‹ Mémoires du général Bon ThiébaultChapitre 57 sur 259 · OCCUPATION DE ROME · texte numérisé non relu

OCCUPATION DE ROME

le général Berthier avait reçu l'ordre d'entrer dans l'État romain, d'en chasser les successeurs de saint Pierre et <I'établir à leur place une riépubiique.

Pour conjurer le danger, le Pape eut recours à des pro- •cessions extraordinaires; ses dignitaires offrirent à l'exaltation des fidèles une image du Sauveur qui, au su» si ce n'est au vu de tous, avait été apportée sur la terre par des anges. A défaut de ces secours divins restés impuissants, il en appela à la cour de Naples, qui répondit que ses armements n'étaient pas prêts. Alors, et comme ressource suprême, il eut la pensée de se porter processionnellement au-devant de ses envahisseurs; mais le temps était passé où les fléaux pouvaient à ce prix être conjurés; si entre Attila et Berthier il y avait une distance immense sous le rapport du pouvoir temporel, il faut croire qu'il y en avait une plus forte encore, sous le rapport spirituel, entre Pie VI et saint Léon : les foudres de saint Pierre brandies contre nos soldats n'avaient fait qu'accélérer leur marche en l'égayant.

Le générai Berthier arriva devant Rome le 10 février 1798 (22 pluviôse an VI), et faisant occuper le Monte Mario par 12,000 hommes, il attendit à la Storta que, d'après ses insinuations, le peuple romain, excité et entraîné par le général Cervoni(l), se fût constitué enrépu-

(1) Le général de brigade Cervoni commandait Tavant-garde de rtnnée de Rome, et il avait été chargé par Berthier d'organiser lo renversement du gouvernement papal. Dans ce but, il presse le licenciement des troupes du Pape, qui ne garde que cinq cents hommes pour sa garde personnelle; il fait arrêter et fuir tous les représentants de l'ancienne autorité ; c'est encore lui qui décidera le pape Pie VI à se retirer en Toscane. En échange de ces services il est nommé général de division au Capitole. Ces quelques faits suffisent à expliquer l'attitude de Pie VII lorsqu'il se rendit à Paris pour y sacrer Napoléon. Tout ce qui avait rang, emploi ou charge lui fut présenté, et de ce nombre les généraux. Cervoni, en faisant son compliment» l'exprima en italien : « Ma, signore gone-

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bliqae. Le 15, cette rérolation se fit auCampo Vaccino, et cinq consuls remplacèrent le Pape comme chef temporel (I). C'est à ce moment qne le général Berthier fit son entrée dans Rome; entouré du plus brillant cortège; il suivit la voie du Peuple, l'antique voie des triomphes, et, parvenu au Capitole (2), il prononça ces fameuses paroles, que vingt ans plus tard démentit son rôle de capitaine des gardes du corps du Roi Très Chrétien : c Mânes de Caton, de Brutus, de Cicéron, d'Hortensius, recevez rhommage des hommes libres dans ce Capitole, où vous avez tant de fois défendu les droits du peuple et illustré la République! Les enfants des Gaulois, Tolivier à la main, viennent dans ce lieu auguste y rétablir les autels de la liberté dressés par le premier des Brutus. Et vous, peuple romain, qui venez de reprendre vos droits légitimes, rappelez- vous quel sang coule dans vos veines, etc. >

raie, lui dit Pie VII. corne parlate bene la nostra lingua! — Santis- Bimo Padrc, sodo Ilaliano. — Oh I — Sono Corso. — Oh (à la tierce)! — Sooo Cervoui. — Oh (ù la quiote)! »

(1) Lo Pape ne savait encore rien des événements; le même gé* néral Gervoni tor^a Tenlrée de son oratoire, où personne ne péntHrait sans y ùtre appelle pour lui apprendre que son r^ne nVlait plus de ce monde. En sa qualité d'évèque de Rome et, conmio toi, chef de tous les ^vèques de la chréUentê, le Pape quitta aussiliNt le Vatican et se retira à Saînt-Jcan de Latran. Le 20 févH«n* {i vontiW). sur rinvitatian de llnévitable Cervoni, U parUt i>our la l\vscane sous la garde de deux officiers» qu oo loi fil demanda <>mimi^ Sjiuve^rde^. Un de ci^s oûkîers était Calvin, chef de bn);ad«x cvHnnMLudant en second W II* de U^goe: plus Uni le Pape, \\\nduil tie Sietinic à Turin sivus r«»M>it^ «Tua chef de balullon, iHMiMih'' :^înt4xH^t. (^t riMtti^ au cisfiimnrtiat de la cîUdeila de

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