‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 34 sur 259 · LES SOLDATS DE MASSÉNA · texte numérisé non relu

LES SOLDATS DE MASSÉNA

çait sur elles par la soudaioeté de ses résolutions aassi sûres qu'instantanées, et par la rapidité foudroyante SFec laquelle il en commandait l'exécution. Du plus haut o£Bder jusqu'au moindre soldat, il n'était pas un de nous qui ne s'enorgueillit d'appartenir à la division Masséna, et comment, sans cet orgueil de son rôle, cette division aorait-elle réalisé tant de prodiges?

En résumant cette série d'opérations, non certes avec les détails dont elles étaient susceptibles, mais au moins avec les circonstances indispensables, je me suis abstenu de mentionner les rôles personnels, aussi bien pour les autres que pour moi. C'est que, dans l'ensemble d'héroïsme dont la division fit preuve, on ne put distinguer, en fait de supériorité, que celle de la totalité des troupes et celle de leur chef. Le général Masséna était partout, ordonnait en personne jusqu'aux moindres mouvements et ne laissait le plus souvent rien à faire, même à ses généraux de brigade; quant aux ofQciers d'état-major, en des combats qui, à l'exception de ceux de Tarvis, se livraient sur des espaces très resserrés, ils n'avaient aucun rôle personnel à espérer. Il ne leur restait donc, comme chance d'être mentionnés, que Thonneur d'une balle ou d'un boulet; la mort se montra envers eux très avare; ils parurent invulnérables, ce qui modestement faisait dire à Burthe : Audaces forluna jutat.

Page 1