, qu'il connais- * sait les nouvelles, et qu'en ce moment môme il devait avoir revu le général Masséna ou avoir communiqué avec lui. On conçoit mon d^appointement; mais, conmie le général en chef n'était plus où j'étais chargé d'aller, comme personne ne pouvait me dire où il était, et que de plus il savait ce que la dépêche dont j'étais porteur devait lui apprendre, en dépit de mon déplaisir, ma ^ mission se trouvait terminée avant d'avoir été remplie, et ^ je n'avais plus qu'à retourner d'où j'étais venu. Enfin, rien ne réclamant ma présence à Bassano, à quelques heures près du moins, je consacrai ces quelques heures à un repos nécessaire, et, m'étant fait écrire et signer par le commandant de Ferrare tout ce qu'il m'avait dit, je retournai le jour d'après auprès du général Masséna, qui approuva ma conduite.

Nous approchions du dernier grand épisode de guerre de cette campagne magique. Telle était la nouvelle : Le prince Charles, suivi de 25,000 hommes d'élite de l'armée du Rhin, venait prendre le commandement de forces considérables qu'il rassemblait sur le Tagliamento. Le héros de l'Empire allait se mesurer avec le héros de la République. Sans doute on venait de fournir à ce dernier les deux tiers de renforts tant de fois demandés, promis et trop attendus, c'est-à-dire deux divisions (20,000 hommes), sans lesquelles il n'aurait eu qu'à fuir des lieux qui retentissaient de sa renommée désormais immortelle; mais, sans compter les recrues et les malades, les blessés rentrants et des montagnards du Tyrol nouvellement enrôlés, l'armée autrichienne allait être renforcée par six divisions, dont une tout entière de grenadiers; ainsi le prince Charles pouvait aborder le général Bonaparte ou l'attendre avec 90,000 hommes, alors que le général Bonaparte, forcé de laisser 20,000

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